(BFM Bourse) - Plusieurs analystes ont publié leurs notes préliminaires aux résultats semestriels de la société avec des opinions globalement très favorables. Deutsche Bank et Barclays pensent notamment que l'entreprise va rehausser ses cibles pour l'exercice 2026.
La saison des résultats semestriels se rapproche à grand pas pour le CAC 40, et devrait d'ailleurs débuter dans moins d'un mois.
Parmi les grands noms à suivre figure Schneider Electric. Le spécialiste des équipements électriques est la deuxième pondération du CAC 40, derrière Totalenergies (7,57% contre 9,52% pour la major pétrolière). Cela veut tout simplement dire que Schneider Electric est la deuxième société qui a le plus de poids dans le calcul de l'indice. En supposant que les 39 autres valeurs soient stables, si son action prend 5%, alors que le CAC 40 gagne 0,39%.
La société livrera son activité du deuxième trimestre et ses résultats du premier semestre le 30 juillet prochain.
Cette publication survient alors que le titre s'est bien comporté cette année, l'action prenant 17,1% depuis le 1er janvier, surperformant largement le CAC 40 (+2,8% sur la même période).
Ce, malgré la déception du premier trimestre. Schneider Electric avait alors livré une croissance de 7,4% en données comparables, nettement moins que les attentes logées à 8,9%, en raison d'une contre-performance dans l'"Europe de l'Ouest", zone plombée par la faiblesse du bâtiment résidentiel.
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Une publication critique
L'entrain du marché autour de la thématique de l'intelligence artificielle (IA) a porté le groupe. Schneider Electric y est exposé via les nombreux produits d'efficacité énergétique (onduleurs, suites logicielles, systèmes de refroidissement…) que la société commercialise à destination des centres de données des "hyperscalers" (Amazon, Oracle, Alphabet, Microsoft, etc…).
La publication des résultats du premier semestre revêt un caractère critique pour l'entreprise. Barclays va jusqu'à affirmer qu'il s'agit "de l'un des plus importants trimestres pour l''equity story' (l'histoire qu'une société raconte au marché pour le séduire, NDLR), de ces derniers temps".
Plusieurs notes d'analystes "preview" de ces résultats semestriels ont été publiées, ces derniers jours. Globalement, l'optimisme est de rigueur.
Citi rapporte que la direction a tenu une réunion vendredi. Le groupe a donné des indications que la banque juge "encourageantes" sur ses marges, expliquant être aligné avec le consensus (la prévision moyenne des analystes). Les hausses de prix passées en janvier dernier devraient par ailleurs être visibles dans le compte de résultat à compter du deuxième trimestre, rapporte Citi.
UBS, pour sa part est ressorti convaincue de cette conférence. "Nous estimons que les tendances de croissance restent intactes dans tous les secteurs, avec notamment, comme prévu, une forte dynamique dans les centres de données et les services publics, mais aussi la confirmation encourageante d'une reprise continue dans l'automatisation discrète, en particulier en Chine, et une amélioration persistante des commandes dans le secteur des industries de procédés continus (des industries qui transforment des matières premières en produits finis, NDLR), ce qui est de bon augure pour le second semestre", développe la banque suisse.
Vers un relèvement des objectifs de croissance
UBS estime que les attentes de croissance des analystes pour le deuxième trimestre, à savoir 10%, restent "intactes". Comme Citi, l'établissement suisse note le message de la direction sur la hausse des prix et les marges. La marge brute du premier semestre devrait être stable ou en léger retrait, mais la banque helvétique anticipe plutôt des marges stables.
"Nous considérons que le message de consolidation concernant la réalisation des marges ainsi que le renforcement de la transparence dans la communication constituent des étapes clés pour rétablir la confiance des investisseurs dans le projet d'investissement de Schneider (axé sur une croissance en données comparables entre 7% et plus de 10%)", tranche UBS.
Deutsche Bank pense que l'entreprise relèvera son objectif de croissance en données comparables, passant d'une fourchette située entre 7% et 10% à un intervalle compris entre 8% et 11%. La banque allemande s'attend à ce que la cible de marge soit maintenue, c'est-à-dire une hausse en données comparables de 0,5 point à 0,8 point de pourcentage de la marge opérationnelle ajustée.
Deutsche Bank écrit au passage que la direction a prévenu que la dynamique "prix/coût" serait favorable au second semestre.
Barclays voit cette publication comme un catalyseur pour le titre, attendant ce que l'on appelle un "beat and raise", lorsque société dépasse les attentes et relève ses objectifs.
"Ne vous y trompez, cela sera un grand moment pour Schneider", juge la banque britannique. "Face à la multitude de choix qui s'offrent aux investisseurs dans les grands thèmes d'actualité (électrification, infrastructures d'IA), les actions doivent de plus en plus se démarquer par d'autres atouts pour surperformer", rappelle l'établissement.
Barclays attend une croissance en données comparables de 12% au deuxième trimestre contre 10% pour le consensus, en raison notamment d'une bonne performance dans les pays émergents.
"Nous estimons que le marché sous-estime l'ampleur des opportunités qui s'offrent à Schneider dans le secteur des centres de données en Chine. Le 9 juin, Bloomberg a rapporté que la Chine s'apprêtait à consacrer environ 2 000 milliards de yuans (environ 300 milliards de dollars) au cours des cinq prochaines années à la construction de centres de données sur son territoire", prévient Barclays.
Restaurer la confiance
"Nous jugeons que Schneider Electric est le mieux placé pour tirer parti de cette opportunité, grâce à sa position de leader sur le marché des centres de données, associée à une chaîne d'approvisionnement locale, et au fait que l'entreprise réalise déjà 13% de son chiffre d'affaires dans ce secteur en Chine et en Asie de l'Est", développe la banque britannique.
L'établissement rappelle que Schneider Electric a besoin de retrouver la confiance des investisseurs.
"Les une ou deux dernières années ont été loin d’être exceptionnelles, marquées par des erreurs opérationnelles (stratégie de tarification peu convaincante, absence de levier opérationnel), un remaniement en profondeur de la direction (directeur général, directeur financier) et, parfois, une allocation de capital qui a suscité des interrogations (acquisition du solde du capital de la coentreprise en Inde)", avance Barclays.
"Mais nous pensons que le cap a désormais été franchi : nous nous attendons à ce que le premier semestre montre que les prix évoluent de manière à permettre le retour, cette année, à une marge brute leader du secteur, et à ce que les mesures prises en matière de coûts ouvrent la voie à un meilleur effet de levier opérationnel", poursuit l'établissement.
Si ces anticipations se matérialisent, la banque pense que Schneider Electric bénéficierait d'une appréciation de ses multiples boursiers, car la confiance dans la dynamique de ses résultats serait alors restaurée.
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