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Ubisoft entertain : La rentabilité d'Ubisoft bat des records mais le calendrier des sorties de jeux inquiète

jeudi 16 mai 2019 à 11h21
Ubisoft recule vivement en vue d'un exercice 2019-2020 attendu peu dynamique

(BFM Bourse) - L'éditeur français de jeux vidéos a réalisé en 2018-2019 un exercice de haute volée, remplissant l'essentiel de ses objectifs grâce à une nouvelle amélioration de sa rentabilité. Pour autant, le titre subit la plus forte chute du SRD jeudi matin car la progression s'annonce plus ardue pour l'exercice entamé en avril, avec le report d'un jeu important et une hausse des investissements.

Ubisoft Entertainment chute de 13,14% à 71,66 euros vers 09h40 jeudi matin, une des plus fortes sanctions jamais subies par le titre, au lendemain de l'annonce des résultats annuels de l'exercice 2018-2019 (clos fin mars), plutôt conformes aux attentes, et des perspectives pour 2019-2020, jugées quant à elles décevantes. Ce nouvel exercice s'ouvre en effet sur un fort recul des ventes, en raison d'un calendrier de lancements moins favorable, et un net ralentissement de la croissance est attendu, tandis que -comme nombre de ses concurrents internationaux- l'éditeur français prévoit d'accélérer ses investissements en vue du bouleversement de l'industrie du jeu vidéo au cours de la prochaine décennie.

En 2018-2019, performance record pour le créateur d'Assassin's Creed

Au cours de l'exercice écoulé, le groupe contrôlé par la famille Guillemot a enregistré un "net bookings" (une mesure des ventes nettes de certains revenus différés) de 2,028 milliards d'euros, en progression de 17,1% par rapport à 2017-2018 et en ligne avec l'objectifs qui était "d'environ" 2,05 milliards. Cette croissance a été portée par le digital, en hausse de 39% pour atteindre près de 1,4 milliard d'euros, soit 68% des ventes contre 58% au précédent exercice et un objectif "d'environ" 65%. Le net bookings du PRI -"player recurring investment", désignant les ventes d'articles virtuels destinés à personnaliser l'expérience des joueurs ou accélérer leur progression, les abonnements saisonniers, les extensions de jeux de base ainsi que la publicité in-game- a crû de 33,4% (désormais 31,7% du total, attendu à "environ 30%"). Autre moteur, le catalogue de jeux anciens (hors sorties de l'exercice) a progressé de 39%, le back catalogue représentant maintenant 56,5% du total, contre un objectif de "plus de 50%".

"Notre momentum a continué d’être soutenu par la qualité de nos jeux et de nos services live et par notre capacité à toucher un large public sur toujours plus de plateformes et de zones géographiques", a souligné le PDG Yves Guillemot.

Belle progression du résultat opérationnel

Comptablement, ces ventes se traduisent par un chiffre d’affaires de 1,845 milliard d'euros, sans comparable réel en 2017-2018 puisque le groupe a appliqué pour la première fois la norme IFRS15, laquelle conduit notamment à différer la comptabilisation d’une partie des revenus du jeu au-delà de la date de livraison initiale (pour les jeux de type "live services") ainsi que celle des revenus des contrats de licence et de distribution. Le groupe ayant opté pour la méthode du rattrapage cumulatif de cette nouvelle norme, le chiffre d’affaires de l’exercice précédent n’a en effet pas été retraité.

Le résultat opérationnel avant IFRS enregistre une progression de 48,6% à 446 millions d'euros, soit 22% du net bookings, contre 17,3% en 2017-2018, et un peu au-delà de l'objectif d'environ 440 millions

En tenant compte de la nouvelle norme, le résultat opérationnel ressort à 159 millions d'euros. Quant au bénéfice net, il représente 333,5 millions d'euros (contre 220,6 millions en 2017-2018) hors IFRS, et 100 millions d'euros avec l'IFRS15.

De façon plus parlante, la trésorerie provenant des activités opérationnelles s'est élevée à 384,7 millions d'euros, à comparer à 169,9 millions au précédent exercice, ce qui a contribué à une diminution de l'endettement net (seulement 293,8 millions d'euros à fin mars).

En 2019-2020, ralentissement des ventes à prévoir

L'éditeur de Far Cry et Ghost Recon anticipe pour l’exercice en cours un net bookings d’environ 2,185 milliards d'euros et un résultat opérationnel non-IFRS d’environ 480 millions d'euros. Des objectifs qui vont encore au-delà du plan stratégique lancé en 2016, lequel visait à atteindre à cet horizon 2,1 milliards d'euros de revenus et 440 millions d'euros de résultat opérationnel (non-IFRS), mais qui impliquent un ralentissement de la croissance par rapport à celle enregistrée au dernier exercice. La hausse du net bookings comme celle du résultat opérationnel (toujours non-IFRS) devraient ainsi se limiter à un peu plus de 7%, et par là même une stagnation de la marge alors même que le segment digital, plus rémunérateur, devrait encore grimper pour atteindre plus de 70%.

Cette modération s'explique notamment par le calendrier des sorties, qui comptera quatre titres à gros budget (dits AAA) dont Ghost Recon Breakpoint et trois autres, positionnés sur le quatrième trimestre -un facteur de risque sur les prévisions en cas de retard- et qui seront dévoilés ultérieurement. En revanche, le très attendu Skull & Bones est, quant à lui, reporté au-delà de l’exercice 2019-2020.

Les premières indications pour le trimestre en cours font par ailleurs état d'une baisse de 29% environ du net bookings à seulement 270 millions d'euros, à comparer à un premier trimestre 2018-2019 qui avait bénéficié du lancement de Far Cry 5 et de celui de The Crew 2.

Accélération des investissements en vue

Aux yeux d'Yves Guillemot, "L’industrie du jeu vidéo est à l’aube d’une profonde transformation, qui devrait nous permettre, sur les dix prochaines années, de toucher 5 milliards de joueurs avec la disparition des barrières entre les plateformes et entre les zones géographiques. Ces grandes évolutions seront notamment portées par le succès grandissant des franchises [historiquement sur] consoles et PC [désormais] sur mobile et par l’avènement du cloud gaming. Ce dernier bénéficiera, entre autres, de l’attrait de l’offre multi-écrans et de la création de nouvelles expériences remarquables avec l’accès à des capacités technologiques sans précédent". Dans ce cadre, de plus en plus de plateformes sont en compétition pour obtenir du contenu de qualité et l’accès à des communautés de joueurs engagées, un contexte où "Ubisoft est idéalement positionnée".

"Nous construisons notre organisation de manière durable tout en gardant notre agilité. Nous nous efforçons de développer une culture d’entreprise forte afin d’attirer les meilleurs talents. Nous détenons l’ensemble de nos marques clés, ce qui nous offre une excellente visibilité. Grâce à notre large réseau mondial de studios et notre approche collaborative, nous bénéficions d’une capacité de production inégalée et livrons du contenu de qualité à une cadence soutenue. Nous avons développé au cours des dernières années une relation privilégiée avec nos communautés. Celles-ci, très engagées et en expansion constante, sont au coeur de la valeur de nos jeux. Enfin, avec Uplay, nous disposons aujourd’hui d’une plateforme de service en ligne et de distribution très performante et en forte croissance, nous permettant d’inscrire cette relation privilégiée dans la durée", a souligné le dirigeant.

"Face aux nombreuses opportunités de création de valeur qui s’ouvrent à nous dans les prochaines années, nous accélérons nos investissements dans nos équipes et nos studios afin de soutenir la croissance du groupe et de continuer de faire progresser notre rentabilité sur les prochaines années", a conclut Yves Guillemot.

Midcap Partners revoit ses objectifs à la baisse

Si dans l'ensemble, le constat est donc très positif pour le groupe, constate Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners, la volonté affichée d'accroître les investisseurs -pour produire des jeux plus importants avec toujours davantage de contenus post-lancement mais aussi pour se préparer à l'arrivée du cloud gaming- devrait peser sur le potentiel de croissance de la marge dans l'immédiat.

Ce facteur, conjugué à des perspectives commerciales d'un moindre dynamisme, amène le spécialiste à ramener son conseil d'achat à neutre, en ce visant plus que 90 euros (au lieu de 98 euros) par action.

"Les fondamentaux très positifs du groupe sont inchangés", rassure pour autant Midcap Partners, pariant d'ores et déjà qu'au delà de l'exercice en cours, celui de 2020-2021 sera à nouveau un exercice de forte croissance et rentabilité.

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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