(BFM Bourse) - Pénalisé par la faiblesse persistante de la consommation en France, le propriétaire de Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac a vu ses ventes reculer au troisième trimestre.
Fin juillet, SMCP avait publié des résultats semestriels solides, supérieurs aux attentes du marché. Le groupe de prêt-à-porter, propriétaire des marques Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac, avait bénéficié de la bonne tenue de ses activités hors de France ainsi que de la poursuite de ses mesures opérationnelles. Celles-ci avaient permis d’améliorer les marges malgré un environnement de consommation incertain.
Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe avait progressé de 2% en données organiques, à 310 millions d’euros, après un recul de 0,8% au premier trimestre. Cette publication avait été bien accueillie en Bourse, où l’action avait bondi de 19,6%.
TP ICAP Midcap avait alors qualifié cette série de résultats de "bonne surprise", la jugeant "encourageante pour le second semestre". Pour l'heure, le début du second semestre ne se présente guère bien pour le spécialiste du luxe accessible.
SMCP connaît un sérieux coup d’arrêt
Après son embellie du deuxième trimestre, SMCP a enregistré des ventes en retrait durant l’été. Au troisième trimestre, le groupe français a réalisé un chiffre d’affaires de 291,4 millions d’euros, en baisse de 1% sur un an en données publiées. À périmètre comparable, le recul atteint 2%.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires s’établit à 888 millions d’euros, soit une baisse de 0,8% en données publiées. En données organiques, l’activité demeure quasiment stable, avec un léger repli de 0,2% par rapport à 2025.
Dans le détail, la région Amériques reste le principal moteur du groupe. Elle affiche la meilleure performance du trimestre, avec une progression des ventes de 4,3% en données comparables sur un an.
"Au troisième trimestre, la croissance a été portée par une forte progression des ventes à périmètre comparable aux États-Unis, bénéficiant d’un trafic soutenu en magasin et de la poursuite de la dynamique digitale, malgré l’impact des fermetures des corners Saks. Le Canada a également poursuivi sa trajectoire positive", souligne la société.
Dans la région Europe-Moyen-Orient-Afrique (hors France), les ventes de la maison mère de Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac ont progressé de 2,5% en données comparables au troisième trimestre.
SMCP fait état d’une croissance solide dans cette zone, avec des performances positives à périmètre comparable sur plusieurs marchés, notamment en Italie, en Espagne et au Benelux. Cette progression intervient malgré un ralentissement de la consommation et une base de comparaison particulièrement exigeante, les ventes ayant augmenté de 7% au troisième trimestre 2025.
En Asie-Pacifique, le chiffre d’affaires est en revanche reparti à la baisse, reculant de 3,3% en données publiées. La bonne dynamique observée à Hong Kong, Taïwan, Macao et Singapour n’a que partiellement compensé la dégradation de l’environnement de consommation en Chine continentale, qui a pesé sur l’activité.
La France pèse lourdement sur les performances
La situation est nettement plus difficile en France, où les ventes ont chuté de 9,7% en données comparables au troisième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l’année, le recul atteint 10,4%.
SMCP évoque une nouvelle dégradation de l’environnement de consommation durant le trimestre. Le groupe a également souffert de la fermeture de ses points de vente au BHV, à Paris comme en région.
"En France, notre activité est pénalisée au troisième trimestre par une consommation atone, liée notamment à des conditions climatiques anormales", explique Isabelle Guichot, directrice générale de SMCP, dans un communiqué.
La dirigeante espère toutefois que ces "effets de périmètre défavorables s’atténueront au quatrième trimestre".
Du côté des marques, les ventes de Sandro sont restées stables en données comparables au troisième trimestre, tandis que celles de Maje ont reculé de 2,4%. Claudie Pierlot et Fursac affichent des performances plus préoccupantes, avec une baisse cumulée de 9,6%.
Les objectifs annuels sont maintenus
Malgré ce ralentissement, SMCP a confirmé ses objectifs pour 2026, selon l’AFP. Le groupe vise toujours une marge opérationnelle courante de 10% au second semestre ainsi qu’un flux de trésorerie disponible supérieur à 50 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice.
Ces ambitions restent toutefois conditionnées à "l'absence de dégradation significative des conditions de marché en France".
En Bourse, les investisseurs sanctionnent lourdement cette publication. L’action SMCP chute de 15,5% ce jeudi 22 octobre, vers 14h40. Pour l'heure, le titre accuse son plus lourd repli en séance depuis le 19 septembre 2023. Ce jour-là, le titre avait plongé de 29,1% après un avertissement sur résultats et l’abaissement des prévisions annuelles du groupe.
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