(BFM Bourse) - Apple a livré des résultats et des prévisions nettement supérieurs aux attentes. Mais l'action a à peine bougé à Wall Street dans les échanges post-marché, la direction ayant laissé les investisseurs dans le flou quant à l'impact de la pénurie de mémoires sur ses comptes.
L'iPhone 17 a clairement conquis le public. Lancé en septembre dernier, le dernier smartphone d'Apple se vend très bien, permettant à l'entreprise de Cupertino de dégager une croissance tonitruante.
Les comptes dévoilés par la société de Cupertino, jeudi soir en attestent. "Nous publions le meilleur trimestre de notre histoire avec 143,8 milliards de dollars de revenus, en hausse de 16% sur an, dépassant nos attentes", a clamé Tim Cook, le directeur général, devant les analystes.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
"La demande pour l'iPhone a été époustouflante avec des revenus en hausse de 23% (à 85,23 milliards de dollars) et des records dans toutes nos zone géographiques", a ajouté le dirigeant. La marge brute de la société s'est établie à 48,1% contre 46,9% un an plus tôt.
Le bénéfice par action d'Apple a également établi un record s'établissant à 2,84 dollars, en hausse de 19% sur un an.
Selon un consensus cité par Bank of America, Apple a très largement battu les attentes. Les analystes tablaient sur des revenus de 137,96 milliards de dollars, une marge brute de 47,5% et un bénéfice par action de 2,67 dollars.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
La mémoire fait défaut
Les prévisions d'Apple n'ont, par ailleurs, pas déçu. Le directeur financier, Kevan Parekh, a indiqué aux analystes que l'entreprise s'attendait à générer des revenus en hausse de 13 à 16% pour le trimestre clos en mars prochain. La seule croissance des services (qui comprennent l'Apple Store et Apple Music) devrait être "similaire" à celle publiée sur le précédent trimestre (+14%).
En milieu de fourchette, la prévision donnée par Kevan Parekh suggère des revenus de 109,22 milliards d'euros pour le trimestre, soit significativement plus que le consensus cité par Bank of America (104,87 milliards de dollars).
Malgré cette copie immaculée, Wall Street ne s'emballe guère. Jeudi soir, l'action Apple n'a gagné que 0,6% dans les échanges post-marché à la Bourse de New York.
Citi attribue cette réaction de marché bien tiède au fait qu'Apple n'a pas livré d'estimations d'impacts de la pénurie de mémoires pour l'ensemble de son exercice.
Depuis plusieurs mois, les prix des composants électroniques de mémoire vives, des technologies au bon fonctionnement des appareils électroniques grand public (ordinateurs, smartphones, Mac), a flambé. Selon le cabinet Counterpoint Research, les prix des puces mémoires a progressé de 40% à 50% au quatrième trimestre, avec une hausse similaire attendue au premier trimestre 2026 (puis 20% au deuxième).
Cette envolée des prix des puces mémoires est tirée par la demande pour les technologies d'intelligence artificielle (IA) et donc par les data centers.
"La marge de manœuvre des fournisseurs (de puces mémoires, NDLR) atteint des sommets historiques, alimentée par une demande insatiable en matière d'IA et de capacité serveur", écrit Counterpoint.
Une stratégie d'IA encore à définir
Tim Cook a reconnu que les capacités de production d'Apple étaient "contraintes", en raison notamment des tensions sur la disponibilité "des nœuds les plus avancés (en clair les transistors les plus performants dans les puces mémoires, NDLR)".
Le dirigeant a affirmé que l'impact de la hausse des prix dans les puces mémoires avait été "minimal" au premier trimestre de l'exercice actuel de la société (celui allant d'octobre à fin décembre), et serait plus important au deuxième.
Ce qui se reflète dans la prévision de marge brute de la société, attendue entre 48% et 49% pour ce dernier trimestre, a-t-il ajouté. Cette fourchette reste toutefois supérieure aux attentes de Wall Street (47,3%).
Au-delà du deuxième trimestre, Tim Cook n'a pas donné d'indications, déclarant seulement s'attendre à ce que les prix continuent d'augmenter "significativement" dans la mémoire.
Citi estime que les technologies de mémoire représentent actuellement 11% du prix des composants d'un iPhone, 17% pour ceux des PC, et 17% pour ceux des Mac. La banque américaine anticipe un impact de la hausse de ces prix de 0,9 point de pourcentage sur la marge brute d'Apple en année pleine.
Gene Munster, gérant chez Deepwater AM, lie davantage l'atonie de l'action Apple à Wall Street à l'absence de détails sur la stratégie du groupe en matière d'IA.
"Je pense que la réaction modérée du marché s'explique en grande partie par le fait que les investisseurs souhaitent davantage de précisions quant à l'impact de l'IA sur l'activité, tant en termes de calendrier que de modalités", explique-t-il sur son site.
" Je pense que cela reflète davantage un manque de crédibilité vis-à-vis de l'IA qu'une inquiétude quant à l'activité sous-jacente. Les investisseurs continuent de vouloir en savoir plus sur le moment et la manière dont l'IA aura un impact significatif sur la croissance d'Apple", ajoute le gérant.
Gene Munster écrit que lors de la conférence téléphonique, Tim Cook a réaffirmé qu'une nouvelle version de Siri, en fait le raccourci pour désigner la prochaine génération d'Apple Intelligence, allait sortir cette année, sans fournir davantage de détails.
"Les références à la collaboration avec Gemini de Google étaient positives, mais manquaient de substance", ajoute-t-il.
Gene Munster pense qu'il existe désormais un "fossé croissant entre des consommateurs d'Apple excités et des investisseurs frustrés".
