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Saudi Aramco réalise son meilleur trimestre depuis son introduction grâce au rebond du pétrole

mardi 4 mai 2021 à 15h45
Saudi Aramco renoue avec son niveau d'avant crise

(BFM Bourse) - Le géant pétrolier saoudien a engrangé plus de 21 milliards de dollars de bénéfice net sur les trois premiers mois de l'année, battant largement le consensus. Saudi Aramco va en redistribuer 18,8 milliards à ses actionnaires -principalement Riyad- sous forme de dividendes.

Le vrai "roi du pétrole" renoue avec ses standards d'avant crise sanitaire et effondrement des cours pétrolier. À l'instar des autres supermajors pétrolières, Saudi Aramco a profité en ce début d'année du rebond des cours du brut à la faveur d'une nette amélioration des perspectives de reprise économique en ce début d'année 2021. Sur les trois premiers de son exercice, le mastodonte a vu son bénéfice net bondir de 30% par rapport à la même période de 2020 (et de 56% par rapport au trimestre précédent), à 21,7 milliards de dollars.

Cette performance surpasse les attentes des analystes de RBC Capital Markets, qui tablaient sur un bénéfice net autour de 20 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l'année, quand le consensus établi par Reuters misait sur 19,7 milliards. Elle illustre la capacité d'Aramco à "optimiser la hausse des prix des produits" pétroliers, selon le groupe, qui avait fait preuve d'une impressionnante résilience au plus fort de la crise, postant un bénéfice net de 6,6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2020, quand tous les autres grands groupes du secteur avaient été contraints de passer des dépréciations records.

Le groupe saoudien explique ce bond par "un marché du pétrole plus solide et par des marges supérieures dans le raffinage et la chimie, éléments qui ont compensé en partie une production inférieure". Pour rappel, l'Opep+, alliance qui regroupe les pays membres de l'Opep et des alliés parmi lesquels la Russie, a convenu de coupes de production historiques pour pallier l'effondrement de la demande. Dans le cadre de ce pacte, l'Arabie Saoudite -donc Saudi Aramco- a par ailleurs accepté de réduire unilatéralement d'un million de barils supplémentaires sa production, toujours dans un effort de soutien des prix. La production de barils et équivalents pétrole du groupe atteint néanmoins 9,2 millions de barils par jour au premier trimestre, soit environ 10% de la production mondiale.

Aidés par ces décisions, les cours des principales références de brut ont ensuite poursuivi leur rebond sur fond d'allègement des restrictions sanitaires, de montée en cadence des campagnes de vaccination et d'optimisme vis-à-vis de la reprise économique mondiale. Le baril de Brent a ainsi atteint en moyenne 61,1 dollars au cours du trimestre, contre 50,1 dollars un an auparavant et 44,2 dollars au quatrième trimestre de 2020. Une situation dont les groupes pétroliers comme ExxonMobil, Chevron, Eni, BP, Shell ou encore Total ont récolté les fruits au vu de leurs résultats -de nouveau dans le vert- publiés récemment.

"Le contexte de reprise économique mondiale a permis de renforcer les marchés de l'énergie", a relevé Amin Nasser, PDG d'Aramco, cité dans le communiqué. "Et la flexibilité opérationnelle d'Aramco, son agilité financière et la résilience de nos employés [Saudi Aramco a vacciné 85% de sa main d'œuvre, soit 178.00 personnes, NDLR] ont contribué à une bonne performance au premier trimestre", a-t-il souligné. Et ce n'est pas terminé, à l'en croire: "Etant donné les signes positifs concernant la demande énergétique en 2021, il y a davantage de raisons d'être optimistes sur le fait que des jours meilleurs sont à venir", a-t-il ajouté, assurant que, malgré la persistance de vents contraires, le groupe était "bien positionné (...) au moment où les économies commencent à redémarrer".

Bouffée d'oxygène

Cette reprise offre un bol d'air à un groupe qui n'avait pu jusqu'ici qu'annoncer repli après repli de ses performances financières (depuis qu'il a commencé à les rendre publiques en 2019). Ce qui provoquait en ricochet des tensions sur les finances de Ryad, encore très dépendant de ses revenus pétroliers. Car l'Arabie saoudite cherche à capitaliser sur ses atouts dans le domaine de l'énergie pour générer des fonds, afin de financer ses ambitieux projets de diversification destinés à justement réduire cette dépendance à l'avenir.

Fort du rebond de son bénéfice net, Aramco a l'intention de payer 18,8 milliards de dollars de dividendes au titre du premier trimestre 2021, ce qui s'inscrit dans son objectif d'apporter quelque 75 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année dans les caisses du gouvernement.

Dans le cadre du programme d'investissements Shareek, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) a indiqué que 24 des plus grandes entreprises saoudiennes, parmi lesquelles Aramco, avaient accepté de baisser leur niveau de dividendes, afin de rediriger cet argent vers l'économie domestique en échange d'incitations financières. Le plan prévoit 12.000 milliards de riyals (environ 3.200 milliards de dollars) pour le secteur privé d'ici 2030, dont 5.000 milliards de riyals provenant des grandes entreprises saoudiennes. À cet égard, Aramco a annoncé en avril avoir vendu pour 12,4 milliards de dollars une participation minoritaire dans une entreprise de pipelines à la firme américaine EIG Global Energy Partners.

Pour rappel, le groupe a fait ses débuts en Bourse à Ryad en décembre 2019 avec une introduction record: 29,4 milliards de dollars pour la vente de seulement 1,725% de ses actions après exercice de l'option de surallocation. Introduit au prix de 32 riyals, l'action a clôturé la séance de mardi en hausse de 0,71% à 35,65 riyals, cours traduisant une capitalisation légèrement supérieure à 1.900 milliards de dollars, ce qui en fait le deuxième groupe le mieux valorisé au monde derrière Apple et ses 2.200 milliards.

MBS a annoncé en janvier l'intention de son pays de vendre davantage d'actions Aramco dans les années à venir, l'argent généré devant être transféré au Fonds d'investissement public, principal instrument de la diversification de l'économie. Il a indiqué fin avril que Ryad avait entamé des discussions avec une firme étrangère, afin de lui vendre 1% du capital d'Aramco.

(avec AFP)

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