(BFM Bourse) - La banque a relevé son conseil sur le groupe, passant à "acheter" contre "conserver". Jefferies juge que la société est bien parée pour résister à la faiblesse du marché chinois mais se montre prudente sur sa diversification vers les centres de données.
Valeo constitue un cas totalement singulier dans un secteur automobile en pleine morosité en Bourse. L'action de l'ex-pensionnaire du CAC 40 - il en est sorti en 2018 – bondit de 28% sur l'ensemble de 2026, alors que dans le même temps l'indice paneuropéen Stoxx Europe 600 Automobile and Parts plonge de 18%.
L'équipementier automobile présent dans de nombreux segments (éclairage, systèmes de propulsion, systèmes d'assistance à la conduite, de navigation de bord, solutions de gestion thermique) a surtout été aidé par sa coloration "IA".
Au printemps, la direction de la société a opéré une vaste campagne de communication pour sensibiliser le marché sur ses opportunités dans les centres de données, via notamment ses systèmes de refroidissement, ainsi que dans les systèmes de stockage électricité par batteries (BESS). Autrement dit, l'équipementier a présenté sa stratégie visant à conquérir des clients dans des marchés porteurs et surtout hors de l'automobile.
L'initiative a fait mouche sur le marché, et l'action Valeo a grimpé de plus de 24% en deux séances début juin.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
La meilleure "valeur IA" dans l'automobile
"Il est apparu clairement que les activités liées aux centres de données en sont encore à un stade précoce, mais que Valeo dispose de certaines compétences internes en électronique et en gestion thermique qui pourraient s'appliquer aux marchés des systèmes de stockage d'énergie par batterie (BESS) et des centres de données", expliquait Citi en juin. La banque prévenait toutefois que des commandes seraient nécessaires, faute de quoi l'action pourrait très vite retomber.
Dans une récente note, Berenberg jugeait que Valeo était tout simplement la meilleure valeur automobile en Europe pour jouer la thématique "IA/data center" en Bourse.
"Pour les équipementiers automobiles européens, les applications liées à l'IA et aux centres de données pourraient constituer le nouveau secteur vertical le plus prometteur en termes de croissance, Valeo étant particulièrement bien positionné dans le domaine de la gestion thermique", expliquait Berenberg.
Pour autant ce n'est pas pour ces opportunités que Jefferies a relevé son opinion sur l'action Valeo, ce mercredi 23 septembre. La banque est passée de "conserver" à "acheter" sur le titre, avec un objectif de cours relevé à 17,85 euros contre 13,20 euros. Cette nouvelle cible accorde un potentiel de près de 20% à l'action au cours actuel.
À la Bourse de Paris, Valeo bondit de 2,74%, signant l'une des plus fortes hausses du SBF 120, à la suite de ce changement de recommandation.
Jefferies se montre en réalité prudent sur les perspectives de Valeo dans les centres de données.
"Nous estimons qu'il faudra attendre des annonces concernant l'acquisition de nouveaux clients et la validation de son prototype de refroidissement des portes arrière en aluminium avant d'intégrer cet élément dans notre analyse, mais cela pourrait constituer des catalyseurs à court terme et offrir un potentiel de hausse intéressant des bénéfices à moyen terme", écrit la banque.
Les bons pare-chocs en Chine
"Toutefois, le début de la production en août de sa commande nord-américaine de systèmes de stockage d'énergie par batterie (BESS) d'une valeur de 225 millions de dollars représente une avancée notable vers une dynamique tangible hors secteur automobile", ajoute Jefferies.
Le changement de recommandation de Jefferies s'explique avant tout par la Chine, un marché automobile en souffrance, les immatriculations automobiles ayant encore plongé de près de 24% sur un an au mois d'août.
Jefferies pense que la Chine pèsera sur la rentabilité des équipementiers auto en 2027. "Si l'on considère le secteur dans son ensemble, nous estimons qu'un facteur défavorable sous-estimé réside dans l'impact de la répartition géographique (dans les revenus des groupes, NDLR) lié à la poursuite de la faiblesse de la Chine, étant donné que les marges y sont nettement plus élevées qu'en Europe et aux États-Unis", explique la banque.
"Le marché local reste très atone, la croissance étant soutenue par les exportations, même si la perspective d'un durcissement de la position de l'Union européenne à l'égard des importations de véhicules hybrides constitue un risque à cet égard", poursuit Jefferies.
Or l'établissement estime que Valeo est l'équipementier européen le mieux placé (après le suédois Autoliv) pour résister à cette tempête, grâce à ses récents contrats décrochés dans les technologies d'éclairage.
Plus largement, plus de 80% des prises de commandes de Valeo en Chine au premier semestre ont été remportées auprès de constructeurs chinois contre plus de 70% pour le français Forvia et 71% pour l'allemand Aumovio.
Ces prises de commandes font que le ratio "book-to-bill" (les commandes rapportées aux revenus) de Valeo atteint 5 chez les constructeurs chinois contre 3 pour Forvia et 2 pour Aumovio. Jefferies considère ainsi que sa position de marché en Chine reste la meilleure.
Recevez toutes les infos sur VALEO en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
