(BFM Bourse) - Nouveau rebondissement dans l'affaire SFR, qui fait l'objet d'une lutte acharnée opposant deux repreneurs potentiels. Alors que Vivendi, maison mère de l'opérateur mis en vente, a choisi Numericable pour entamer des négociations exclusives, Bouygues n'a pas rendu les armes.
Le géant du BTP a proposé hier d'augmenter la part en numéraire de son offre de 1,85 milliard d'euros pour la porter à 13,15 milliards d'euros, auxquels s’ajoutent 21,5% du capital du nouvel ensemble. Mais ce n'est pas tout.
Bouygues a aussi fait appel à trois nouveaux actionnaires, la Caisse des Dépôts et Consignations, la famille Pinault, et JCDecaux Holding, pour rentrer ou se renforcer au capital du nouvel ensemble. D’autres investisseurs pourraient également participer pour proposer à Vivendi l’acquisition du solde de sa participation résiduelle.
Une nouvelle offre à laquelle Vivendi reste pour l'heure insensible. Le Groupe a rappelé jeudi dans un bref communiqué que "le Conseil de surveillance a décidé le 14 mars dernier d’entrer en négociations exclusives avec Altice pour une période de trois semaines".
Artémis, le holding de François Pinault, investira 150 millions d'euros, JCDecaux injectera 100 millions et la Caisse 300 millions en cash, ce qui devrait porter sa participation à 3 ou 3,5% du capital après la mise en Bourse programmée du nouvel ensemble, croit savoir le quotidien "Les Echos".
Le projet d'Altice de plus en plus risqué
"Dans ce contexte, le projet d'Altice parait de plus en plus risqué d'un point de vue financier et politique", a commenté ce matin un analyste du CM-CIC. En effet, Numericable qui n'a pas modifié son offre propose à Vivendi 11,75 milliards d’euros et 32% de la nouvelle entité.
Toutefois, le courtier n'exclut pas une surenchère de Numericable "qui devrait, pour cela, augmenter d'autant le montant des augmentations de capital qui étaient prévues au niveau de Numericable et d'Altice". L'analyste suppose que Patrick Drahi, le patron d'Altice, "aurait alors besoin du soutien de Carlyle et Cinven ou de trouver d’autres partenaires financiers".
Par ailleurs, "le Conseil de Surveillance pourrait être sous la pression de Mediapart qui indique dans un article publié en début de semaine et repris sur un blog que sa décision n’a peut-être pas été aussi consensuelle que l’on rapporté les journalistes. L’article évoque de possibles conflits d’intérêts qui seraient de nature, le cas échéant, à rebattre les cartes", résume le CM-CIC.
"Possibles arrangements"
Mediapart fait également état de rumeurs récurrentes au sujet d’un plan de stock options qui devrait être mis en place dès la formation de la nouvelle entité SFR-Numericable. Selon les chiffres dévoilés par le site web d'information et d'opinion, le plan correspondrait à 1,35% du capital de la nouvelle entité, évaluée autour de 10 milliards d’euros.
Le management pourrait donc se partager autour de 135 millions d’euros. Jean-René Fourtou, qui a déjà amassé une fortune de plusieurs dizaines de millions d’euros à la tête d’Aventis (devenu Sanofi-Aventis) et de Vivendi, en serait un possible bénéficiaire, précise Mediapart. Interrogé par le journal en ligne, Vivendi "dément cette information, qui relève, selon lui, d’une campagne".
Mediapart évoque aussi de "possibles arrangements" entre la direction du groupe et Numéricable, pointant notamment le rôle d’Alexandre de Juniac, membre du Conseil de surveillance de Vivendi et PDG d’Air France-KLM.
Devant toutes ces rumeurs et ces soupçons, "les deux groupes trouveraient dangereux dans ce contexte d’attendre trois semaines". Selon Mediapart, "ils voudraient presser le pas pour rendre le rapprochement irréversible et aimeraient boucler le financement bancaire, préalable au choix définitif, d’ici deux à trois jours".
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