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Pixium vision : "Année charnière" dans la vision bionique

Pierre Kemula, PIXIUM VISIONPierre Kemula, PIXIUM VISION

(Tradingsat.com) - La première implantation sur l’homme du système vision bionique IRIS II intervenue fin février a provoqué un net regain d’intérêt en Bourse pour la société Pixium Vision. Pierre Kemula, directeur financier de l'entreprise souligne les enjeux autour des systèmes de restauration visuelle développés par la société.

Tradingsat.com : La technologie IRIS II représente-t-elle un espoir pour tous les aveugles ?

Pierre Kemula : Le système est destiné à des patients qui souffrent de rétinite pigmentaire, une maladie génétique diagnostiquée à l’enfance où à l’adolescence, qui aboutit progressivement à la cécité. La vision périphérique est touchée en premier. Progressivement, il ne va plus subsister que la "vision tunnel", puis le tunnel se ferme, et l’on est dans le noir. IRIS s’adresse aux patients "en bout de course", dont la maladie a totalement évolué, avec une rétine qui ne possède plus aucun photorécepteur. Mais il est important que ces patients aveugles aient déjà vu dans le passé. C’est primordial pour qu’ils puissent interpréter les signaux artificiels qui leur sont envoyés. Ce n’est possible que s’ils ont déjà une connaissance antérieure des formes qu’ils doivent réapprendre à voir.

Tradingsat.com : L'implant est épi-rétinien. Comment fonctionne-t-il ?

Pierre Kemula : Iris, c’est trois composants : des lunettes avec une caméra, un petit ordinateur de poche et l’implant lui-même. La caméra capte l’essentiel : les contours, les formes, les mouvements ; les informations traitées par l’ordinateur son envoyées sur l’implant, constitué d’une partie électronique, suturée à l’extérieur du globe oculaire, et d’une languette qui entre à l’intérieur. Au bout de cette languette, il y a 150 électrodes, qui sont ainsi placées sur la rétine. Le rôle de la rétine est de capter la lumière grâce à des photorécepteurs (sous la surface de la rétine), et de la transformer en signal électrique. On dit que l’implant est épi-rétinien, parce qu’il est placé sur la surface de la rétine. C’est l’endroit le plus facile d’accès, le seul accessible à l’origine. Les progrès de miniaturisation de notre nouveau système Prima ont ensuite ouvert de nouvelles possibilités.

Tradingsat.com : Que voit-on avec 150 électrodes ?

Pierre Kemula : Nous sommes au début d’une aventure. Plus il y a d’électrodes, plus le nombre de combinatoires et de stimulations électriques est élevé. Cela donne la possibilité de générer plus d’informations qui vont permettre d’affiner la résolution visuelle du patient. Il est bien trop tôt pour dire ce que voit le premier patient implanté avec IRIS 2. De nombreuses séances de rééducation seront nécessaires. Puis il faudra d’autres patients pour que l’on puisse dire avec certitude si le système fonctionne ou non.

Tradingsat.com : Quand pourrez-vous commercialiser Iris 2 en Europe ?

Pierre Kemula : Le dossier de demande d’autorisation de commercialisation est dans les mains de l’organisme notifié. Nous l’avons déposé en décembre dernier. Six mois sont nécessaires en général pour une revue de marquage CE. Le feu vert pourrait donc intervenir d’ici l’été. Il s’agira ensuite de faire les démarches pour obtenir le remboursement d’Iris 2. Afin d'avancer rapidement, nous pensons bien sûr au forfait innovation, qui consiste en une prise en charge dérogatoire et transitoire très intéressante. La ministre de la santé, Marisol Touraine - qui est à l’origine du forfait innovation - place d'ailleurs Pixium Vision dans ses "coups de cœur" parmi les sociétés françaises innovantes de la santé. Il faut dire que l’année 2016 est vraiment charnière pour Pixium, avec aussi la première implantation sur l’homme de notre deuxième système de restauration de la vision Prima, prévue en fin d’année.

Tradingsat.com : Qu’apporte ce second système, Prima, par rapport à Iris 2 ?

Pierre Kemula : Il est beaucoup plus petit : On parle de mini-puces qui font 1 ou 2 mm² à peine, sur lesquelles se trouvent jusqu’à 400 électrodes. Le système est modulable, avec la possibilité de positionner plusieurs implants, et donc potentiellement de monter une configuration avec plus de 2000 électrodes. D’autre part, à la différence d’Iris 2, Prima exerce une stimulation sous-rétinienne, les petits implants sont positionnés sous la rétine à la place des photorécepteurs. Le but est d’obtenir un traitement du signal lumineux plus naturel. Tous ces éléments laissent à penser que l’on devrait obtenir une meilleure résolution visuelle. L’ambition du système Prima est potentiellement de permettre la reconnaissance du visage.

Tradingsat.com : Où se situe la concurrence ?

Pierre Kemula : Le système de prothèse rétinienne « Argus II » de la société américaine Second Sight dispose de 60 électrodes, soit presque trois fois moins qu’Iris 2. De plus, leur système fonctionne avec un système de caméra classique, qui traduit l’environnement sous forme d’une série d’images. Cela nécessite d’énormes capacités de mémoire vive, d’espace disque, de puissance informatique pour extraire les informations redondantes. Mais la rétine ne fonctionne pas de cette manière. Les photorécepteurs sont normalement stimulés par les "événements". De la même façon, chaque pixel de la caméra de Pixium Vision va capter les changements d’intensité et donc les événements, indépendamment des autres. Un deuxième système, fabriqué par la société allemande Retina Implant, fonctionne sans lunette. Mais son implantation est plus complexe et nécessite une intervention d’environ 8 heures, sous anesthésie générale, avec 2 équipes de chirurgiens : l’une est constituée de spécialistes de la chirurgie crânienne et de la chirurgie buccale et maxillo-faciale, l’autre de chirurgiens de la rétine. 4 heures sont nécessaires pour implanter Argus II, et seulement 2h30 à 3 heures pour Iris 2. Avec Prima, nous espérons descendre à moins d’une heure.

Tradingsat.com : Quelle est la taille des marchés visés par vos systèmes de vision bionique ?

Pierre Kemula : Pour Iris, la rétinite pigmentaire touche une personne sur 4000, soit environ 400 000 patients en Europe et aux Etats-Unis, dont 10 000 à 15 000 patients deviennent totalement aveugles chaque année. Ces personnes seraient donc éligibles à nos implants, sachant qu’il n’est pas question d’opérer des patients qui voient encore, même très peu. Pour Prima, l’enjeu en termes de marché est bien plus important. L’intervention chirurgicale moins invasive et le nombre très important d’électrodes font en effet de Prima un système particulièrement adapté au traitement de la DMLA [dégénérescence maculaire liée à l’âge ]. Or, la DMLA c’est environ 15 millions de patients dans le monde et 4 millions si l’on se limite à l’Europe et aux Etats-Unis avec DMLA avancée. La première implantation sur l’homme de Prima est très attendue.

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