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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Le baril de Brent franchit les 70 dollars après des attaques ciblant le géant Aramco

lundi 8 mars 2021 à 11h15
Le baril de Brent a franchi les 70 dollars lundi matin

(BFM Bourse) - Bien orienté depuis plusieurs semaines sur fond d'optimiste quant à la reprise de la demande, les cours pétroliers -qui ont encore accéléré jeudi après le statu quo décidé par l'Opep- poursuivent leur ascension après la tentative d'attaque contre des installations saoudiennes.

La remontée des cours pétroliers se poursuit à un rythme très soutenu, alimentée par un flot d'actualités porteuses. Ainsi, après avoir franchi à la hausse le seuil des 50 dollars le 10 décembre dernier, puis celui des 60 dollars il y a tout juste un mois, notamment porté par l'optimisme des investisseurs vis-à-vis de la reprise économique, le baril de Brent a atteint la barre des 70 dollars (+0,91% à 69,99 dollars vers 9h30) ce lundi matin, au plus haut depuis fin mai 2019. À ce stade, la référence européenne de brut affiche une progression de 36% depuis le 1er janvier.

Dans le même temps, son homologue nord-américain, le West Texas Intermediate (WTI), grimpe de 0,91% à 66,69 dollars le baril, soit un niveau plus observé depuis le 30 octobre 2018, il y a près de deux ans et demi.

Attaque d'un site pétrolier saoudien

Propulsés à un sommet depuis près de deux ans par la décision de l'Opep+ jeudi dernier de maintenir sa production inchangée, les poids lourds de l'alliance arguant que, si la situation s'est améliorée, les perspectives pour la reprise de la demande restaient incertaines, les principaux contrats à terme sur le brut se sont encore renchéris ce dimanche à l'annonce d'une (nouvelle) tentative d'attaque des houthis yéménites sur des installations pétrolières saoudiennes.

Ces derniers ont une nouvelle fois visé des sites appartenant au géant Saudi Aramco, ainsi que des cibles militaires dans des villes saoudiennes, ce que Ryad a qualifié d'attaque manquée contre la sécurité énergétique mondiale de la part du groupe affilié au régime iranien.

Le ministère saoudien de l'Énergie a déclaré qu'un chantier de stockage de pétrole à Ras Tanura, site d'une raffinerie et plus grande installation de chargement de pétrole en mer au monde, avait été attaqué avec un drone venant de la mer. Le ministère de la Défense a précisé que le drone armé avait été intercepté et détruit avant d'atteindre sa cible - contrairement aux attaques de septembre 2019 qui avait fait mouche et paralysé 50% de l'immense appareil productif saoudien, provoquant une mini-panique sur le marché pétrolier.

Le ministère a également déclaré que des éclats de missile étaient tombés près d'un complexe résidentiel utilisé par Saudi Aramco, précisant qu'aucune attaque n'avait fait de victimes ou entraîné de pertes matérielles. "De tels actes de sabotage ne visent pas seulement le Royaume d'Arabie saoudite, mais aussi la sécurité et la stabilité des approvisionnements énergétiques dans le monde, et donc, l'économie mondiale", a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué aux médias d'Etat.

Plus tôt dimanche, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite luttant contre les houthis (depuis mars 2015, date à laquelle le conflit entre rebelles chiites houthis -soutenus par l'Iran- et forces fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh s'est internationalisé) avait également intercepté 12 drones armés visant des "cibles civiles". Cette recrudescence des violences intervient alors que l'administration américaine de Joe Biden a exhorté les houthis à la désescalade après les avoir retirés de la liste des "organisations terroristes" pour ne pas entraver selon elle l'acheminement de l'aide humanitaire au Yémen.

Des conséquences sur l'inflation et la croissance

"Si les investisseurs sont actuellement focalisés sur l’évolution du rendement des Treasuries et plus globalement sur les obligations souveraines, ils prêtent cependant peu attention à la (très) forte hausse du prix du baril de pétrole que nous connaissons depuis maintenant près d’une année" constate John Plassard, directeur des investissements chez Mirabaud dans sa note matinale. Celle-ci a pourtant "de nombreuses conséquences, qu'il ne faut surtout pas négliger" prévient-il. Au premier chef, l'expert souligne qu'une hausse marquée des prix du pétrole "contribuera à un niveau d'inflation plus élevé", notamment via "l'augmentation des coûts de transports qui entraînera une hausse des prix de nombreux biens".

Le lien entre prix de l’or noir et inflation "est extrêmement net" ajoute John Plassard, qui cite une étude parue dans la revue française d’économie qui confirme que "même s'il a quelque peu diminué depuis le deuxième choc pétrolier, le poids du pétrole dans l'économie mondiale, et plus particulièrement l’inflation, reste considérable".

D'autant qu'aux effets directs sur la consommation s'ajoutent des effets de second tour, à commencer par "les ménages qui revendiquent une revalorisation de leur rémunération afin de limiter leur perte de pouvoir d'achat" quand "les entreprises tentent de répercuter la hausse du prix du pétrole sur leur prix de vente afin de restaurer leurs marges". Ce phénomène "alimente une spirale inflationniste" qui engendre par ailleurs une révision à la hausse des anticipations d'inflation, ce qui se répercute in fine sur une hausse des taux d'intérêts.

Quant au lien entre ce renchérissement et la croissance économique, "c’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue: d’une part, la croissance économique influe le prix du pétrole, et d’autre part, ce prix a un effet sur la productivité et la stabilité de l’économie" explique l'expert. Une hausse des prix du pétrole va d'abord entraîner un choc d'offre négatif (augmentation du prix des consommations intermédiaires et baisse de la production globale) détaille-t-il, auquel se succèdera "un choc de demande, lui aussi négatif" induit par le renchérissement des biens.

"Si on peut s’enthousiasmer des effets de la hausse du prix du baril de pétrole sur l’inflation (notamment secondaire), on est en droit de s'interroger si, à un moment ou un autre, elle ne va pas avoir une incidence (négative) sur la croissance économique en cas de nouveaux sommets" conclut John Plassard.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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