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Tf1 : Pourquoi l'échec du mariage entre TF1 et M6 ne surprend pas la Bourse

lundi 19 septembre 2022 à 12h19
M6 et TF1 ne convoleront pas en noces

(BFM Bourse) - Les titres des deux groupes de médias audiovisuels reculent sur la place parisienne ce lundi en réaction à l’annonce de la fin de leur projet de rapprochement. Mais le marché avait très largement anticipé cette issue et n’avait jamais totalement crû à la réalisation de ce mariage.

Les fiançailles rompues vendredi soir entre TF1 et M6 ne font pas franchement tiquer le marché. Les titres des deux groupes de médias reculent lundi à la Bourse de Paris sans s’effondrer pour autant.

L’action TF1 cède ainsi 3,9% à 6,18 euros tandis que le titre Métropole TV (M6) perd 3,8% à 12,63 euros vers 12h. "Les actions reculent un peu, intégrant l’officialisation de l’échec de la fusion mais les investisseurs l’avaient largement anticipée. Et de manière générale, le marché n’a jamais totalement crû à cette union, faisant preuve de prudence", explique un intermédiaire financier.

"Le marché attribuait une probabilité très faible au succès de la transaction, probablement inférieure à 10%" explique de son côté Christophe Cherblanc, Responsable de la Recherche Action - Secteur Médias chez Société Générale CIB.

"Les investisseurs ont dès le début de l’annonce été prudents vis-à-vis de l’opération se rendant bien compte que les deux groupes possèdent autour de 75% de parts de marché dans la publicité télévisuelle. La seule chose qui pouvait sauver le 'deal' était une redéfinition des fameux marchés pertinents de la part de l’Autorité de la concurrence pour élargir son analyse à la publicité en ligne. Ce qui ne s’est pas produit", développe-t-il.

Des synergies menacées

"Si cette annonce constitue une mauvaise nouvelle, elle était pour partie déjà intégrée après la remise fin juillet du rapport des services d’instruction de l’Autorité de la Concurrence qui soulevait ‘des problèmes significatifs de concurrence’", abonde encore Invest Securities.

L'abandon du mariage valait certainement mieux pour les deux groupes, au vu des réserves émises par l’Autorité de la concurrence face à un groupe fusionné qui aurait donc représenté environ 75% du marché publicitaire télévisuel.

Le gendarme français de la concurrence n’aurait donné son feu vert à cette union que dans le cas où la nouvelle entité aurait accepté de céder au moins l’une de ses deux chaînes phares, à savoir TF1 ou M6. Ce qui aurait vidé de son sens ce rapprochement et les synergies potentielles, qui avaient été évaluée entre 250 millions et 350 millions d’euros par an, dans les trois ans suivant l’union. Les deux groupes ont d’ailleurs conclu dans leur communiqué commun publié vendredi soir qu’un tel projet "ne présentait aucune logique industrielle".

Gilles Pélisson, le PDG de TF1, avait prévenu fin juillet qu’il valait mieux se réveiller avant que le rêve ne transforme "en cauchemar".

Les prétendants pour M6 doivent se dépêcher

Désormais les deux ex-fiancés se doivent de faire cavalier seul. Leur avenir dans l’immédiat reste un peu flou. Le groupe de BTP et de télécoms Bouygues, qui détient environ 44% du capital de TF1 avait indiqué dès le début de cette année qu’il disposait d’un "plan B" pour sa filiale audiovisuelle dans le cas où ce rapprochement ne se concrétiserait pas. Mais aucun détail n’a été donné.

Contacté par BFM Bourse, Bouygues n’a pas souhaité faire davantage de commentaires. Il s’agira dans tous les cas de permettre à TF1 de réinventer son modèle économique pour faire face à la montée en puissance de la télévision délinéarisée, terme qui regroupe le replay, la SVOD, ou les plateformes de streaming. "TF1 devrait continuer à se développer dans la production ainsi que dans les solutions digitales", juge l’intermédiaire financier précédemment cité.

Pour M6 la question d’un potentiel nouvel acquéreur se pose. L’allemand Bertelsmann, propriétaire de RTL Group, qui détient lui-même plus de 48% du groupe dirigé par Nicolas de Tavernost, avait mis en vente la sixième chaîne en vente début 2021, attirant de nombreux prétendants parmi lesquels, outre Bouygues, le milliardaire tchèque Daniel Kretinksy, le fondateur d’Iliad Xavier Niel, ou encore le groupe de médias italiens Mediaset, selon plusieurs médias. Arthur Dreyfuss, PDG d'Altice France et d'Altice Media (propriétaire de BFM TV et de BFM Bourse) avait lui expliqué en 2021 aux Echos que la réglementation française n'incitait pas à son groupe à être acheteur sur un dossier comme M6.

Mais l’horloge tourne et les espoirs d’un rapprochement pourraient très vite s’envoler. M6 doit voir sa licence de diffusion renouvelée en mai prochain et devra d’ailleurs soumettre un dossier dans cette optique dès le début de l’année prochaine. Passée cette échéance de mai 2023, tout nouveau changement de contrôle sera impossible pendant cinq ans. Il ne reste donc que quelques mois pour trouver un autre repreneur et valider l’opération. "Ce délai paraît franchement trop court", juge l’intermédiaire financier anonyme déjà cité.

"Le délai est effectivement assez court et met ainsi RTL Group dans une position peu confortable si il souhaite céder rapidement. D’autant que l’environnement macroéconomique a depuis changé", estime de son côté Christophe Cherblanc.

Dans tous les cas "TF1 et M6 devront comme tous les groupes européens de médias continuer à développer des offres alternatives dans la vidéo", poursuit l'expert. "Les deux sociétés devront également continuer de bien effectuer leur travail dans la publicité linéaire. Les résultats financiers de 2021 des deux chaînes étaient ainsi très bons. Ce, même si cette stratégie défensive reste, aux yeux du marché, moins emballante qu’une fusion", conclut Christophe Cherblanc.

Julien Marion - ©2022 BFM Bourse
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