(BFM Bourse) - Le groupe de spiritueux a publié un chiffre d’affaires supérieur aux attentes au deuxième trimestre. Mais l’effet de rattrapage sur les stocks se dissipe, ce qui devrait se traduire par une dynamique moins forte sur la seconde partie de l’exercice.
Les investisseurs voient le verre à moitié ce vide ce mardi sur Rémy Cointreau. L’action du groupe de spiritueux recule d'environ 6% à la Bourse de Paris peu avant 15h, accusant l’un des replis les plus prononcés de l’indice SBF 120.
Pourtant les ventes publiées par la société sont restées solides sur l’ensemble de son premier semestre 2022-2023, clos fin septembre. Le chiffre d’affaires s’est inscrit à 867,1 millions d’euros en progression de 34,4% sur un an en données publiées et de 21,1% en variation organique. Sur le seul deuxième trimestre, les ventes progressent de 16,2% en données organiques, à 457,2 millions d’euros, alors que les analystes attendaient en moyenne un chiffre de 439,4 millions d’euros.
Les revenus de la division Cognac ont progressé de 15,6% en données comparables sur la même période, tandis que ceux des Liqueurs et Spiritueux ont augmenté de 22,2% sur ces mêmes bases.
Les Etats-Unis en question
L’inquiétude du marché porte sur la suite. Si Rémy Cointreau s’est dit confiant pour l’exercice en cours et a indiqué tabler sur une amélioration de sa marge opérationnelle, le groupe a également prévenu s’attendre "une normalisation des tendances de consommation au second semestre".
"En effet, dans un contexte marqué par le retour à la normale des conditions de vie dans la plupart des régions, le groupe estime que le niveau de consommation globale devrait se normaliser à partir du second semestre, à un niveau qui demeurera très supérieur à celui qui prévalait en 2019-2020", développe la société. "Par ailleurs, le rythme de croissance devrait être tempéré par des effets de base de comparaison importants", rappelle-t-elle.
UBS et Stifel observent déjà les signaux de cette normalisation aux Etats-Unis, au niveau notamment de l’évolution des stocks de Cognac. "La dynamique aux Etats-Unis pose question", note ainsi Stifel.
Vers un manque de catalyseurs
"Pendant la pandémie, les stocks des détaillants ont diminué alors que la demande finale restait élevée. Une fois que la crise sanitaire s’est apaisée, il a fallu reconstituer les stocks des grossistes et des détaillants, tandis que la consommation demeurait très forte. Ce qui a créé une forte croissance chez Rémy Cointreau", rappelle Pierre Tegner d’Oddo BHF.
"Désormais cet effet de rattrapage arrive à son terme. Rémy Cointreau s’embarque ainsi dans une période de croissance moins prononcée, après deux années exceptionnelles. Les ventes continueront de croître mais à un rythme plus normalisé", poursuit l’analyste. "Mécaniquement, les investisseurs qui s’étaient positionnés sur Rémy Cointreau pour jouer sa dynamique de croissance prennent des bénéfices", déduit-il.
"La direction du groupe a indiqué que cet effet de normalisation durerait jusqu’au premier trimestre 2023-2024. Concrètement cela signifie qu’il risque de ne pas y avoir de catalyseur sur le titre pendant neuf à douze mois", conclut l’analyste.
Rémy Cointreau publiera l’intégralité des résultats financiers du premier semestre le 24 novembre.
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