par Mathieu Rosemain
PARIS, 5 février (Reuters) - BNP Paribas a relevé jeudi son objectif de rentabilité pour 2028 et s'est engagé à réduire davantage ses coûts, après avoir fait état d'un bénéfice meilleur que prévu au quatrième trimestre malgré une performance médiocre de sa banque d'investissement.
La banque française espère que ces chiffres, portés par la croissance de sa division assurance et gestion d'actifs et par une légère reprise dans la banque de détail, permettront de redonner confiance aux investisseurs.
BNP Paribas cherche notamment à rassurer sur les retombées d'un verdict portant sur un litige lié à son rôle dans le conflit soudanais, dans le cadre duquel le groupe a été condamné en octobre par un tribunal américain à verser un total de 20,5 millions de dollars de dommages et intérêts à trois plaignants. La banque a indiqué qu'elle ferait appel.
Le résultat net part du groupe pour les trois mois à fin décembre est ressorti à 2,97 milliards d'euros, en hausse de 28% sur un an et dépassant les 2,84 milliards attendus en moyenne par 16 analystes dans un consensus compilé par BNP Paribas.
Dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas gagne 2,8% à 93,5 euros.
Dans une note, les analystes de Citi saluent des résultats corrects dans l'ensemble et susceptibles de rassurer. Ceux de RBC soulignent également que ces résultats sont "rassurants, car ils sont en partie dus à la bonne dynamique des revenus dans plusieurs divisions qui avaient déçu".
Le groupe vise une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE), un indicateur clé de rentabilité, supérieure à 13% d'ici 2028, contre 13% précédemment, un objectif qui reste inférieur à celui de nombreux concurrents européens.
BNP Paribas souhaite également porter son coefficient d'exploitation à moins de 56%, contre un objectif précédent d'environ 58%.
La croissance annuelle moyenne du résultat net part du groupe est anticipée au-dessus de 10% sur la période 2025-2028, portée par "l'amélioration significative du coefficient d'exploitation".
BNP Paribas prévoit des mesures d'efficacité opérationnelles en 2026 pour environ 600 millions d'euros, portant le total des économies de coûts récurrentes pour la période 2022-2026 à 3,5 milliards d'euros, au-dessus des 2,9 milliards d'euros initialement prévus.
Selon JP Morgan, malgré la bonne performance financière et des objectifs prometteurs, "la réalisation des objectifs en matière de coûts et la poursuite de l'amélioration des tendances en matière de revenus seront des facteurs clés à prendre en compte pour atteindre les ambitions du groupe en matière de bénéfices."
FAIBLES REVENUS FICC
Ces nouveaux objectifs donnent un aperçu du prochain plan stratégique triennal de BNP Paribas, qui sera présenté début 2027. Il comprendra une "revue de bout en bout des processus", d'après la banque, qui suggère l'emploi d'outils d'intelligence artificielle.
Lors du quatrième trimestre, les revenus des activités de la Banque de financement et d'investissement (BFI), moteur de la stratégie d'expansion du directeur général Jean-Laurent Bonnafé, ont augmenté de 1% sur un an pour atteindre 4,58 milliards d'euros, un record trimestriel.
Les activités de titres à revenu fixe, devises et matières premières (FICC) n’ont augmenté que de 0,8%, soit en-deçà de ses concurrents tels que Crédit Agricole, Deutsche Bank et les géants de Wall Street.
Le revenu d'intérêt de la banque commerciale a augmenté de 6,3% en France et de 17% en Belgique.
BNP Paribas a proposé le versement d'un dividende de 5,16 euros par action au titre de 2025.
(Mathieu Rosemain, version française Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)
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