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Vinci : Eiffage, Vinci, ADP, Getlink… Bank of America déclasse tous les groupes français d'infrastructures en Bourse, les quatre actions souffrent

Aujourd'hui à 16:01
Vinci chute en Bourse

(BFM Bourse) - Dans une note sectorielle publiée ce mardi 13 décembre, la banque américaine a abaissé son conseil à "neutre" sur Eiffage et à "sous-performance", équivalent de "vendre" dans sa terminologie, sur ADP, Vinci et Getlink.

Bank of America envoie tout un secteur au tapis (ou presque) à la Bourse de Paris, ce mardi 13 janvier.

Eiffage (-3,8%), Vinci (-4,3%), ADP (-3,7%) et Getlink (-2,8%), soit les quatre grands exploitants d'infrastructures de la cote, souffrent tous, plombés par des abaissements de recommandations de la part de la banque américaine.

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Bank of America a révisé son conseil à "neutre" contre "acheter" pour Eiffage et a dégradé les trois autres titres à "sous-performance", équivalent de "vendre" dans sa terminologie.

L'établissement s'inquiète de l'alourdissement de la taxation en France de ces groupes d'infrastructures.

Les débats politiques au Parlement sur le projet de loi de Finances pour 2026 s'enlisent depuis plusieurs mois, même si l'exécutif espère parvenir à un texte d'ici à la fin de l'année.

Risque de taxation alourdie

Une deuxième surtaxe d'impôt sur les sociétés (après celle déjà acquittée en 2025) était initialement prévue dans le projet de loi initial du gouvernement.

Par ailleurs, la "taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance" risque d'augmenter.

Cette contribution avait été introduite dans la loi de Finances 2024 et concerne Eiffage et Vinci en tant que gérants des concessions autoroutières, ainsi qu'ADP en tant qu'exploitant des aéroports parisiens.

À l'heure actuelle, la taxe est prélevée sur les recettes d'exploitations au-delà d'un seuil de 120 millions d'euros. Le taux appliqué s'inscrit à 4,6%. Un amendement déposé par le PS au projet de loi de finances pour 2026, actuellement en discussions au Parlement, propose de porter ce taux à 10%.

Pour rappel, les autoroutes représentent une part importante de la rentabilité d'Eiffage et Vinci. Pour Eiffage, les concessions (ultra-dominées par les autoroutes) représentent 67% du résultat opérationnel courant, tandis que chez Vinci, elles pèsent pour un peu moins de 40% du résultat brut d'exploitation.

Au-delà de ces risques sur la fiscalité, Bank of America explique que les groupes d'infrastructures sont confronté à des perspectives de croissance "atones" en France et à de potentielles hausses de tarifs "limitées" pour leurs actifs.

Selon la banque, 50% du résultat net de Vinci est exposé à la France, tandis qu'Eiffage dérive 84% de son résultat opérationnel de l'Hexagone.

La fin des concessions autoroutières comme risque

Pour Vinci, l'établissement juge par ailleurs que l'ensemble des divisions de la société présentent des perspectives de croissance molles. La banque retient une progression de seulement 3,5% du résultat opérationnel de Vinci par an sur la période 2026-2027. Elle juge également que l'expiration des concessions autoroutières de la société (entre 2032 et 2036 pour les plus importantes) risque de préoccuper davantage les investisseurs.

Bank of America est également inquiète de l'expiration des concessions autoroutières d'Eiffage (fin 2035 pour APRR, la plus importante société concessionnaire de l'entreprise). La banque s'interroge sur la capacité du groupe à remplacer ces actifs dans son portefeuille.

Toutefois, l'établissement estime qu'Eiffage présente certains atouts. Par exemple, le groupe du CAC 40 reste la société d'infrastructure la plus exposée à l'Allemagne au sein de sa couverture et donc au plan de relance allemand. Environ 10,5% des revenus d'Eiffage sont réalisés dans ce pays. Par ailleurs la valorisation d'Eiffage demeure attrayante.

Pour ADP, Bank of America pointe les incertitudes liées au contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2027-2034. Ce document fixe le cadre général pour l'évolution des tarifs des redevances aéroportuaires et des investissements dans les aéroports parisiens.

Cet espèce de grand cahier des charges définit également la rentabilité des capitaux engagés par la société.

ADP a présenté ses propositions pour ce CRE en décembre dernier. Ces propositions doivent désormais être discutées avec les parties prenants (État, compagnies aériennes) et surtout avec le régulateur, l'Autorité de régulation des transports (ART).

Or l'ART a refusé, mi-décembre, d'homologuer la proposition de hausses de tarifs soumise par ADP pour la période allant de mars 2026 à février 2027.

Au vu du refus de l'autorité d'approuver ces hausses tarifaires pour 2026-2027, le marché redoute en conséquence une âpre bataille autour du CRE 2027-2034.

Quant à Getlink, Bank of America souligne que la macroéconomie britannique - comme la française donc - reste "peu inspirante". L'activité de l'exploitant du tunnel sous la Manche, notamment celle des navettes Eurotunnel pour les camions de marchandises, est très liée à la conjoncture britannique.

Getlink estime dans son document d'enregistrement universel que 65% de ses revenus dépendent "des conditions économiques et des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale, ainsi que des conditions géopolitiques".

En outre, Bank of America, table sur des prévisions de croissance ternes pour Eurotunnel, l'actif clé de Getink. La banque voit l'excédent brut d'exploitation de cette société progresser de seulement 1% à 2% par an sur la période 2025-2026.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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