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Une introduction en Bourse en 2026 de KNDS, le fabricant du canon Caesar franco-allemand, reste d'actualité, assure son directeur général

Aujourd'hui à 11:28
Le dirigeant de KNDS veut aller en Bourse contre vents et marrées

(BFM Bourse) - Jean-Paul Alary a indiqué au journal allemand Handelsblatt qu’une introduction en Bourse du groupe de défense restait envisageable cette année, après le report de l’opération cet été.

L'arrivée de KNDS en Bourse ressemble de plus en plus à un scénario de fiction. Le fabricant du char Leopard peinerait à convaincre les investisseurs de lui accorder une valorisation satisfaisante aux yeux de ses actionnaires historiques.

Fin juin, le groupe avait reporté sine die son introduction en Bourse à la fois sur la place de Paris et celle de Francfort..

"Compte tenu de la volatilité actuelle du marché dans le secteur européen de la défense, KNDS annonce que ses actionnaires ont fait part à la Société de leur intention de relancer le processus d’introduction en Bourse ('IPO') dès que les conditions de marché redeviendront plus favorables", avait alors déclaré l'entreprise dans un communiqué.

Verra-t-on un jour KNDS fouler les parquets de la Bourse? Pour son directeur général, ce projet reste plus que jamais d'actualité.

Je n'ai qu'un seul scénario, l'entrée en Bourse

Jean-Paul Alary est monté au créneau, assurant "qu'une introduction en Bourse en 2026 reste possible, à condition que les conditions de marché répondent aux attentes des actionnaires" accordé à la fois au journal allemand Handelsblatt et aux Échos.

Le dirigeant de KNDS ajoute qu'il serait "préférable de s'y prendre tôt", voulant éviter toute opération pendant la campagne présidentielle française de 2027.

"Je n'ai qu'un seul scénario, l'entrée en Bourse", Jean-Paul Alary met donc les points sur les i. Jean-Paul Alary se montre très confiant sur l'arrivée de KNDS en Bourse. Mais en coulisses, ce projet tourne davantage au bras de fer.

Un projet qui a du plomb dans l'aile

Pour l'heure, cette perspective semble de plus en plus incertaine, selon nos collègues de La Tribune.

"Si les parties prenantes se mettaient d'accord, l'IPO (introduction en Bourse) serait prête à être 'live' (lancée en direct, NDLR) en une semaine. Mais ce n'est pas ce qu'on voit", explique un expert cité par La Tribune.

La raison de ce blocage ? Les actionnaires ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la valorisation de départ de KNDS qui est actuellement détenue par l'État français et la famille allemande Wegmann-Bode, dont la participation doit être reprise par l'État allemand.

Or, selon le Financial Times, la valorisation lors de l'introduction en Bourse sert de référence au prix auquel Berlin rachètera les parts de la famille Wegmann. L'État allemand aurait accepté de payer une prime par rapport au cours d'introduction. Mais la famille Wegmann ne souhaitait pas enclencher l'introduction en Bourse si la valorisation ne dépassait pas 12,5 milliards d'euros.

Les perspectives ne semblent pas s'améliorer pour ce projet, qui est en gestation depuis presque un an maintenant. Le fournisseur de systèmes de défense terrestre avait officialisé en décembre 2025, viser une entrée en Bourse en 2026 via une double cotation à Francfort et à Paris, sous réserve des conditions de marché.

Ce projet avait été lancé à un moment où secteur de la défense avait alors les bonnes grâces des investisseurs, propulsé par les multiples annonces de hausses des budgets militaires en Europe. Or, en quelques mois le vent a tourné.

Les craintes sur l'exécution des sociétés du secteur et sur les budgets militaires des pays européens ont pesé sur des valorisations tendues. Par ailleurs, le compartiment est lesté par des interrogations autour de la pertinence de certains portefeuilles de produits.

Un effondrement du secteur de la défense en Bourse

Fer de lance du secteur de la défense européenne, Rheinmetall s'effondre de 41% depuis le début de l'année, et même plus de 50% depuis ses plus hauts de 2026. La société avait chuté 18,65% sur une séance, plombée par la perte d'un immense contrat, à savoir le projet de méga-frégate allemande F126.

Or, Rheinmetall constitue le meilleur comparable en Bourse pour les investisseurs regardant la future introduction en Bourse de KNDS. Selon plusieurs médias anglo-saxons, la valorisation que les investisseurs étaient prêts à accorder au groupe s'est effondrée en quelques mois, passant de 25 milliards à moins de 12 milliards d'euros.

Le groupe né en 2015 de la fusion entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann, avait donc cité "la volatilité actuelle du marché dans le secteur européen de la défense" pour justifier ce report.

"Le report de l’introduction en bourse de KNDS pourrait ne pas se résumer à une simple question de valorisation. Officiellement, la demande des investisseurs s’est avérée insuffisante pour soutenir la valorisation de 12,5 milliards d’euros souhaitée par les actionnaires sortants de Wegmann", s'interrogeait Saïma Hussain, analyste du bureau d'études indépendant Alphavalue.

"Mais ce report laisse également en suspens une question bien plus importante : à qui devrait finalement appartenir la plus grande entreprise européenne de défense terrestre ? À l’heure où la stratégie de diversification de Rheinmetall a subi un revers, le report de l’introduction en bourse ne servirait-il pas simplement à gagner du temps en vue d’une issue industrielle différente ?", s'interrogeait-elle.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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