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TESLA INC.

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Tesla inc. : Le nouveau coup de billard magistral d'Elon Musk

lundi 8 novembre 2021 à 12h19
Elon Musk, le fondateur de Tesla

(BFM Bourse) - D'un seul geste, le fondateur de Tesla envoie une pierre dans le jardin des Démocrates qui souhaitent durcir la fiscalité sur les actions pour les plus aisés, obtient une forme de caution pour procéder à une vente de titres (de toute façon inéluctable), et adresse un pied-de-nez à ses critiques habituels. Décryptage d'un master-trolling.

Une nouvelle fois, Elon Musk démontre combien il est passé maître de l'utilisation des réseaux sociaux pour promouvoir ses idées et ses projets, tout en servant au passage ses intérêts. Samedi, le fondateur de Tesla a soumis au vote de ses 62,5 millions d'abonnés sur Twitter le projet de vendre 10% de ses parts dans le groupe automobile - soit environ 17 millions d'actions, un bloc pesant plus de 20 milliards de dollars au dernier cours de clôture.

Plus de 3,5 millions d'entre eux ont répondu au sondage du dirigeant, et une nette majorité (57%) est apparue en faveur de la vente. Ne reste plus à Elon Musk et ses conseils qu'à définir les modalités pratiques d'une telle opération, qui n'est du reste pas de taille à déstabiliser durablement le marché du titre. Le volume de titres en question ne représente au bout du compte qu'environ 1,8% du nombre total d'actions Tesla, soit un peu moins du montant habituel qui s'échange au cours d'une séance ordinaire (échelonner les ventes sur quelques séances suffirait donc à limiter le déséquilibre du carnet d'ordres).

L'appel à une communauté qu'il sait par définition plutôt acquise à sa cause permet à Elon Musk de faire d'une pierre plusieurs coups. Tout d'abord, cela lui permet de prendre l'initiative face au débat grandissant sur l'opportunité de taxer les plus-values latentes des "super riches" aux Etats-Unis. Tant qu'un milliardaire ne vend pas d'actions, il n'est pas imposable sur l'augmentation de la valeur des titres qu'il détient, mais beaucoup profitent de la hausse de leur patrimoine pour alimenter leur train de vie (en empruntant auprès des banques des sommes gagées sur leurs titres ; tant que le cours monte ce mécanisme fonctionne indéfiniment). À gauche, certains considèrent donc que les plus-values latentes devraient donc être taxées, car elles permettent bien aux détenteurs de dégager d'importants revenus.

Un cours au plus haut

"On en fait beaucoup dernièrement autour des plus-values latentes qui constitueraient un moyen d'éviter l'impôt, alors je propose de vendre 10% de ma détention dans Tesla. Soutenez-vous cela?", interrogeait ainsi Elon Musk dans un tweet. Autrement dit, si les plus-values latentes viennent à être taxées, vous allez voir se multiplier les cessions de titres : le risque est alors de voir le marché baisser et d'affecter différentes parties prenantes (sachant que les ménages américains sont beaucoup plus exposés aux actions qu'en Europe).

Histoire de bien faire comprendre que son initiative est liée aux réflexions actuelles de l'administration Biden, Elon Musk a glissé une allusion à l'actuel Président : "I will abide by the results of this poll, whichever way it goes" et "*abide(n)" [Je me conformerai au résultat du sondage, quel qu'il soit, avec un jeu de mot sur Abide/Biden].

Mais tout en donnant à son projet de vente de 10% de ses parts l'allure d'un quasi-manifeste politique, Elon Musk justifie par ce sondage une opération qui était de toute façon pratiquement inéluctable, à un niveau particulièrement avantageux puisque le cours a encore grimpé de plus de 73% depuis le début de l'année, atteignant en fin de semaine dernière un nouveau record.

15 milliards de dollars de taxes à venir

Comme il le reconnaît lui-même, Elon Musk ne perçoit de Tesla ni salaire ni bonus en cash, et la seule façon pour lui d'acquitter ses obligations fiscales est de vendre des titres. Or, il va bientôt devoir régler une importante taxe sur la plus-value réalisée dans le cadre de stock-options qui lui ont été attribuées en 2012. Ce plan lui permet d'acquérir, d'ici à août prochain, 22,8 millions d'actions Tesla au prix de 6,24 dollars seulement par action, générant une plus-value immédiate colossale (l'action en valait 1222 dollars vendredi, les taxes s'appliquant dès l'exercice des options, que les actions obtenues soient ou non vendues dans la foulée).

Sauf à renoncer complètement à ces actions en laissant les options expirer, il sera donc taxé à 54,1% de la plus-value entre le prix de marché et le prix d'exercice, calcule CNBC, soit au cours actuel un total de 15 milliards de dollars à verser au Trésor américain.

Il y a quelques semaines, Elon Musk avait explicitement mentionné l'arrivée prochaine à échéance d'un "gros paquet d'options" qu'il lui faudrait exercer sous peine d'expiration.

"Elon Musk prouve encore une fois qu'il est un excellent communicant en soumettant au vote la cession de 10% de ses parts dans Tesla pour "payer plus d'impôts". Une opportunité évidente pour lui de matérialiser une partie de ses bénéfices", observe Benjamin Sacchet, directeur associé d'Avant-Garde Investment, un gérant de fortune français. "Le vote étant positif, la communauté financière sera probablement rassurée en se disant que la majorité a approuvé cette cession et que le marché ne devrait pas sanctionner outre mesure cette annonce comme cela aurait probablement été le cas sans cette approche". De fait, à quelques heures de l'ouverture de Wall Street, l'action Tesla n'affichait qu'un repli de l'ordre de 5% dans les échanges hors marché, une décote d'ampleur banale face à la perspective d'un reclassement d'un bloc de cette taille.

Enfin, le fondateur de Tesla et de SpaceX s'offre le plaisir de voir une nouvelle fois enrager ses adversaires : vendeurs à découvert, politiques trop tièdes à son goût, homologues de la tech moins culottés que lui, et universitaires pontifiants.

"Elon Musk n'est qu'un troll de Twitter, qui se trouve aussi être la personne la plus riche du monde", s'étrangle l'économiste Robert Reich, professeur à Berkeley, qui fut secrétaire au Travail sous Clinton. "Taxez les riches", conclut-il, tandis qu'Elon Musk s'ingénie à préempter ce slogan.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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