(BFM Bourse) - Le groupe de défense s'effondre à la Bourse de Francfort alors que le gouvernement allemand a abandonné un projet de six frégates F126, citant des "retards considérables". Ce revers fragilise grandement l'objectif de prises de commandes de Rheinmetall.
L'Allemagne enterre un vaste projet à plusieurs milliards d'euros. Ce mercredi 24 juin, le ministère allemand de la Défense a annoncé que Berlin renonçait à un projet pharaonique, à savoir la construction de six frégates de nouvelle génération F126.
L'exécutif allemand a invoqué des "délais et des coûts qui n'ont pas été respectés". Cette commande de frégates devait être la plus importante jamais passée par l'Allemagne, à un moment où le pays déploie des efforts massifs pour moderniser et renforcer son armée.
L'Allemagne doit, comme l'ensemble des pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), parvenir à des dépenses de défense représentant environ 5% du Produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 2035.
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Un coût qui dérape
Cette commande de frégates avait été initialement confiée aux chantiers navals néerlandais Damen. Mais à la suite des difficultés rencontrées par le groupe hollandais, Berlin avait étudié le transfert de cette commande à un autre chantier naval, basé dans le nord de l'Allemagne et récemment racheté par Rheinmetall.
Berlin a toutefois argué, ce mercredi, que cette option aurait entraîné des surcoûts massifs, évoquant dans un communiqué "environ 15,2 milliards d'euros pour six navires, et plus de 18 milliards d'euros en incluant les engagements déjà pris".
Initialement, le programme prévoyait un coût d'environ 10 milliards d'euros avec une première livraison en 2028.
Berlin a donc changé son fusil d'épaule et va jeter son dévolu sur huit frégates Meko A-200, de TKMS, filiale de construction navale de Thyssenkrupp. Le coût se chiffre à 6,3 milliards d'euros pour les quatre premières unités avec une option de 5,3 milliards d'euros pour quatre navires supplémentaires.
Pour Rheinmetall, cette annonce constitue un revers majeur. À la Bourse de Francfort, l'action du groupe allemand s'effondre de 14,8% en fin de matinée.
Jefferies s'attendait à ce que l'officialisation de l'abandon de cette commande, qui avait été rapportée par plusieurs médias, pèse sur l'action Rheinmetall.
Des objectifs remis en cause
L'entreprise "pourrait rencontrer des difficultés pour atteindre son objectif de prises de commandes de 80 milliards d'euros en 2026, le programme F126 devant représenter environ 10 à 12 milliards d'euros de ce total", explique la banque.
"La signature de la commande était attendue sous peu, ce qui pourrait également susciter des inquiétudes quant à la visibilité des prises de commandes pour l'année", ajoute Jefferies.
Citi de son côté considère que l'annonce remet en question les ambitions de la société dans sa division Naval, avec des ventes devant atteindre 5 milliards d'euros à l'horizon 2030.
Malgré la baisse de ce mercredi, Rheinmetall affiche encore une hausse de 308% sur trois ans et de 1.700% sur dix ans. Le groupe de défense a vu son cours bondir depuis l'éclatement de la guerre en Ukraine en février 2022.
