(BFM Bourse) - La banque britannique a abaissé son opinion sur le constructeur automobile à "pondération en ligne" contre "surpondérer". L'établissement reconnaît de nombreuses qualités au groupe de Boulogne-Billancourt mais pense que l'intensification de la concurrence en Europe freinera son parcours boursier.
Renault reste un groupe dont le traitement par le marché peut paraître bien sévère voire tout simplement injuste.L'action du constructeur automobile de Boulogne-Billancourt perd 20,2% depuis le début de l'année, accusant la sixième plus forte baisse du CAC 40.
Pourtant le groupe au losange a démontré une résilience appréciable dans un contexte où l'ensemble des constructeurs européens souffrent cette année. Les résultats du premier semestre ont encore illustré cette résistance.
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"Personne ne regarde"
Que ce soit sur la marge opérationnelle, qui a atteint 5,2%, contre 5% attendu par les analystes, le chiffre d'affaires ou le flux de trésorerie, le groupe a dépassé les attentes. Renault a, en outre, confirmé ses objectifs pour 2026, quand d'aucun redoutait que le constructeur de Boulogne-Billancourt les abaisse.
Toutefois, ces résultats n'ont guère emballé des investisseurs qui ont collé à Renault l'étiquette de perdant de l'intensification de la concurrence des groupes automobiles (Chery, BYD, SAIC) chinois en Europe. Ce parce que le groupe au losange dérive 70% de ses revenus du Vieux Continent.
"Il y a toujours du scepticisme sur leur capacité à accélérer au second semestre pour tenir leurs objectifs annuels. Le marché s'avère sceptique sur le secteur, et sur Renault particulièrement", expliquait en juillet à BFM Bourse Michael Foundoukids, analyste chez Oddo BHF.
"Toutefois il y a un peu de mauvaise foi de la part du marché, car avec les résultats du premier semestre meilleurs qu’attendu, la marche à accomplir au second est moins importante. Très sincèrement, Renault ne pouvait pas faire beaucoup mieux que ce qu'ils ont accompli au premier semestre, surtout quand on voit les résultats de leurs concurrents comme Volkswagen ou Stellantis, ajoutait-il.
Citi résume simplement la chose: Renault exécute bien, possède un positionnement de leader sur l'hybride et l'électrique en Europe et agit bien sur les coûts "mais personne ne regarde".
Des qualités mais...
Ce vendredi 21 août, le groupe automobile a perdu l'un de ses soutiens parmi les analystes financiers. Barclays a abaissé son opinion à "pondération en ligne" contre "surpondérer" précédemment, ce qui revient à passer d'"acheter" à "neutre". La banque a par ailleurs maintenu son objectif de cours à 31,5 euros.
À la Bourse de Paris, l'action Renault dérape à la suite de ce changement de recommandations, le titre perdant 0,9% vers 11h, l'un des replis le plus prononcé du CAC 40.
Barclays reconnaît pourtant que le groupe automobile dispose de solides arguments. La banque souligne que Renault affiche des marges relativement solides parmi les constructeurs européens. Son flux de trésorerie devrait monter en puissance à compter de 2027, avec davantage de dividendes versés au groupe par ses activités de financement automobile et par "Horse", sa coentreprise de motorisations hybrides et thermiques avec le chinois Geely et le saoudien Saudi Aramco.
Le bilan financier de Renault s'avère "très robuste" et le groupe s'est de plus engagé à augmenter en montant le dividende versé à ses actionnaires, liste encore Barclays. Ses atouts en termes de technologies et de produits sont également "solides". Ford les a d'ailleurs récemment plébiscités, en décidant de confier à Renault la production de ses petites citadines électriques qui sera basée sur la plateforme Ampere du groupe.
...La concurrence pèse
"Toutefois, la concurrence au sein de l'Union européenne est très rude, ce qui impose de réaliser des économies considérables. Et si Renault fait preuve d'une réelle urgence d'agir sous la direction de son nouveau directeur général, François Provost, l'ampleur des économies requises semble très importante", avance Barclays.
Sur ce point, la banque rappelle que la direction a fait montre de confiance dans sa capacité à réduire d'environ 400 euros par véhicules les coûts de production d'ici à 2028, ce qui implique des réductions de coûts de 1 milliard d'euros par an.
Face à ces défis, Barclays recommande de plutôt se positionner sur Volkswagen, dont les multiples de valorisation s'avère moins élevés que ceux de Renault, le groupe allemand s'échangeant 3,4 fois les bénéfices attendus pour 2027 contre 5 fois pour la société tricolore.
La banque écrit toutefois que certaines annonces prochainement attendues pourraient aider à apaiser les craintes autour de l'impact de la concurrence chinoise sur Renault.
Barclays cite l’IAA ("Industrial Accelerator Act"), un texte devant proposer un certain pourcentage de "contenu local" (c'est-à-dire made in Europe) dans les véhicules automobiles ou encore l'extension des droits de douanes actuellement appliqués aux importations de véhicules électrifiés chinois.
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