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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Avec une demande qui ne décolle pas, les cours pétroliers vont rester longtemps sous pression

mercredi 14 octobre 2020 à 13h30
Le rééquilibrage du marché pétrolier reste délicat

(BFM Bourse) - Le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie fait état d'une hausse de la demande couplée à une chute de l'offre en septembre, une tendance qui pourrait néanmoins ne pas s'inscrire dans la durée, la deuxième vague de Covid -et de restrictions qui l'accompagnent- menaçant la reprise de la demande.

Globalement inchangées, les prévisions de l'AIE -l'une des sources de données, de prévisions et d'analyses jugée les plus fiables sur l'état du marché pétrolier- pour 2020 traduisent une fragile reprise du marché pétrolier mondial en septembre.

Sur le mois écoulé, "l'offre mondiale a chuté de 0,6 million de barils par jour (mbj) à 91,1 mbj, soit une baisse de 8,7 mbj par rapport [au mois de septembre] 2019, les Émirats Arabes Unis ayant réduit la production et les flux de maintenance en mer du Nord et au Brésil, ce qui a plus que compensé le rebond [de la production observée aux] États-Unis après les arrêts de production dus aux ouragans du mois d'août" souligne le rapport mensuel de l'institution basée à Paris. Si la production libyenne continue de se redresser et si l'Opep+ atteint son objectif de coupes de production (de 7,7 mbj sur la période allant du 1er juillet au 31 décembre, NDLR), l'AIE estime que l'offre mondiale "pourrait atteindre 92 mbj [sur les trois derniers mois de l'année], contre 91,3 mbj au troisième trimestre".

Une demande qui ré-augmente

La demande mondiale a pour sa part augmenté de 3,4 mbj en juillet sur un mois, "avec l'assouplissement des restrictions liées à la pandémie et les vacances d'été dans l'hémisphère nord qui ont soutenu une progression de l'activité dans les transports" note l'AIE, qui estime néanmoins que ce rebond ne devrait pas se poursuivre. "Une deuxième vague de cas de Covid-19 et de nouvelles restrictions de circulation ralentissent désormais la croissance de la demande" souligne ainsi le rapport.

L'agence confirme toutefois ses prévisions pour 2020 avec une demande mondiale estimée à 91,7 mbj, en repli de 8,4 mbj par rapport à 2019, avec un rebond de 5,5 mbj attendu en 2021, à 97,2 mbj, toujours en-deçà du record atteint en 2019 à 100,1 mbj.

Ces estimations "impliquent un prélèvement important de stocks de 4 mbj au quatrième trimestre" ajoute l'AIE, ce qui signifie que la demande mondiale d'or noir devrait atteindre 88 mbj en moyenne entre octobre et décembre, loin des 101,9 mbj du dernier trimestre 2019. "Bien qu'il s'agisse d'une variation importante des stocks, celle-ci se produit à partir de niveaux records. Avec l'augmentation de 1,9 mbj du plafond de production des membres de l'Opep+ (les coupes vont passer de 7,7 à 5,8 mbj à compter du 1er janvier 2021, NDLR), la marge de manœuvre dont dispose le marché pour absorber l'offre supplémentaire dans les prochains mois est limitée" juge l'AIE.

Le rééquilibrage du marché, une "cible mouvante"

L'agence, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique, juge donc que les perspectives restent "fragiles" dans le contexte actuel. "La trajectoire des infections au Covid-19 est fortement orientée à la hausse dans de nombreux pays et les gouvernements resserrent les restrictions de mouvement de leurs citoyens (...) ce qui engendre des doutes sur la solidité de la reprise économique anticipée et donc de la perspective pour la croissance de la demande pétrolière", selon l'AIE. Alors que les pays producteurs tentent de resserrer l'écart entre l'offre et la demande afin de soutenir les prix, l'AIE évoque une "cible mouvante".

Et alors que les prix des "contrats à terme sur le pétrole brut ont chuté en septembre par rapport à août, en partie à cause de la faiblesse des marchés financiers" selon le rapport, l'AIE n'anticipe pas de nette amélioration à court terme. De fait, si "les prix (des deux références mondiales de brut que sont le Brent et le WTI, NDLR) ont fait un bond de 10% début octobre, avant l'ouragan Delta", le fait que le marché est bien approvisionné avec "des taux de fret à des niveaux historiquement faibles" sur fond de pandémie "non maîtrisée" provoque un "risque presque certainement à la baisse pour les perspectives de marché". Le baril de Brent a ainsi cédé 3,15 dollars en septembre, quand le WTI a lâché, en moyenne, 2,76 dollars par baril sur le mois écoulé. "Le long terme n'est pas encourageant puisque la courbe montre que les prix n'atteindront pas 50 dollars le baril avant 2023" conclut l'AIE.

Pour rappel, les perspectives énoncées la semaine dernière par l'Opep ne sont guère plus réjouissantes puisque le cartel estime que la demande mondiale de pétrole pourrait stagner à partir de 2030. L'Opep s'attend désormais à ce que la consommation de brut atteigne 107,2 mbj dans dix ans contre 90,7 millions cette année (soit un million de barils par jour de moins que les prévisions de l'AIE), une prévision inférieure de 1,1 mbj à celle présentée l'an dernier et de plus de 10 millions au chiffre avancé en 2007.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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