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Le géant pétrolier Saudi Aramco s'offre une émission de dette à sa démesure

mardi 9 avril 2019 à 17h00
Saudi Aramco s'offre une émission de dette à sa démesure

(BFM Bourse) - À opération monstre, demande record : l'émission obligataire lancée par le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco pour financer une partie de l'acquisition du groupe pétrochimique Sabic, a déchaîné l'enthousiasme des investisseurs, prêts à débourser jusqu'à 85 milliards de dollars, alors que le groupe avait dit espérer lever environ 10 milliards de dollars.

La demande pour le premier emprunt international de Saudi Aramco a atteint 85 milliards de dollars, un montant record, peu avant la clôture des opérations mardi, selon des sources bancaires proches du dossier qui se sont confiées à l'ADP. D'autres informations, recueillies par Reuters, évoquent même une demande à hauteur de 100 milliards de dollars. Le mastodonte pétrolier saoudien avait dévoilé ses comptes (impressionnants) aux agences de notation mardi dernier dans la perspective de cette émission obligataire, destinée à financer en partie l'acquisition de 70% du groupe saoudien de pétrochimie SABIC auprès du Fonds public d'investissement saoudien (PIF). Le groupe public avait dit espérer lever environ 10 milliards de dollars via cette émission obligataire, dont le prix sera fixé plus tard dans la journée.

Jusqu'ici le géant pétrolier n'a pas confirmé ce montant. Il a simplement annoncé une opération de "taille benchmark", ce qui, dans le jargon des marchés, induit un gros montant, supérieur à un milliard, a rappelé la source bancaire à l'AFP en précisant que les maturités iraient de 3 à 30 ans. Saudi Aramco veut "établir une présence permanente sur les marchés de capitaux mondiaux", a précisé lundi le ministre de l'Énergie, Khalid al-Falih.

Le royaume n'a pas non plus abandonné l'idée de vendre jusqu'à 5% des actions de Saudi Aramco sur le marché, ce qui lui permettrait d'engranger quelque 100 milliards de dollars, selon les estimations de spécialistes valorisant le groupe pétrolier quelque 2.000 milliards de dollars, et de financer ainsi la diversification de l'économie saoudienne, qui dépend majoritairement de "l'or noir".

Dans l'attente de cette gigantesque entrée en Bourse, repoussée à fin 2020 ou début 2021, la compagnie a annoncé le mois dernier son intention de racheter 70% du groupe de pétrochimie Sabic pour 69,1 milliards de dollars auprès du Fonds public d'investissement saoudien (PIF), le fonds souverain du royaume. Ce dernier bénéficierait ainsi d'un apport rapide et massif de liquidités pour financer le plan de diversification "Vision 2030" du prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS).

Selon un document d'une des banques chefs de file, Aramco a abaissé de 15 points de base la "guidance" pour les six tranches de l'emprunt par rapport aux prix indicatifs de lundi. Des gérants ont dit, à Reuters, s'attendre à ce que les six tranches offrent des rendements inférieurs au papier équivalent émis par l'Arabie saoudite. Avant que l'émission ne soit lancée lundi, le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, avait indiqué que les manifestations d'intérêt des investisseurs représentaient plus de 30 milliards de dollars.

Plus grand bénéfice mondial

La société a des arguments pour convaincre, car la première publication de ses comptes, mardi 2 avril dernier, a dévoilé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars en 2018, de loin le plus important de toutes les entreprises mondiales. Ce montant dépasse en effet le bénéfice cumulé des cinq poids lourds du pétrole que sont les américains ExxonMobil et Chevron, le britannique BP, l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell et le français Total. C'est aussi quasiment le double de celui d'Apple (59,3 milliards de dollars pour son exercice décalé 2018).

Pour l'Arabie saoudite, de manière générale, dette rime avec record. Le royaume avait fait une arrivée remarquée en 2016 sur le marché international, en atteignant d'emblée un montant historique, soit 17,5 milliards de dollars. Il s'agissait ainsi du plus gros emprunt syndiqué (emprunt placé auprès des investisseurs par plusieurs établissements bancaires, ndlr) jamais réalisé.

Début janvier l'engouement des investisseurs avait également été au rendez-vous. Le pays avait alors emprunté 7,5 milliards de dollars pour une demande de 27 milliards, à l'occasion de sa première opération sur les marchés internationaux depuis le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi le 2 octobre. Cette affaire au retentissement international avait terni l'image du royaume pétrolier, qui continue à nier toute implication du prince héritier.

La demande pour l'emprunt d'Aramco est la plus importante observée sur les marchés émergents depuis une émission du Qatar l'an dernier qui avait attiré plus de 52 milliards de dollars. Elle dépasse aussi la demande pour le premier emprunt international saoudien en 2016, qui avait atteint 67 milliards de dollars.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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