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Pétrole WTI

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Pétrole wti : Pourquoi le baril de pétrole pourrait se rapprocher encore plus de la barre des 100 dollars

mardi 18 janvier 2022 à 10h33
Le pétrole atteint des sommets depuis 2014 ce mardi

(BFM Bourse) - Alors que les pays membres de l'Opep peinent à pomper suffisamment de pétrole pour répondre à la demande mondiale, les cours du brut n'en finissent plus de grimper et atteignent des plus hauts depuis 2014 ce mardi. Le cap des 100 dollars le baril ne paraît plus inatteignable.

Expert en matières premières chez Ofi Asset Management, Benjamin Louvet prévient depuis de longs mois que le marché pétrolier semble désormais structurellement déficitaire, donc que la hausse des cours pourrait perdurer, voire s'amplifier. Ces derniers sont de fait résolument orientés à la hausse depuis leur "krach" historique subi au début de la pandémie (les cours étant alors entrés en territoire négatif), à peine ralentis par l'émergence de nouveaux variants faisant peser des craintes plus ou moins importantes sur l'évolution de la demande.

Ce mardi, à 9h45, les barils des deux références mondiales de brut que sont le Brent européen et le WTI nord-américain s'échangent à des niveaux inédits depuis 2014, le premier cité gagnant 1% à 87,4 dollars quand le second prend 1,4% à 84,4 dollars. Les cours "poursuivent leur remarquable remontée depuis le point bas de début décembre, avec une hausse de près de 30% sur la période, et il semble que le mouvement soit toujours aussi dynamique" remarque Craig Erlam, analyste senior chez Oanda.

Ce brusque rebond intervient de fait "sur fond de perturbations de l'offre pour plusieurs producteurs et de remontée de la demande" relève le spécialiste en investissement de Mirabaud John Plassard dans sa note matinale.

Un équilibre précaire entre l'offre et la demande

Alors que les membres de l'Opep et leurs alliés parmi lesquels la Russie s'en tiennent mois après mois à leur accord de production prévoyant de relever très marginalement leurs objectifs d'extractions (de 400.000 barils par jour supplémentaires, chaque mois, jusqu'en décembre prochain), plusieurs pays peinent à atteindre leur quota d'offre. Analyste chez Exinity, Hussein Sayed pointe notamment les interruptions de production "en Libye, au Nigeria, en Angola, en Equateur et, plus récemment, au Canada en raison du froid extrême".

Le risque géopolitique s'ajoute également à l'équation. Une escalade du conflit entre la Russie et l'Ukraine entraînerait en effet de nouvelles perturbations de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle augmentation des prix de l'énergie, donc du brut, selon certains analystes. "Les marchés restent concentrés sur l'équilibre délicat entre l'offre et la demande, qui semble avoir un impact assez important sur les fluctuations de prix tout au long de la reprise économique post-pandémie", juge Walid Koudmani, analyste chez XTB.

La Russie peine à atteindre son quota de production

La hausse quasi-ininterrompue depuis le plongeon de 10% intervenu à l'apparition du variant Omicron vient donc également des projections des experts, qui estiment comme Joel Hancock que "les écarts de production de l'Opep+ (par rapport à leurs objectifs, NDLR) devraient se creuser, la Russie étant le prochain grand facteur de déficit" pointe-t-il. La Russie, qui fait partie du cartel élargi Opep+, "ne produit pas non plus les quantités qui lui ont été attribuées, et ce depuis plusieurs mois, ce qui soulève des questions quant à sa capacité à atteindre ses objectifs de production" soulignait Benjamin Louvet la semaine dernière. Et le spécialiste de rappeler que "le ministre de l'énergie Alexander Novak avait d'ailleurs déclaré que le pic de production de la Russie interviendrait fin 2021", scénario que semble donc se confirmer actuellement.

Selon Joel Hancock, la croissance de l'offre de pétrole hors Opep+ et hors Etats-Unis étant "relativement faible", il faudra "faire appel au pétrole de schiste américain pour répondre à la croissance prévue de la consommation". Problème: le plongeon des cours du brut avait fait incité de nombreux producteurs d'huile de schiste insolvables à arrêter de forer, et le secteur ne tourne ainsi actuellement qu'à 92% de sa capacité d'avant-crise, loin de son pic de production atteint en 2018 lorsque l'argent coulait à flots.

Bientôt un baril à 100 dollars ?

"En fin de compte, tout dépend de la capacité de l'Opep+ à délivrer l'augmentation de 400.000 barils par jour qu'elle s'est engagée à faire chaque mois" explique Craig Orlam, qui note que "les faits suggèrent que ce n'est pas si simple et que le groupe manque largement ses objectifs après une période de sous-investissement et de pannes". "Cela devrait continuer à soutenir les cours et alimenter les discussions sur des prix à trois chiffres" du baril, avance-t-il.

De nombreux analystes s'attendent désormais à voir les prix du brut dépasser les 90 dollars le baril, et tutoyer la barre des 100 dollars. Selon Hussein Sayed, "ce qui semblait impossible il y a quelques mois a maintenant de fortes chances de se produire". La cible de Benjamin Louvet est plutôt autour de 85 dollars le baril cet hiver mais l'expert juge également que "des pointes à 100 dollars sont possibles en cas d'exagération du marché, qui pourrait être liée à des "outages", soit des interruptions non programmées de production" - comme cela est visiblement le cas en Angola ou au Nigéria actuellement.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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