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Volkswagen : Volkswagen soumet un rapport à Berlin mais appelle à la patience

Volkswagen ne prévoit pas une solution rapide au scandaleVolkswagen ne prévoit pas une solution rapide au scandale

par Andreas Cremer

WOLFSBURG (Allemagne) (Reuters) - Volkswagen a présenté mercredi aux autorités allemandes ses premières propositions sur l'affaire de la fraude aux tests anti-pollution, tout en répétant qu'il faudrait du temps pour tourner la page de ce scandale sans précédent dans l'histoire du groupe.

Près de trois semaines après la révélation de l'affaire par les autorités américaines, le premier constructeur européen est sommé d'identifier les responsables de la fraude, de dire comment il compte mettre ses voitures en conformité avec la loi et si le groupe a manipulé les tests en Europe comme aux Etats-Unis.

"Des spéculations ou des informations trop vagues sur d'éventuelles avancées ne font l'affaire de personne", a déclaré Hans Dieter Pötsch, le nouveau président du conseil de surveillance du groupe, lors d'une conférence de presse après avoir été confirmé à son nouveau poste.

"Il faudra donc du temps jusqu'à ce qu'on ait des résultats factuels et fiables qui nous permettent de vous apporter une information globale", a-t-il dit, refusant tout autre question.

Hans Dieter Pötsch s'exprimait à l'issue d'une réunion extraordinaire des 20 membres du conseil au siège de Wolfsburg, destinée à discuter des résultats de l'enquête interne menée par le groupe, confronté à la plus grave crise de ses 78 années d'existence.

Volkswagen a par ailleurs soumis mercredi à la KBA, l'autorité fédérale allemande du secteur automobile, un plan détaillé de modification des quelque 11 millions de véhicules concernés.

Le ministre des Transports, Alexander Dobrindt, a déclaré à la presse que selon ce rapport, les moteurs diesel Euro-5 de 2,0 litres, 1,6 l et 1,2 l devraient être modifiés.

"Pour les moteurs 2,0 litres, VW dit qu'une solution logicielle sera prête cette année et qu'elle sera mise en oeuvre à partir du début de l'an prochain", a-t-il précisé.

"Pour les moteurs 1,6 litre, en plus du nouveau logiciel, des modifications du moteur seront nécessaires, ce qui, selon Volkswagen, ne sera pas prêt avant septembre 2016."

MERKEL APPELLE À NE PAS CONDAMNER TOUT LE SECTEUR

Jeudi, le président de la filiale américaine, Michael Horn, doit témoigner devant une commission du Congrès américain.

Une source proche du dossier a indiqué qu'un "certain degré de frayeur" régnait parmi les dirigeants du groupe avant cette audition.

Cette source a ajouté qu'il était trop tôt pour nommer des responsables de l'installation des logiciels sur certains moteurs diesel destinés à truquer les tests anti-pollution.

Selon une lettre publiée mercredi, des sénateurs influents de la commission des Finances du Sénat américain étudient d'éventuelles mesures concernant les crédits d'impôts accordés par l'Etat fédéral aux consommateurs ayant investi dans des voitures prétendues "propres".

En Allemagne, Stephan Weil, le Premier ministre du Land de Basse-Saxe, qui est le deuxième actionnaire de Volkswagen, a rejeté les critiques mettant en cause la lenteur des réactions du groupe face au scandale.

"L'enquête est en réalité menée à vive allure. Nous ne faisons pas les choses selon les normes allemandes, nous les faisons selon les normes américaines", a-t-il dit, ajoutant que le cabinet américain Jones Day avait également engagé une enquête externe sur la manipulation des tests anti-pollution.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a quant à elle déclaré devant le Parlement européen qu'elle pensait que Volkswagen faisait de son mieux pour résoudre les problèmes et elle a appelé un responsable du parti des Verts à ne pas en profiter pour condamner la totalité de l'industrie automobile.

"Cela met en péril des milliers et des milliers d'emplois européens", a-t-elle dit.

Le scandale a effacé plus du tiers de la capitalisation de VW, obligé son président du directoire à démissionner et poussé son nouveau patron à évoquer la possibilité de réductions d'emplois "massives".

Les analystes du cabinet d'étude Equinet estiment que le coût de la mise en conformité des véhicules touchés pourrait aller de moins de 100 euros par véhicule jusqu'à 10.000 euros, selon que VW devra simplement rectifier les logiciels ou procéder à d'importantes modifications du moteur.

UBS estime de son côté que le coût total du scandale, y compris les amendes et frais de justice, pourrait atteindre 35 milliards d'euros, tout en notant qu'il est déjà plus qu'intégré dans le cours de l'action à la suite de son récent plongeon.

(Juliette Rouillon et Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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