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Pernod ricard : Pernod ricard arrache la vodka absolut au prix fort

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par Yann Le Guernigou et Jean-Michel Bélot

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard a remporté les enchères pour le fabricant suédois de la vodka Absolut, une des marques de spiritueux les plus connues au monde, avec une offre au prix fort qui le valorise 5,6 milliards d'euros dette incluse.

Pour mettre la main sur Vin & Sprit (V&S), le français a devancé l'américain Fortune Brands, le groupe des Bermudes Bacardi et le fonds d'investissement suédois EQT, et indiqué qu'il aurait recours à de la dette bancaire pour financer l'opération.

Celle-ci lui permet de renforcer sa place de numéro deux mondial des spiritueux derrière le britannique Diageo, propriétaire de la vodka Smirnoff, et même de le talonner tout en accédant à la première marche du podium pour ce qui est des marques "premium", avec 27% de part de marché.

Une des quatre marques de spiritueux dépassant les 10 millions de caisses vendues annuellement, Absolut réalise près de la moitié de ses ventes sur le seul marché américain.

L'acquisition de Vin & Sprit, l'ancien monopole d'Etat suédois des alcools, marque une nouvelle étape dans l'ascension vers le sommet de Pernod Ricard après les rachats du canadien Seagram au début des années 2000 puis du britannique Allied Domecq il y a trois ans.

Pour le financer et réaménager parallèlement sa dette existante, le groupe a signé un accord de crédit de 12 milliards d'euros avec six banques.

En Bourse de Paris, l'action Pernod Ricard a clôturé lundi sur un recul de 4,30% à 65,16 euros, après un plus bas à 64,01 euros, alors que le CAC 40 a fini à +0,24% et l'indice pan européens de l'agroalimentaire et des boissons) à

-0,24%.

Le marché s'inquiète du prix élevé - plus de 20 fois l'Ebitda 2007, alors que les estimations ne dépassaient pas cinq milliards d'euros - payé par Pernod Ricard pour l'emporter face à Fortune Brands, considéré comme le grand favori dans la mesure où il distribue Absolut sur le marché américain.

UN MILLIARD D'EUROS DE CA ET 2 POINTS DE MARGE EN PLUS

"La combinaison du prix et du montant de la dette levée rend apparemment nerveux certains investisseurs. Même si la vodka est un marché en croissance ces dernières années, on est peut-être en haut de cycle en termes de multiples payés", a déclaré Stephen Surpless, analyste chez Cantor Fitzgerald.

François-Xavier Archambault (CM-CIC Securities) juge pareillement que le marché a mal réagi au prix payé mais souligne que l'opération a pour mérite de combler deux lacunes chez Pernod Ricard : une présence réduite aux Etats-Unis, où il sera dorénavant numéro deux, et l'absence de vodka dans son portefeuille.

Pernod Ricard a assuré néanmoins que l'acquisition, qui devrait être bouclée cet été, se faisait à des conditions se comparant favorablement à celles de transactions récentes et serait fortement créatrice de valeurs pour ses actionnaires.

"Le prix payé est celui qui convenait aux autorités suédoises. C'est un prix extrêmement compétitif et très raisonnable compte tenu du potentiel considérable d'Absolut", a commenté Emmanuel Babeau, le directeur financier de Pernod Ricard, lors d'une conférence de presse .

Il table sur un effet neutre sur son bénéfice par action dès la première année hors éléments non récurrents, dont des coûts d'acquisition estimés à près de 200 millions d'euros, puis "significativement positif" par la suite.

Emmanuel Babeau a précisé que l'opération apporterait un milliards d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire à Pernod Ricard et lui permettrait, après la réalisation des synergies, d'améliorer sa marge opérationnelle de deux points.

Standard & Poor's a pour sa part abaissé de "stable" à "négative" la perspective attachée à la note de la dette à long terme du groupe qui, à "BB+", est en catégorie spéculative.

Fort de son savoir faire en matière d'intégration, le groupe entend réduire rapidement sa dette, dont le coût initial devrait être de 5% par an.

Elle devrait représenter six fois l'Ebitda une fois l'opération finalisée et Pernod Ricard entend, comme après l'opération Allied Domecq, diviser ce ratio par près de deux dans les trois ans.

DES SYNERGIES ATTENDUES ENTRE 120 ET 150 MILLIONS D'EUROS

Même s'il s'est engagé à maintenir le siège de V&S en Suède, Pernod attend de son intégration entre 125 et 150 millions d'euros de synergies sur une base annuelle uniquement au niveau des coûts. "On a clairement l'ambition d'arriver dans le haut de cette fourchette", a affirmé Emmanuel Babeau.

La mise en oeuvre de celle-ci devrait générer des charges de l'ordre de 100 millions. S'y ajoutera un impact sensible sur le taux d'imposition du groupe qui devrait s'établir sous 20% contre 23,5% à 24% actuellement, a dit Emmanuel Babeau.

En mettant la main sur Absolut, Pernod Ricard renonce à la vodka russe Stolichnaya, dont il disposait des droits de distribution hors de Russie, ayant indiqué clairement de longue date qu'il ferait un choix entre ces deux marques.

Fortune Brands assurera jusqu'en 2012 la distribution de la vodka suédoise aux Etats-Unis. Elle est assurée ailleurs, hors pays nordiques, par la coentreprise Maxxium, détenue à 25% par V&S, Fortune Brands, The Edrington Group et le français Rémy Cointreau.

Pernod Ricard a indiqué qu'il sortirait de celle-ci dans les deux ans, pour un coût qu'il estime à 20 millions d'euros.

Prié d'estimé l'impact social de la transaction, Pierre Pringuet a déclaré qu'il était trop tôt "pour dire où et quand vont se réaliser les suppressions d'emplois" mais que Pernod Ricard avait l'intention de travailler avec Vin & Sprit dans ce domaine.

Le portefeuille de V&S inclut également d'autres marques comme le rhum Cruzan ou la vodka Level, toutes deux très dynamiques aux Etats-Unis.

Avec la contribution de Noëlle Mennella et de Blaise Robinson

Copyright (C) 2007-2008 Reuters


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