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Munic prépare la première introduction en Bourse de 2020 sur Euronext

dimanche 26 janvier 2020 à 11h00
Munic va signer la première introduction de l'année à la Bourse de Paris

(BFM Bourse) - Spécialisée dans l'exploitation des nombreuses données produites par les véhicules automobiles pour en extraire la valeur ajoutée, Munic souhaite lever environ 16 millions d'euros lors de son introduction en Bourse sur le marché Euronext Growth, programmée au 10 février prochain. Présentation.

"Une voiture, c'est dix fois plus de lignes de codes qu'un avion" prévient d'emblée Aaron Solomon, fondateur et PDG de Munic (ex-Mobile Devices Ingénierie), groupe français créé en 2002 qui collecte, trie et interprète les "données véhicules" (température de l'huile, pression des pneumatiques, échéances d'entretien, état de la batterie, etc.), par opposition aux "données télématiques" (géolocalisation, kilométrage, accéléromètre), les seules données exploitées pour l'heure. Pour transformer une voiture classique en véhicule connecté capable de remonter toutes sortes d'informations, Munic a conçu un boîtier baptisé "smart dongle" qui se branche à la prise diagnostic (OBD).

"Notre plateforme regroupe ces données, les trie et effectue même des corrections", indique Aaron Solomon. Il prend comme exemple "le niveau de carburant du véhicule [qui] peut s'avérer faux à cause d'un capteur mal adapté à la géométrie du réservoir". Pour corriger cela, la société affirme utiliser le "machine learning" -une forme d'intelligence artificielle- pour affiner ces extrapolations lorsqu'un capteur est déficient comme dans le cas du niveau d'essence, ou inexistant comme sur les pneus et freins.

Des relations déjà bien établies avec les acteurs du secteur

Parmi les exemples d'applications de ces solutions, Munic cite la gestion de flotte pour des loueurs de véhicules, la maintenance prédictive de l'usure des pneus (pour des fabricants comme Michelin), des offres d'assurance ou encore du Hotspot WiFi et des services associés au sein du véhicule. Le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui s'est établi à 15,2 millions d'euros en 2018 (et à 17 millions d'euros en 2019 selon des chiffres non audités), provient majoritairement de gestionnaires de flottes, de réseaux d'entretien et concessionnaires automobiles, ainsi que d'assurances et d'opérateurs télécoms. Parmi ses partenaires, le groupe compte déjà le loueur Avis qu'il aide à calculer la distance parcourue et l'essence consommée par ses clients, ou l'assureur américain Metromile pour son assurance automobile facturée au kilomètre. Munic a par ailleurs récemment noué un partenariat avec T-Mobile, qui propose une fonction de hotspot WiFi à ses clients. Aaron Solomon se targue d'ailleurs d'avoir "battu tout le monde sur l'appel d'offres de fin 2018, dont l'ancien fournisseur du géant américain des télécoms".

À ce jour, Munic revendique 270 références clients, dont la plupart ne sont cependant pas divulguées, pour un parc de véhicules connectés et actifs compris "entre 1,5 et 2 millions". Aaron Solomon explique que si ce parc reste pour l'heure limité, c'est parce que "les assureurs ont abandonné l'assurance connectée, car entre le boîtier, le serveur de stockage adapté au RGPD, l'application mobile pour l'assuré et le SAV, les coûts étaient trop élevés, de l'ordre de 100 à 200 euros sur trois ans".

Évolution du modèle économique

Pour remédier à ce problème et faire grossir le parc de véhicules équipés de ses boîtiers "smart dongles", Munic a décidé de faire évoluer son modèle économique. Au lieu de facturer le boîtier et des fonctionnalités prépayées pour un certain nombre d'années et de laisser le client gérer lui-même les données qui en découlent, Munic leur fera seulement payer l'accès à ces données -regroupées sur une plateforme baptisée EKKO qui sera déployée au second semestre 2020- via un abonnement annuel de 15 euros par véhicule.

Avec un objectif ambitieux en ligne de mire : atteindre le seuil des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires à horizon 2023. Munic n'abandonne pas complètement son ancien modèle pour autant puisque les boîtiers doivent continuer à représenter 75% des revenus à cet horizon, contre 25% pour la nouvelle offre centrée sur les données qui sera d'abord testée en France, en Allemagne et dans le Benelux. De quoi faire grimper sa marge brute à 44%, contre 22% aujourd'hui, estime Aaron Solomon. La société n'a toutefois pas encore atteint la rentabilité puisqu'elle affiche un résultat d'exploitation négatif de 600.000 euros pour une perte nette de 415.000 euros 2018.

Modalités de l'IPO

Munic a dévoilé les conditions de l'opération mercredi 22 janvier. Dans le détail, le groupe va émettre un maximum de 2.012.57 actions, pouvant être porté 2.314.465 actions en cas d'exercice en totalité de la clause d'extension, à un prix compris entre 6,76 et 9,14 euros. Elles peuvent être souscrites du 22 janvier au 4 février inclus dans le cadre de l'offre à prix ouvert et jusqu'au 5 février à midi pour le placement global. En données brutes, l'opération rapportera entre 13,6 et 18,39 millions d'euros, soit 16 millions d'euros sur la base d'un prix médian de 7,95 euros. En cas d'exercice en totalité de la clause d'extension, ce montant pourrait grimper jusqu'à 21,15 millions d'euros dans l'hypothèse la plus favorable. La capitalisation boursière de Munic atteindrait ainsi près de 70 millions d'euros.

Le groupe a en outre déjà reçu des engagements de souscription pour un montant total de 10 millions d'euros, soit 62,5% de l'offre sur la base des chiffres médians, dont 1,5 million d'euros de la part d'Ostrum Asset Management et 300.000 euros d'IMHotel). 8,2 millions d'euros ont par ailleurs été souscrits en compensation de créances détenues par Grandis-Lux, actionnaire de référence de Munic.

Pourquoi passer par la Bourse pour un montant qui aurait pu être levé en capital-risque ? "Nous souhaitons faire entrer plusieurs investisseurs industriels à notre capital, ce qui est plus facile dans le cadre d'une introduction boursière", explique Aaron Solomon.

Au final et toujours sur la base du point médian de l'offre, la société récupérera 6,8 millions d'euros d'argent frais - la compensation de créances réduisant l'endettement mais n'apportant pas de liquidités immédiates. Et en cas de réalisation à 75% (sur la base du bas de fourchette dans l'hypothèse selon laquelle le public bouderait l'offre), le produit atteindrait seulement 1,4 millions d'euros, ce qui contraindrait la société à revoir ses ambitions à la baisse pour le lancement d'EKKO. Une entrée en bourse à multiples enjeux, donc, pour l'entreprise.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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