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Pétrole Brent

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Pétrole brent : L'or noir lâche 10% en une semaine sur fond d'apaisement des tensions au Moyen Orient

mardi 14 janvier 2020 à 16h30
L'apaisement des tensions au Moyen Orient fait reculer le prix des barils de brut

(BFM Bourse) - Les cours des deux références mondiales de pétrole brut rétrocèdent respectivement 10,3% (WTI) et 9,2% (Brent) depuis le pic du 6 janvier dernier consécutif aux craintes d'embrasement entre l'Iran et les États-Unis après l'assassinat du général Soleimaini.

Secoués la semaine dernière par une phase d'escalade puis de détente entre les États-Unis et l'Iran après l'assassinat par les premiers du général Qassem Soleimaini, celle-ci ayant provoqué une réplique de Téhéran sur des bases américaines en Irak (n'ayant fait aucune victime). Si la crainte de voir la région s'embraser avait poussé les cours de l'or noir à un plus haut depuis six mois lundi 6 janvier dernier, respectivement à 64,73 dollars pou le WTI et à 70,74 dollars pour la référence européenne (le Brent), ceux-ci ont nettement reculé après que Donald Trump a prôné l'apaisement mercredi dernier.

Après avoir enchaîné cinq séances consécutives de baisse, les barils de Brent et de WTI restaient mal orientés mardi matin, cédant encore quelques centimes après avoir respectivement lâché 1,2 et 1,6% lundi. Vers 9h45, les deux références mondiales de pétrole brut ont ainsi touché un plancher de plus d'un mois, à 63,95 dollars pour le Brent et à 57,74 dollars pour le WTI, avant de s'extirper de ce plus bas récent avec l'accord commercial préliminaire sino-américain en ligne de mire, celui-ci devant être signé mercredi à Washington.

"Les investisseurs se concentrent désormais sur la signature de l'accord commercial préliminaire entre les Etats-Unis et la Chine prévu demain à Washington", a commenté Al Stanton, analyste de RBC. "Cet accord commercial, dit de "phase 1", "donnera ses futures orientations aux prix du pétrole", a insisté Benjamin Lu, de Phillip Futures. Américains et chinois doivent ratifier mercredi la première étape de cet accord à Washington, une officialisation attendue depuis des mois et qui doit mettre un terme à près de deux années de guerre commerciale entre les deux superpuissances.

Retour aux fondamentaux

L'apaisement rapide des tensions américano-iraniennes "remet au centre les fondamentaux du marché, qui ne sont pas particulièrement haussiers", pointent de leur côté Warren Patterson et Wenyu Yao, analystes chez ING. La géopolitique mise de côté, les investisseurs peuvent donc de nouveau se focaliser sur l'équilibre entre l'offre et la demande pour établir le prix d'un baril de brut. Or, "il (le marché, NDLR) pourrait connaître une situation de surplus important, ce qui fragilise les cours", ont ajouté les experts d'ING, soulignant l'importance des "prochaines décisions de l'Opep début mars".

"Y compris en prenant en compte l'engagement de l'Opep+ (pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, auxquels s'ajoutent des pays partenaires parmi lesquels la Russie, NDLR) à limiter sa production, notre modèle prévoit un surplus d'au moins un million de barils par jour en ce début d'année", corrobore Bark Melek de RD Securities. Dans le même temps, "si on regarde les derniers indicateurs sur l'industrie manufacturière ou l'emploi aux Etats-Unis, on n'a pas beaucoup de raisons de penser que la demande va commencer à accélérer subitement", ajoute le spécialiste canadien.

Pour équilibrer le marché et soutenir les prix, la balle est dans les mains des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs partenaires qui se retrouvent à Vienne les 5 et 6 mars prochains pour statuer sur l'accord de réduction volontaire de leur production d'or noir.

Garder un œil sur l'Iran

Outre l'Opep, la plupart des analystes gardent également un œil attentif sur l'évolution de la situation en Iran, où le week-end a été marqué par des manifestations. À Téhéran, la police antiémeute s'est en effet déployée en masse, dimanche, après un appel à manifester en soirée. La veille, les forces de l'ordre avaient déjà dispersé un rassemblement à la mémoire des 176 victimes (dont 82 Iraniens) de l'avion de ligne ukrainien abattu par erreur par l'Iran le 8 janvier, qui a viré à la manifestation contre les autorités.

C'est désormais l'unité nationale iranienne qui est en péril et si la République islamique "choisit d'écraser les manifestations comme elle l'a fait il y a deux mois (faisant plus de 300 morts selon l'ONG Amnesty International), cela pourrait rapidement mettre un terme à la phase de détente entre les Etats-Unis et l'Iran", a pointé Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank. Car Donald Trump a de nouveau mis en garde dimanche l'Iran contre la répression des manifestations : "NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS. Des milliers de personnes ont déjà été tuées ou emprisonnées par vous, et le monde vous regarde", a ainsi tweeté le locataire de la Maison Blanche dimanche. "Plus important, les Etats-Unis regardent" a-t-il ajouté.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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