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Renault : Le constructeur automobile Renault s'offre une porte de sortie en Russie

lundi 16 mai 2022 à 10h37
Renault cède ses deux actifs en Russie

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile Renault renonce à rester plus longtemps en Russie, son ex-deuxième marché dans le monde. La présence de la marque au losange dans le pays avait été remise en cause depuis l'éclatement du conflit ukrainien fin février. Le groupe s'offre toutefois l'option de racheter sa participation majoritaire dans Avtovaz à moyen terme.

Parmi les constructeurs automobiles français, Renault est le plus exposé à la Russie qui représente son deuxième marché dans le monde. Jusqu'à ce lundi. La marque au losange tourne en effet la page de son aventure dans le pays avec la cession de deux de ses actifs: sa filiale locale, Renault Russie, cédée à la ville de Moscou et sa participation de 67,69% dans le groupe Avtovaz - qui produit les voitures Lada - à NAMI (l'Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs).

Le groupe avait dans un premier temps suspendu ses activités le 23 mars dernier, soit un mois après l'éclatement du conflit entre l'Ukraine et la Russie. Renault précise toutefois qu'il se garde la possibilité de racheter ses parts dans Avtovaz au cours des six prochaines années. Si aucune information financière n'a été dévoilée sur le montant de cette cession, le ministre russe de l'Industrie et du Commerce avait déclaré en avril que Renault pourrait céder sa participation majoritaire dans le constructeur de Lada ainsi que son usine de Moscou "pour un rouble" symbolique.

Ces deux cessions entraînent pour le groupe une perte de 2,2 milliards d'euros qui devrait être comptabilisée au premier semestre 2022. Les activités russes seront déconsolidées dans les comptes semestriels de Renault Group à fin juin et traitées comme activités abandonnées en application de la norme comptable IFRS 5.

La situation du constructeur en Russie est sûrement la crise de trop pour la marque au losange. La guerre en Ukraine s'est ajoutée à la suite d’une série de crises pour Renault: les difficultés dans ce qui étaient appelés les BRIC (Brésil, Russie, Iran et Chine), la crise de gouvernance après le départ de Carlos Ghosn et les difficultés financières, puis la pandémie de Covid ou la pénurie de semi-conducteurs.

Une société qui valait 6,9 milliards en Bourse

En Bourse, la cession des activités russes est accueillie sans grand enthousiasme, le titre cédant 1% à 23,33 euros vers 10h30. Depuis le début de l'année, le dossier ne parvient pas à décoller en Bourse, lesté par ses diverses crises et cède 23% sur la période. Le repli se monte même plus de 70% sur cinq ans. Une performance qui ramène la valorisation du constructeur automobile à 6,8 milliards d'euros en Bourse, et fait office de petit poucet du CAC 40, l’indice phare parisien. On est très loin de celles de ses concurrents (42,80 milliards d’euros pour Stellantis par exemple) ou du géant du luxe LVMH et ses 290 milliards d'euros de capitalisation.

Mais avec une valorisation à peine plus élevée qu’au printemps 2020 (5,3 milliards d’euros le 26 mai) quand Renault était en très grande difficulté financière, le signal n’en reste pas moins négatif. Le montant de la capitalisation s’interprète en effet comme la confiance qu’accordent les investisseurs à une stratégie et à la capacité de l’entreprise à la réaliser. Et donc à incarner l’avenir. D’où la forte valorisation des entreprises de voitures électriques dont celle stratosphérique de Tesla (866 milliards de dollars).

Cette petite capitalisation n’empêche pas le constructeur de poursuivre ses opérations. Le groupe semble en effet protégé par la composition de son actionnariat avec notamment les droits de vote double de l’Etat (15% des actions, mais 30% des votes). Plusieurs observateurs questionnent même l’idée d’un rachat éventuel de Renault par un autre groupe. Le fonctionnement concret de l’Alliance, la relation avec Nissan, mais aussi le poids de l’outil industriel et des changements à y opérer pour aller vers un monde 100% électrique représenteraient trop d’obstacles pour un éventuel nouvel acquéreur. Mais avec une capitalisation boursière de seulement 6,9 milliards d'euros, Renault n’est-il pas trop petit face aux défis en cours?

Sabrina Sadgui

©2022 BFM Bourse
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