Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

RENAULT

RNO - FR0000131906 SRD PEA PEA-PME
34.815 € +1.86 % Temps réel Euronext Paris

Renault : Quelle forme peut prendre une alliance renault-daimler ?

mardi 16 mars 2010 à 18h44
Quelle forme peut prendre une alliance renault-daimler ?

PARIS (Reuters) - Renault et Daimler ont gagné du terrain en Bourse mardi sur des informations selon lesquelles les deux constructeurs seraient prêts à aller jusqu'à un échange de participations.

Les discussions entre l'alliance Renault-Nissan et le propriétaire de Mercedes peuvent toujours déboucher sur plusieurs scénarios, et un rapprochement entre les trois groupes, s'il se confirmait, prendre une forme plus ou moins élaborée.

UNE COOPÉRATION SUR DES COMPOSANTS

Le trio peut partager des technologies, des investissements et développer en commun par exemple des moteurs, comme le font déjà Renault et Nissan, ou PSA et BMW.

De telles coopérations permettent d'économiser sur les coûts de recherche et développement - particulièrement élevés pour une motorisation longue à développer et stratégique en cette période de chasse aux émissions de CO2 - et de réduire les coûts d'approvisionnement via des achats groupés.

Depuis la création de leur alliance en 1999, Renault et Nissan ont une longue expérience en la matière, mais tous deux pourraient également tirer parti de l'expertise des ingénieurs du motoriste allemand.

UNE COOPÉRATION SUR DES PLATEFORMES

C'est le stade plus avancé du partenariat, qui consiste à développer et à produire des véhicules entiers basés sur une plateforme commune.

Renault et Nissan ont actuellement deux plateformes de ce type: Logan d'une part, Micra en Inde d'autre part, et ne comptent pas en rester là. PSA et Toyota ont fait de même avec la 107, la C1 et l'Aygo, produites dans la même usine.

Ce type de coopération permet des synergies plus poussées et d'accéder rapidement à de nouveaux marchés. Daimler pourrait notamment profiter de l'expérience de Renault pour ses Smart, Classe A et Classe B, et des débouchés géographiques de Nissan.

"Renault est un bon spécialiste des petites voitures - ils ont une bonne technologie avec des prix intéressants", commente Philippe Barrier, analyste à la Société générale. "C'est un partenaire intéressant - ça fait des mois qu'on en entend parler - ils ont d'autres discussions bien sûr, mais j'imagine que ça devrait être ça."

"La division Smart produit seulement un peu plus de 100.000 voitures par an", ajoute Tim Urquhart, analyste chez IHS Global Insight. "C'est un volume insuffisant pour être rentable."

Le groupe allemand pourrait aussi profiter de la force de frappe que Renault et Nissan sont en train de constituer dans le véhicule électrique, emboîtant ainsi le pas à PSA qui commercialisera fin 2010 la C-zéro et la iOn basées sur l'iMiev de son partenaire japonais Mitsubishi.

Renault et Nissan, quant à eux, pourraient encore gagner en économies d'échelle, actuellement l'un des thèmes majeurs du secteur, améliorer leur accès au marché allemand, premier d'Europe, voire profiter de l'image du groupe de Stuttgart dans les berlines premium en se rapprochant de Mercedes.

UNE ALLIANCE EN CAPITAL

C'est l'étape au-dessus, avec des participations croisées pour renforcer l'implication de chaque partenaire dans la stratégie commune de l'alliance et concevoir des projets à plus long terme.

Renault détient actuellement 44% de Nissan, et Nissan 15% de Renault. Le Financial Times écrit mardi que Renault-Nissan et Daimler pourraient chacun prendre une part inférieure à 10% l'un dans l'autre.

Il reste à s'entendre sur les termes financiers, l'un des obstacles qui a empêché au début du mois PSA et Mitsubishi de donner un aspect capitalistique à leur partenariat.

L'écart entre la valorisation de Renault et Daimler constitue là encore un problème. Le groupe allemand pèse 37 milliards d'euros en bourse, contre 9,7 milliard pour Renault. Si Daimler peut donc aisément s'offrir une participation dans Renault-Nissan, le différentiel est nettement moins favorable au constructeur français.

"La logique industrielle d'un rapprochement ne fait aucun doute, s'il y a échange de participations, celles-ci seront de taille relativement petite", résume Tim Urquhart. "Pour ce qui est de savoir si Daimler deviendra un membre à part entière de l'alliance, je suis beaucoup plus sceptique."

L'INCONNUE DES UTILITAIRES

Certains observateurs voient dans une cession des 20% que Renault détient dans Volvo un moyen de financer une telle opération, sans affecter une dette que le constructeur au losange entend encore réduire. Le groupe français se retrouverait au passage exposé à nouveau au marché des poids lourds, très affecté par le ralentissement économique, un segment où Daimler et Volvo sont respectivement numéros un et deux mondiaux.

Dans les utilitaires légers, PSA travaille aujourd'hui avec Fiat, Daimler avec Volkswagen et Renault avec Opel.

UNE FUSION

C'est l'étape ultime, mais Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, a déjà prévenu qu'il n'y croyait pas.

"Dans le secteur automobile, je ne crois pas au rachat d'une entreprise A par une entreprise B essayant de transformer le tout en une entreprise C", a-t-il déclaré au salon de l'automobile de Genève au début du mois. "Il y a des identités de marques, des cultures qu'il est très difficile d'effacer."

"Je crois davantage aux alliances, aux partenariats, l'histoire du secteur montre que quasiment aucune fusion n'a survécu, quand vous regardez Jaguar, Volvo, qui se retrouvent remis en vente, ce sont les premiers actifs à revenir sur le marché à chaque fois qu'il y a des difficultés."

Carlos Ghosn aurait très bien pu citer aussi le cas de Daimler et de Chrysler. Les deux groupes se sont séparés en 2007 après presque dix ans d'une fusion qui n'aura jamais porté ses fruits.

Helen Massy-Beresford, avec Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2010 Thomson Reuters

Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur RENAULT en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+326.60 % vs +13.22 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat