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S'improviser day-trader est souvent une fausse bonne idée

samedi 20 février 2021 à 12h00
Le daytrading, une fausse bonne idée

(BFM Bourse) - Le fantasme du daytrader qui accumule de gros gains en peu de temps est rudement mis à mal par plusieurs études, qui montrent qu'entre 70 et 100% des investisseurs particuliers perdent de l'argent sur douze mois. Pire, la plupart des (rares) bonnes performances sont dues à la chance.

À l'heure où les boursicoteurs affluent en masse sur les marchés, il ne fait aucun doute que le "day trading" (qui vise à générer des gains chaque jour, via des allers-retours au cours d'une même séance) gagne en popularité. Et -même s'il convient de se méfier des performances autoproclamées sur les réseaux sociaux- certains investisseurs enregistrent bel et bien des gains confortables. Mais si on reprend l'analogie (fréquente sur Reddit et les réseaux sociaux) qui voudrait que la Bourse soit un casino, les investisseurs institutionnels en seraient les gérants et les investisseurs particuliers, les clients.

Autre vérité potentiellement difficile à entendre: si vous gagnez de l'argent, c'est probablement davantage dû à la chance qu'à vos compétences (maigre consolation, cette remarque s'applique aussi aux gérants professionnels).

Une grande majorité des daytraders perd de l'argent

"Tout le monde a entendu parler d’un "daytrader" qui a réussi à acheter pour 500 dollars d’options sur GameStop et les a revendus après moins de 3 semaines à 200.000 dollars. Même histoire sur le Bitcoin. Seulement voilà, les mouvements ont été extrêmement erratiques et, on l’imagine aisément, il y a plus de perdants que de gagnants" devine John Plassard, directeur des investissements chez Mirabaud. De fait, les études menées par plusieurs statisticiens sur ce phénomène sont formelles: une écrasante majorité des investisseurs très actifs perd tout ou partie de sa mise après douze mois. Sur eToro, 79,5% des plus de 383.000 traders analysés dans le cadre d'une enquête ont ainsi perdu de l'argent entre août 2016 et 2017, avec une perte médiane de 36,5%. En France, l'avertissement légal imposé par le régulateur aux courtiers en CFD sur leur page d'accueil indique également qu'une majorité de clients sont également en perte (68% des comptes d'investisseurs non professionnels chez Saxo, 75% chez IG et 67% chez eToro au moment d'écrire ces lignes).

Une étude commune de plusieurs universités publiée en 2017 montre également que sur une période de 15 ans, de 1992 à 2006, même les "daytraders" les plus expérimentés ont perdu de l'argent. Etonnamment, même ceux qui perdent régulièrement continuent à réaliser des opérations, constate-t-elle.

Dans une note adressée en 2011 à la SEC (disponible en .pdf ici), la société de gestion d'actifs Philadelphia Financial argumentait que le trading de devises les particuliers s'apparentait davantage à un jeu de hasard (encore plus défavorablement biaisé que les tables de casino d'ailleurs) qu'à un investissement - et méritait d'être réglementée et taxée comme tel. "Deux statistiques montrent la réalité derrière le "FX retail", soulignait alors Philadelphia Financial : environ 70% des clients perdent de l'argent chaque trimestre et, en moyenne, 100% de l'investissement d'un client est perdu en moins de 12 mois".

Pis: l'espérance de gains des particuliers via le trading des devises est si faible, que "la plupart des traders particuliers sur le marché des changes obtiendraient de meilleurs résultats en "spéculant" plutôt à Las Vegas. Non seulement Vegas est moins risquée, car un joueur ne peut perdre que l'argent qu'il placé sur la table, alors qu'un opérateur de change peut risquer plusieurs fois sa mise, mais les chances de gagner sont également nettement supérieures" écrivait ainsi le gérant.

Ceux qui gagnent le doivent à la chance

Reconnaissons-le, ni les statistiques évoquées ci-dessus ni celles qui viennent ne convaincront un investisseur dans le vert que sa performance n'est pas essentiellement due à ses compétences. Toutefois plusieurs études laissent là encore peu de place au doute. Au fil des ans, les statisticiens ont en effet mis au point un certain nombre de tests sophistiqués pour mesurer les rôles relatifs de la chance et des compétences dans le domaine de l'investissement. Et s'ils ont retenu différentes approches et que leurs études ont exclusivement ciblé des professionnels, leurs conclusions sont remarquablement similaires.

Directeur général d'une division de Morgan Stanley Investment Management (Counterpoint Global), Michael Mauboussin s'est concentré sur la rapidité avec laquelle un gestionnaire de fonds qui surperforme le marché à un instant t se retrouve au milieu du peloton. Son raisonnement étant que plus vite cela se produit, plus le rôle de la chance est grand. En appliquant ce test à des milliers de rapports mensuels de fonds publiés entre 1980 et 2020, les statisticiens ont constaté que les gérants dont la performance s'était inscrite dans le décile supérieur lors d'une année donnée rentraient dans le rang l'année suivante en se classant, en moyenne, dans le 51e rang centile. Soit à peine que ce à quoi on aurait pu s'attendre sur la base du seul hasard.

Des résultats encore plus éloquents ont été atteints par les rapports périodiques produits par les indices S&P Dow Jones sur les performances des fonds communs de placement gérés activement. "Seuls 3,84% d'entre eux se situant dans la moitié supérieure de la distribution en 2015 ont maintenu ce statut chaque année jusqu'en 2019, ce qui est nettement inférieur à ce que le hasard pourrait prédire" concluait le rapport.

Un contre-exemple qui revient régulièrement est le cas de James Simmons, dont le fonds spéculatif Medallion Fund Renaissance Technologies n'a cessé de surperformer le marché avec une performance annualisée moyenne de 66% entre 1988 et 2018. Son succès est tel qu'il est impossible de l'attribuer à la chance, s'accordent à dire les experts. Mais plus on considère une durée longue, plus ces cas se raréfient - au contraire certains gérants stars ont pu perdre en quelques années le bénéfice de plusieurs décennies de surperformance.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
Votre avis

Ils ont donné leur avis

23/02/2021 par WATT 0
J'ai attendu 25 années avant de faire du day trading.
Je pratique le day trading sur une ou 2 valeurs mais de façon intermittente.
Environ 4 ou 5 fois par mois.
Malheureusement c'est une activité très fatiguante nerveusement, il faut être capable de rester 4 ou 5 heures devant ses écrans.
Si on veut faire du bon travail il faut être discipliné et contrôler ses nerfs.
J'ai réalisé 42 % de plus value en 2020.
22/02/2021 par GMFINANCES 0
Warren Buffett reste à ce jour le plus grand des investisseurs en bourse. Il n'a jamais fait de Day Trading!
Il a acheté ce qu'il appelle dans son livre des mégots de cigarettes, qu'il a conservé très longtemps, plusieurs dizaines d'années. Pour avoir essayé le day trading, mise à part vous pomper toute votre énergie et votre moral, c'est tous ce que vous obtiendrez. Rien de Scientifique! il faut acheter au moment ou tous le monde vend, et vendre au moment ou tous le monde achète.
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