(BFM Bourse) - Le groupe néerlandais chute lourdement à la Bourse d'Amsterdam après avoir publié des résultats, certes, supérieurs aux attentes au deuxième trimestre. Mais les commentaires de la direction sur les incertitudes pour l'année prochaine cueillent à froid les investisseurs.
Contrairement à LVMH (-25,5%) et le danois Novo Nordisk (-30,8%), tous deux en grande difficulté en Bourse depuis le début de l'année, ASML tient son rang parmi les méga-capitalisations européennes.
Le groupe néerlandais évoluait dans le vert sur l'ensemble de 2025, jusqu'à la clôture de mardi soir, et reste la première capitalisation boursière européenne devant l'allemand SAP.
Ce parcours boursier correct est toutefois entaché d'un gros impair, ce mercredi 16 juillet. Le groupe batave spécialisé dans les machines de photolithographies, un processus de fabrication qui permet d’imprimer des motifs de circuits complexes sur des plaques de silicium et qui s’avère ainsi indispensable à la création des semi-conducteurs, a livré des annonces qui prennent à revers le marché.
Vers 16h30, l’action ASML plonge de 10% à la Bourse d’Amsterdam, effaçant une vingtaine de milliards d’euros de capitalisation boursière.
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Des résultats supérieurs aux attentes mais...
Le groupe néerlandais a publié des résultats au titre de son deuxième trimestre qui se sont avérés convaincants. Les prises de commandes se sont inscrites à 5,5 milliards d’euros sur la période, stables sur un an.
La société a par ailleurs généré des revenus de 7,74 milliards d’euros, légèrement supérieures au consensus logé à 7,535 milliards d’euros, selon Oddo BHF. La marge brute s’est, elle, établie à 53,7%, contre 51,6% anticipé par les analystes. Le bénéfice par action s’est inscrit à 5,9 euros contre 6 euros un an plus tôt.
Le directeur général de la société, le Français Christophe Fouquet, a souligné la montée en puissance des outils de lithographie "EUV" (par rayonnement ultra-violet extrême), nouvelle génération de produit de la société.
Selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ce procédé permet de tracer des motifs plus fins pour traiter toujours plus d'informations, avec une longueur d'onde réduite. Et donc in fine de permettre la production de puces plus puissantes.
..Les perspectives déçoivent
Au-delà des résultats du deuxième trimestre, supérieurs aux attentes, donc, les perspectives grippent les investisseurs.
ASML a indiqué tabler pour le trimestre en cours sur des revenus compris entre 7,4 milliards d’euros et 7,9 milliards d’euros et une marge brute située entre 50% et 52%. C’est trop juste au vu des attentes puisque le consensus se situait à 8,2 milliards d’euros pour les revenus et sur une marge brute autour de 51,5%.
Sur l’ensemble de 2025, cette fois, ASML a indiqué tabler sur une progression de 15% de ses revenus et une marge autour de 52%, des prévisions en ligne avec les attentes.
"À l'horizon 2026, nous constatons que les fondamentaux de nos clients travaillant dans l'intelligence artificielle restent solides. Parallèlement, nous constatons une incertitude croissante liée aux évolutions macroéconomiques et géopolitiques.
Par conséquent, même si nous anticipons une croissance en 2026, nous ne pouvons la confirmer à ce stade", aussi commenté Christophe Fouquet. Ce dernier commentaire, assez peu engageant, fait grincer des dents les analystes.
"Nous pensons que les commentaires sur 2026 sont susceptibles de freiner l'enthousiasme, et dans le contexte de la forte performance récente du cours de l'action, nous nous attendons à ce que l'action sous-performe le marché aujourd'hui", a écrit UBS dans une note.
Oddo BHF reconnaît que les commentaires de la direction sur 2026 ont de quoi être pris négativement par les investisseurs. Toutefois, le courtier confirme son conseil à "surperformance" jugeant qu'ASML reste avant tout un bon investissement de moyen terme.
Notamment au vu de sa valorisation qui s'avère alléchante. L'action s'échange sur la base d'un multiple de valeur d'entreprise représentant 23,5 fois le résultat brut d'exploitation contre une moyenne de 27 fois sur cinq ans, remarque le courtier.