Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Comment la crise sanitaire n'a fait que renforcer la surperformance des actions suisses

samedi 8 août 2020 à 08h00
Vue du complexe de Lonza à Visp dédié à la fabrication de produits biopharmaceutiques

(BFM Bourse) - Peu de pays ont réagi aussi efficacement que la Suisse face à l'épidémie de la Covid-19, aussi bien au plan sanitaire qu'économique. Dans ce contexte, les actions suisses ont de nouveau brillamment surperformé la moyenne des indices mondiaux. Explications.

L’économie suisse est réputée pour sa robustesse face aux crises, et l’épidémie de Covid-19 n'a pas manqué d'en apporter une nouvelle illustration, observent Eleanor Taylor Jolidon et Ariane Kesrewani, de l'Union Bancaire Privée (UBP) dans une note.

Sans imposer à sa population un confinement strict, la Confédération helvétique a misé très tôt sur la discipline et la responsabilisation de ses citoyens pour adopter les mesures de distanciation sociale recommandées par l’OMS. Grâce également à la qualité de son système de santé, le pays a enregistré moins de 2.000 victimes de la maladie. Selon le dernier rapport du Deep Knowledge Group, la Suisse se classait tout bonnement à la première place des endroits les plus sûrs au monde face au Covid-19.

Sur le plan économique, le parlement a débloqué une aide budgétaire de 57 milliards de francs (environ 53 milliards d'euros) pour soutenir l’économie, notamment sous forme de prêts d’urgence aux entreprises. La Suisse a ainsi été l’un des pays les plus actifs dans la relance de son économie - en s’appuyant pour cela sur des finances publiques saines.

Dans le contexte très difficile du premier semestre 2020, l’indice le plus suivi pour le marché suisse, le Swiss Performance Index (SPI), est de nouveau parvenu à faire mieux que la plupart des autres indices mondiaux. Les actions suisses ont globalement amorti le mouvement baissier de février-mars, tout en profitant pleinement du rebond ultérieur, réalisant ainsi une performance très supérieure à la moyenne, le tout avec une volatilité réduite... Sur l’ensemble du premier semestre, le SPI a enregistré ainsi un repli limité à -3,1%, à comparer à une baisse de 12,9% s'agissant du MSCI Europe.

Les petites et moyennes entreprises suisses se sont également distinguées face à leurs comparables au niveau mondial. L’indice SPI Extra a reculé de 6,7% sur le premier semestre, tandis que le MSCI Europe Small Cap s’est replié de 15,5% sur la même période, et le Russell 2000 américain de 12,8%.

Au yeux d'Eleanor Taylor Jolidon et Ariane Kesrewani (respectivement co-head Swiss & Global Equity et investment specialist chez UBP), ces chiffres viennent confirmer la résilience et la surperformance de long terme du marché helvète. Sur les cinq dernières années (du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2019) le SPI a gagné 45,6%, tandis que le MSCI Europe a progressé de 41,7%. Encore faut-il ajouter à cette variation en devise locale l'effet de l’appréciation du franc suisse face à l’euro sur la même période (+9,77%).

Pour les deux spécialistes, cette performance boursière des entreprises suisses trouve principalement sa source dans la création de valeur supérieure (mesurée par l’écart entre le rendement des capitaux investis et le coût du capital) générée par celles-ci.

Certes, pour l’année 2020, les bénéfices par actions des entreprises helvétiques sont attendus en baisse de 8% selon les estimations d'UBP dévoilées fin juin. Pour autant, ce chiffre devrait être compensé par le rebond de 16% attendu pour l’année 2021. Surtout, la contraction des bénéfices par actions devrait être moins sévère que dans les autres régions du monde cette année, avec un recul de 30% attendu en zone euro et 20% aux Etats-Unis, selon les estimations de la banque genevoise.

Cette différence s’explique par la capacité d’innovation qui distingue les entreprises suisses, ainsi que par leur excellente gestion - deux moteurs essentiels pour créer de la valeur. Excellente gestion des coûts tout d’abord, car la vigueur du franc suisse a toujours poussé les entreprises helvétiques à optimiser leur rentabilité pour pouvoir rester compétitives au niveau mondial. Excellente gestion également sur le plan du développement durable, les entreprises helvétiques affichent souvent d’excellents profils ESG.

Parmi les domaines où le pays se distingue tout particulièrement, Eleanor Taylor Jolidon et Ariane Kesrewani citent les technologies médicales comme un véritable domaine d’excellence. Plus de 700 entreprises suisses sont présentes dans ce domaine d’activité, allant des plus célèbres (Novartis, Roche ou Lonza) aux small & mid caps spécialisées (Tecan, Vifor Pharma ou Straumann). Or, le secteur a naturellement été plébiscité au premier semestre, avec par exemple l’envolée notable de 41% de Lonza, entreprise mobilisée dans la recherche contre le Covid-19.

Les sociétés technologiques se sont également distinguées, à l’instar de Logitech (principal contributeur à la progression de SPI Extra depuis le début de l’année).

Pour toutes ces raisons, malgré la petite taille de la Confédération, les entreprises suisses font partie des plus développées et des plus importantes au monde avec une capitalisation boursière totale de 1.300 milliards de francs. Le contingent des entreprises suisses est ainsi le cinquième plus important au sein de l’indice MSCI AC World, reflétant l’intérêt de ces sociétés dans une allocation de portefeuille globale.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+333.20 % vs -2.80 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat