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Le pic du cycle boursier en cours est peut-être encore devant nous

samedi 18 janvier 2020 à 11h00
Le pic du cycle boursier en cours est-il encore à venir?

(BFM Bourse) - Le marché actions n’est pas encore arrivé au terme du cycle actuel de hausse, parie Robeco. Un redressement des bénéfices des entreprises à partir du deuxième trimestre, conjugué au maintien par les banques centrales d'un biais accommodant, devrait bénéficier aux valorisations. De plus, historiquement, une forte performance des indices une année (supérieure à 20%) est généralement suivie d'une deuxième année supérieure à la moyenne...

26,4% de hausse pour le CAC 40, et même plus de 30% avec le réinvestissement des dividendes, 29% pour le S&P 500 américain, 30% environ pour le MSCI World... L'ampleur même de la performance des marché en 2019 conduit certains investisseurs à redouter que la hausse ne puisse se prolonger, sur fond notamment de nouveaux problèmes géopolitiques et de la menace d'une récession (laquelle tarde pour le moment à se concrétiser).

Pourtant, ainsi que le démontre le stratégiste de Robeco, Peter van der Welle, une année de performances exceptionnelles tend souvent à se répéter l’année suivante sous l’effet de plusieurs facteurs favorables.

Le spécialiste souligne certes que l’incertitude géopolitique est montée d’un cran avec l’assassinat du général iranien Soleimani, alors que dans le même temps la perspective d’un accord commercial de phase un entre les États-Unis et la Chine (et d’une relance subséquente du secteur manufacturier mondial) semble pleinement intégrée.

Des politiques monétaires toujours très accommodantes

"Cependant, notre scénario de base reste que le marché actions n’est pas encore arrivé au terme de cette phase haussière. Comme nous l’avons déjà évoqué ces derniers mois, nous prévoyons une remontée des résultats d’entreprises vers le deuxième trimestre 2020". Dans le même temps, les banques centrales maintiennent un biais accommodant, pour compenser le fait que l'amélioration des fondamentaux économiques reste lente. Or en général, les marchés haussiers prennent fin lorsque l’euphorie retombe, en raison d'un durcissement excessif des banques centrales. Or celles-ci ne semblent pas disposées à retirer leur soutien. L’inflation pourrait devenir un risque de marché au second semestre 2020, mais pas à un niveau suffisant pour inverser à ce stade le mouvement de hausse des actifs risqués selon Robeco.

Au-delà de ces éléments fondamentaux, Peter van der Welle voit une raison supplémentaire de rester optimiste quant à 2020 : "l'asymétrie" de la distribution statistique des performances observées sur les marchés d'actions depuis 1900.

Depuis cette date, les actions mondiales ont en moyenne enregistré des performances annuelles de 8 %. Mais leur distribution historique est très "asymétrique" en ce sens que des performances annuelles (années calendaires) supérieures à 20% n'ont été observées que dans 20% des cas depuis le début XXe siècle, et celles-ci surviennent souvent de manière groupée.

Les années exceptionnelles ont tendance à se suivre

Depuis 1900, les 24 années ayant enregistré des performances supérieures à 20% ont été suivies d’une seconde année de bons résultats, Robeco citant notamment 1921 et 1922 (performance de 27,5% suivie de 27,7%) ou 1985-1986 (36,1% puis 38,2%).

De plus, ces successions d’années exceptionnelles présentent un point commun : elles ont été précédées d’une année généralement négative pour le marché actions (la seule exception ayant été 1927). Ainsi, 1920 avait été marquée par une perte de 26,8 % et 1984 par un recul de 0,1 %.

"L’examen de toutes ces périodes, caractérisées par une année de performances inférieures à la moyenne historique (pas seulement des performances négatives) suivie d’un cru exceptionnel de performances supérieures à +20%, indique que la performance de la seconde année est de 14,5% en moyenne".

En conséquence, étant donné que la hausse supérieure à 20% constatée en 2019 a été précédée d’une année 2018 inférieure à la moyenne historique, on ne peut exclure la possibilité que 2020 soit une nouvelle année de performances supérieures à la moyenne historique.

Vers de nouveaux sommets avant une récession ?

L’histoire va-t-elle donc se répéter en 2020 et produire une nouvelle année de performance à deux chiffres, comme le suggèrent les données historiques dans cette situation ? La prudence est de mise ici, prévient Peter van der Welle "car le nombre d’observations relativement limité ne permet pas de tirer de conclusions fiables".

"Néanmoins, l’existence d’une "asymétrie" conforte notre scénario de base selon lequel de nouveaux sommets seront probablement atteints par les actions avant qu’une récession mondiale ne se déclenche. Par nature, les investisseurs ont tendance à privilégier les actifs susceptibles de s’apprécier et présentant une récompense potentielle asymétrique. Résultat, ils sont prêts à payer une prime pour ces actifs (asymétrie positive)".

La hausse de 2019 est en effet intervenue après un repli considérable des indices survenu au quatrième trimestre 2018. Le fait que l'essentiel de la performance total soit venue d'une hausse des multiples montre que les investisseurs étaient prêts à payer pour ce potentiel de ré-appréciation. En regardant seulement le chiffre de 2019 on pourrait penser que le marché s’est emballé, mais comme 1921, l'exercice écoulé a surtout été une année de compensation des pertes précédentes.

Tenir compte aussi des niveaux de valorisation

Les investisseurs devraient également tenir compte d’indicateurs plus classiques, tels que la valorisation, les fondamentaux et les indicateurs d’opinion, estime Peter van der Welle. D’une part, relève-t-il, du point de vue de la valorisation relative, la prime de risque des actions mondiales reste supérieure aux moyennes historiques - tout particulièrement pour les actions européennes et japonaises.

D’autre part, le moral des investisseurs reste favorable à la prise de risques. Aux États-Unis, les investisseurs individuels et les hedge funds sont devenus moins pessimistes, tandis que l’excellent millésime 2019 a probablement accentué la crainte de rater le coche chez ces deux catégories d’investisseurs et chez d’autres. "Une nouvelle amélioration du moral des investisseurs pourrait pousser les actions encore plus haut en 2020", anticipe-t-il.

Cela ne garantit pas pour autant une nouvelle année de bonnes performances. "Le risque pour notre scénario de base haussier serait que les marchés actions américains soient survalorisés et que le risque géopolitique ne soit peut-être plus aussi limité que nous ne l’avions anticipé fin 2019", conclut le stratégiste de Robeco.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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