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Qu'est-ce qu'un fat finger, qui peut provoquer un krach éclair sur les marchés?

mardi 3 mai 2022 à 15h54
Les bourses européennes ont chuté soudainement lundi 2 mai

(BFM Bourse) - Les indices européens ont subi un violent décrochage lundi une heure après le début des négociations. Une erreur de saisie d'ordre, communément appelée "fat finger" dans le jargon boursier, serait à l'origine de ce vent de panique sur les places boursières européennes.

La première séance de Bourse du mois de mai avait déjà mal commencé sous les craintes sur la conjoncture mondiale, quand les principaux indices européens ont connu vers 10h00 un "flash krach". C'est l'équivalent en Bourse d'un trou d'air, qui a pris fin aussi rapidement qu'il avait débuté. Il n'a fallu que quatre petites minutes pour que le séisme se propage à toute la planète finance européenne. Ce sont les marchés nordiques généralement gérés par OMX Nasdaq (sauf Oslo, désormais dans le giron d'Euronext) qui ont été les plus touchés. La palme revenant à l'indice suédois (OMX Stockholm 30, OMXS30) avec une baisse de 1,16% quelques instants avant 10h00 se transformant en une chute de 7,71% quelques minutes plus tard, avant que l'indice ne remonte tout aussi rapidement.

Les regards se sont alors immédiatement tournés vers les différents opérateurs boursiers européens. Ces derniers déclinent toute responsabilité dans ce "krach" matinal après avoir fait des vérifications d'usage. Les pistes du problème technique et d'une attaque dans les systèmes informatiques ont été écartées. L'hypothèse d'une erreur humaine fait donc son bonhomme de chemin. Tout au long de la matinée, les investigations se sont poursuivies avant qu'OMX Helsinki, l'opérateur boursier finlandais, annonce la réelle raison de cette violente baisse. Une erreur humaine serait à l'origine de ce vent de panique boursier. Un opérateur de marché de la banque américaine Citigroup aurait mal saisi son ordre.

Les dessous d'un "fat finger"

Cette erreur de saisie d'un ordre est communément appelée dans le jargon boursier "fat finger" - ou "gros doigt" en anglais. Elle peut provoquer un effet boule de neige sur un titre en particulier voire un indice, car la variation des cours peut déclencher des ordres automatiques (à la vente ou à l'achat) et les algorithmes de trading automatique ont tendance à amplifier ce genre de mouvements.

Comment expliquer de tels dérapages? Pour simplifier leur quotidien, les traders utilisent des raccourcis claviers leur permettant de saisir quatre zéros au lieu d'un par exemple. En un éclair, un ordre de quelques milliers d'euros peut donc se transformer en un gros achat de plusieurs millions voire milliards d'euros. Un ordre libellé en euros peut aussi soudainement se transformer en yens sur un moment d'inattention. Le mois dernier, l'action Barclays a par exemple décroché de près de 10% après la vente de 48.000 actions. La capitalisation boursière de la banque a fondu de 3 milliards de livres, soit plus de 3,5 milliards d'euros, après un dérapage digital.

Un peu plus loin dans les annales boursières, on peut citer la bourde d'un employé de Samsung Securities, à Séoul, en avril 2018. Au lieu de verser à chaque salarié de l'entreprise une prime de 1.000 wons (0,76 euro), le comptable avait versé, à tous, 1.000 actions de l'entreprise, distribuant l'équivalent de 85 milliards d'euros d'actions inexistantes. 16 employés très réactifs avaient alors revendu ces titres indus pour un total de 150 millions d'euros.

Plus proche de nous, le dernier cas de fat finger recensé à la Bourse de Paris concerne LVMH. En mars 2019, le titre du géant du luxe français avait cédé près de 9% moins de dix minutes après l'ouverture pour une raison inexpliquée. La thèse du "fat finger" a été jugée crédible.

Et quand ce n'est pas l'humain qui est en cause, ce sont les machines qui prennent le relais. En 2012, le fonds d'investissement Knight Capital avait frôlé la faillite à cause d'un bug informatique de son logiciel de trading automatisé. Le nouveau matériel en question avait envoyé des ordres anarchiques sur plus de 140 titres à Wall Street causant la perte de 440 millions de dollars pour le courtier.

Des garde-fous pas toujours activés

Si ce "doigt qui dérape" prête à sourire, il peut avoir de lourdes conséquences malgré les garde-fous mis en place par les opérateurs boursiers pour contenir des mouvements violents de marché. En France par exemple, l'opérateur boursier (Euronext) comme l'Autorité des marchés financiers (AMF) peuvent chacun décider de suspendre de cotation un titre (ou même l'indice CAC 40), sous certaines conditions, comme le rappelle le site de l'AMF. Mais ces garde-fous ne sont pas nécessairement activés.

Pour ce qui est de l'épisode de lundi, les investisseurs lésés n'auront pas la possibilité de se retourner contre le Nasdaq Nordic. L'opérateur boursier nordique a indiqué qu'il n'avait aucune raison d'annuler les transactions effectuées pendant ce violent décrochage des indices.

Sabrina Sadgui

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