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Le SPAC destiné à porter en Bourse le réseau social de Trump attire l'attention de la SEC

lundi 6 décembre 2021 à 17h18

(BFM Bourse) - La société Digital World Acquisition Corp., entité cotée destinée à intégrer et donc amener en Bourse le réseau social imaginé par l'ancien Président des Etats-Unis pour concurrencer les FAANG, a annoncé lundi avoir reçu des demandes d'informations de la part du gendarme des marchés financiers et d'une autre instance.

De grosses ambitions face aux géants du numérique, un bon paquet d'acronymes barbares, beaucoup de dollars en jeu et déjà le collimateur de la Securities and Exchange Commission: les débuts boursiers de "Truth Social", le projet de réseau et de médias "anti-woke" de Donald Trump, ne débutent pas dans la simplicité.

Mis au ban des principales plateformes de réseaux sociaux après la tentative de prise d'assaut du Capitole le 6 janvier, le 45e Président des Etats-Unis a dévoilé en octobre le projet de créer son propre réseau, baptisé Truth Social, visant à concurrencer Facebook et Twitter. Pour porter ce projet, Donald Trump a fondé Trump Media & Technology Group (TMTG), qui ambitionne d'être "le gisement du soutien aux libertés américaines en tant que premier rival des 'Big Techs' ".

Schématiquement, le projet fait le pari que les 89 millions d'abonnés Twitter, 33 millions d'abonnés Facebook (et 24 millions sur Instagram) dont bénéficiait l'ancien Président sont acquis à sa cause, et qu'une bonne partie pourrait en tout cas le suivre sur un nouveau format. L'objectif est d'atteindre 81 millions d'abonnés à horizon 2026. TMTG envisage aussi de donner naissance à une plateforme de vidéo à la demande, TMTG+.

La voie envisagée pour amener TMTG en Bourse passe par une fusion avec un SPAC, technique très en vogue depuis 2020. Un SPAC est une société sans activité opérationnelle qui lève des fonds en Bourse avec pour seul objectif de réaliser une ou plusieurs acquisitions. Cette "coquille vide", ici la Digital World Acquisition Corporation (DWAC), s'était introduite le 3 septembre en demandant aux investisseurs une sorte de chèque en blanc, d'où l'appellation de "blank check company". Seule promesse: utiliser les fonds levés pour acquérir en retour une entreprise non cotée. C'est en octobre qu'il a été révélé que la cible serait Trump Media & Technology Group, annonce qui a provoqué une flambée du cours de DWAC, jusqu'à +1650% (puis le titre a perdu 60%, beaucoup de gros investisseurs s'étant rapidement retirés).

Lundi, cette dernière a fait savoir qu'elle avait reçu des demandes d'information de la part de la Securities and Exchange Commission, ainsi que de la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA). La SEC souhaite connaître le contenu de discussions entre DWAC et TMTG pendant la période où leur projet de fusion n'était pas connu des investisseurs, notamment, et la FINRA a demandé des précisions sur les échanges qui ont eu lieu juste avant cette annonce.

Or, selon une enquête du New York Times, le CEO de DWAC, Patrick Orlando, aurait en fait entamé des discussions avec Donald Trump dès mars 2021, bien avant la création juridique de l'entreprise. Ce qui constitue potentiellement une violation de la (mince) réglementation s'appliquant aux SPAC, qui exige en principe de mettre tous les investisseurs sur un pied d'égalité en termes de communication.

Ces demandes ont été rendues publiques alors que TMTG a annoncé ce week-end avoir trouvé un accord avec un groupe d'investisseurs pour lever environ 1 milliard de dollars en vue d'une introduction en Bourse.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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