(BFM Bourse) - Le géant américain des puces progresse à Wall Street après avoir annoncé mardi 15 juillet reprendre les ventes d'un modèle spécifique de puces avancées pour l'intelligence artificielle à destination du marché chinois.
Les portes du marché chinois vont s'ouvrir à nouveau pour Nvidia, après plusieurs mois de restrictions sur fond de tensions commerciales entre Washington et Pékin.
Le spécialiste des processeurs graphiques a annoncé mardi 15 juillet relancer les ventes en Chine de son GPU H20, d'un modèle spécifique de puce d'IA destiné spécifiquement au marché chinois.
"Nvidia a déposé des demandes pour vendre à nouveau le GPU Nvidia H20. Le gouvernement américain a assuré à Nvidia que les licences seraient accordées et Nvidia espère commencer les livraisons bientôt", a déclaré la société dans un communiqué.
Le géant technologique a annoncé cette reprise des ventes en Chine à la veille d'un déplacement de son directeur général à Pékin. Jensen Huang assistera mercredi à la cérémonie d'ouverture de la troisième exposition internationale des chaînes d'approvisionnement de Chine, un événement organisé par le Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT).
"Une victoire éclatante pour le parrain de l'IA"
"La reprise par Nvidia de la vente de H20 à la Chine est évidemment positive", a déclaré à Bloomberg Vey-Sern Ling, directeur général de l'Union Bancaire Privee.
"Non seulement pour l'entreprise, mais aussi pour la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs pour l'IA, ainsi que pour les plateformes technologiques chinoises qui développent des capacités d'IA. Il s'agit également d'une évolution positive pour les relations entre les États-Unis et la Chine", a-t-il ajouté.
Dan Ives de Wedbush ne cache pas non plus son enthousiasme. "Il s'agit d'une victoire éclatante pour le parrain de l'IA, Jensen, et pour Nvidia, qui fait suite à une rencontre clé entre Jensen et le président Trump la semaine dernière à la Maison Blanche", explique l'analyste.
"Il s'agit également d'un important vent porteur pour le secteur technologique, car le feu vert donné à Nvidia propulsera les estimations de Wall Street sur le secteur au cours des prochaines années, avec le retour de la Chine dans le giron dans l'équation", ajoute le spécialiste de marché.
Dan Ives explique aussi que l'administration Trump considère les puces GPU de Nvidia comme "l'un des plus gros jetons sur la table de poker avec la Chine". "Le fait de permettre à l'entreprise de vendre ses puces dans le pays devrait faciliter les négociations commerciales entre les deux pays", abonde-t-il.
Nvidia prévoit également de lancer une nouvelle puce, la RTX PRO, idéale "pour l'IA des jumeaux numériques dans les usines intelligentes et la logistique". La société a décrit cette puce comme "pleinement conforme", aux exigences américaines. Ce qui signifie qu'elle se situe en dessous des seuils techniques qui nécessiteraient l'approbation de Washington pour la vente de cette puce à la Chine.
Sans surprise, ces annonces donnent un gros coup de fouet à Nvidia en Bourse. À Wall Street, le titre du géant technologique américain bondit de 5% dans les échanges d'avant-Bourse, à 171 dollars. Nvidia va encore un peu plus repousser ses records, après être devenue le 9 juillet, la première entreprise au monde à dépasser les 4.000 milliards de dollars de capitalisation boursière (la valeur totale de ses actions).
Des perspectives rassurantes
Rappelons que le 9 avril dernier, l'administration Trump avait durcit les règles sur les exportations des semi-conducteurs vers la Chine. Nvidia avait désormais besoin d'une licence de l'administration américaine pour pouvoir exporter ces puces, ce qui revient concrètement à interdire ces exportations. Or, ces puces H20 étaient déjà conçues pour contourner les restrictions américaines antérieures, car moins puissantes.
Nvidia avait passé une charge exceptionnelle de 4,5 milliards de dollars au premier trimestre en raison de ces restrictions sur son résultat net.
Nvidia avait alors expliqué, lors de la publication de ses comptes, que les restrictions sur ses puces H20 avaient retranché 2,5 milliards de dollars à son chiffre d'affaires du premier trimestre.
Le groupe avait également prévenu que les restrictions les puces H20 se traduiraient par une perte de revenus de 8 milliards de dollars sur le trimestre entre mai et fin juillet.
Les résultats trimestriels comme les perspectives du groupe américain avaient toutefois ravi Wall Street. Jensen Huang, le directeur général de la société, avait assuré que la demande restait "forte" et même "incroyable" pour Blackwell, la nouvelle architecture de processeurs graphiques, plus puissante et plus économe en énergie.
"En résumé, le trimestre exceptionnel de Nvidia a apporté exactement ce que les marchés espéraient : la confirmation que, malgré l'intensification des tempêtes géopolitiques, le monarque en titre des puces d'IA reste résistant, agile et fermement ancré en tant que pierre angulaire incontestée de la mégatendance de l'IA", a indiqué pour sa part Stephen Innes de Spi AM.
Plus récemment, fin juin, le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, avait encore fait état d'une demande vertigineuse pour les produits du groupe. Le dirigeant a évoqué "une toile de plusieurs milliards de dollars d'opportunités en matière d'IA et de robotique et déclarant que nous ne sommes qu'au début d'un supercycle d'une décennie pour l'infrastructure de l'IA", soulignait Stephen Innes.
"Qu'il s'agisse de l'IA souveraine, de la course aux armements dans les centres de données ou du boom du neocloud, la demande explose et Nvidia est sur la crête", concluait le spécialiste de marché.
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