Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

La Bourse a encore du mal à se faire une place dans le portefeuille des Français

dimanche 7 juillet 2019 à 08h00
La Bourse séduit encore peu les épargnants français

(BFM Bourse) - L'allègement de la fiscalité sur le capital n'a pas chamboulé l'attrait de la Bourse aux yeux des Français. Même si ces derniers ont recommencé à acheter en direct des actions cotées.

Les Français se remettent à acheter des actions cotées mais la Bourse pèse encore très peu dans l'épargne financière des ménages. C'est ce qui ressort du dernier rapport annuel de l'observatoire de l'épargne réglementée publié jeudi par la Banque de France.

Ainsi, les ménages ont acheté (net des reventes) directement près de 4,3 milliards d'euros d'actions cotées en 2018, alors qu'ils en avaient vendu (net des achats) près de 4 milliards en 2017. Ce "flux net annuel" comprend la capitalisation des intérêts, précisent les auteurs du rapport. Ce (modeste) retour des boursicoteurs n'a pas empêché la valorisation nette de leur portefeuille d'actions cotées de s'effriter, avec des encours passant de 278,8 milliards d'euros à 245,9 milliards d'euros entre fin décembre 2017 et fin décembre 2018. Soit un repli de 11,8% des encours sur un an. Maigre consolation, les boursicoteurs français ont globalement fait un peu mieux que l'indice de référence, puisque le CAC 40 a reculé de 13% l'an passé.

Le coup de pouce fiscal n'a pas changé la donne pour l'instant

Reste que les actions cotées pèsent peu dans le portefeuille des Français : à peine 4,9% de l'épargne financière des ménages (qui s'élevait en fin d'année dernière à 5.001,6 milliards d'euros), contre 5,6% un an plus tôt (pour un CAC 40 qui avait alors progressé de 9% en 2017). Le gouvernement avait pourtant allégé la fiscalité, avec la mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique (PFU) correspondant à 30% des revenus des capitaux mobiliers depuis le 1er janvier 2018, ainsi que la transformation de l'ISF (qui prenait en compte les actions) en impôt sur la fortune immobilière (qui ne prend plus en compte que l'immobilier). Ce coup de pouce n'a donc pas fondamentalement changé les habitudes d'épargne des Français pour l'instant.

Mais pour avoir un bilan plus complet, il faut toutefois prendre en compte les autres segments de l'épargne financière qui peuvent être in fine investis en Bourse. C'est en grande partie le cas des assurances-vie en unités de compte. Les encours de ces dernières représentaient fin 2018 près de 343,1 milliards d'euros, soit 6,9% du patrimoine financier des ménages. Certes, il est possible dans un contrat en unités de compte d'investir dans l'immobilier (via des SCPI par exemple), des obligations, des fonds monétaires ou même des actions non cotées (via des FCPR, des fonds communs de placement à risque). Mais une bonne partie des fonds atterrissent bien en Bourse. Sur cette poche de l'épargne des Français, le flux net annuel des investissements s'élève à +17 milliards d'euros en 2018.

Toutefois, ces flux d'argent sont en grande partie contrebalancés par ceux sur les actions détenues indirectement via des OPC (-18 milliards d’euro en 2018, après -1 milliard d'euros déjà en 2017). Les organismes de placement collectif permettent aux épargnants d'investir via des fonds dans des valeurs mobilières (actions, obligations ou autres). Il en existe deux grandes catégories : les fonds communs de placement (FCP) et les Sicav. Les actions détenues via des OPC pesaient fin 2018 près de 94,5 milliards d'euros, soit 1,9% du patrimoine financier des particuliers.

17.900 euros en moyenne par PEA

En cumulé, l'encours total de ces trois poches (actions cotées, assurances-vie en unités de compte et actions détenues indirectement via des OPC) est de 683,5 milliards d'euros, soit 13,7% de l'épargne financière des Français. Là encore, c'est un peu moins, du fait des turbulences sur les marchés l'an passé, qu'en 2017, où ces trois segments représentaient 753 milliards d'euros et 15,1% de l'épargne financière des ménages.

Enfin, le rapport de la Banque de France revient sur le poids actuel du PEA (plan épargne actions). Les PEA classiques totalisaient fin 2018 un encours de 86 milliards d'euros pour 4,8 millions de porteurs, soit un peu plus de 17.900 euros par PEA en moyenne. Il faut y ajouter les PEA-PME au "succès limité" : 1,1 milliard d'euros d'encours pour seulement 80.000 porteurs, soit 13.750 euros en moyenne par PEA-PME. Soit très loin des plafonds pour une personne seule de 150.000 euros pour un PEA et de 75.000 euros pour un PEA-PME.

Jean-Louis Dell'Oro - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+331.80 % vs -4.86 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat