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Nasdaq Composite

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Nasdaq composite : Il n'y avait jamais eu aussi peu d'entrées en Bourse dans la tech depuis 20 ans

dimanche 25 septembre 2022 à 07h00
Les grosses IPO se font rares aux Etats-Unis

(BFM Bourse) - La chute des indices boursiers depuis le début de l'année a asséché le marché des introductions en Bourse des sociétés de la tech américaine. Notamment les plus grosses. Aucune levée de fonds de plus de 50 millions de dollars n'a été réalisée sur les 240 derniers jours. Soit un nouveau record depuis 20 ans, relate le Financial Times.

Le temps des grosses levées de fonds de valeurs technologiques aux Etats-Unis semble bel et bien révolu. On entre désormais dans une période de disette. Depuis 240 jours, on ne trouve aucune trace d'une quelconque introduction en Bourse de sociétés technologiques d'un montant supérieur à 50 millions de dollars, explique le Financial Times.

Un triste record de 20 ans qui fait tomber au passage les précédents établis après la crise financière de 2008 et du krach des valeurs internet, les fameuses ".com" ou dotcoms en anglais, du début des années 2000, rappelle le FT en se basant sur une étude de Morgan Stanley.

Sans surprise, les candidats à la cotation en Bourse ont été échaudés par la chute des indices en réaction à la lutte de la Réserve fédérale américaine contre une inflation record. Le Nasdaq Composite, l'indice phare des valeurs technologiques a ainsi chuté de 30% cette année, contre un peu plus de 21% pour le S&P 500. L'indice Renaissance IPO, qui suit les sociétés américaines introduites en Bourse au cours des deux dernières années, a perdu plus de 45%, précise le Financial Times.

L'incertitude, l'ennemie numéro 1 des IPO

Le manque de visibilité induit par les conditions actuelles de marché, dissuade les candidats à s'introduire en Bourse. Et les dernières déclarations de Jerome Powell sur l'orientation de la politique monétaire de la Fed pour les mois à venir, n'est pas de nature à alimenter de futures opérations. D'autres hausses de taux sont à prévoir jusqu'à ce qu'elles viennent enfin à bout de l'inflation. Un contexte incompatible avec une entrée en Bourse de valeurs technologiques d'autant plus qu'elles sont les plus sensibles à l'évolution de la politique monétaire de la Fed.

"Il y a énormément d'incertitude sur le marché en ce moment, et l'incertitude est l'ennemi du marché des introductions en Bourse", a déclaré Matt Walsh, responsable des marchés de capitaux technologiques chez SVB Securities au FT.

Même les entrées en Bourse d'entreprises bien établies et rentables sont elles aussi susceptibles de recevoir un accueil timide, explique le Financial Times. C'est le cas de l'assureur-vie Corebridge, filiale du géant mondial de l’assurance et des services financiers AIG. Avec une levée de fonds supérieure au milliard de dollars - ce qui en fait la plus grosse introduction en Bourse de l'année aux Etats-Unis - cette arrivée s'est faite sur la pointe des pieds avec un prix fixé en bas de fourchette.

Même en intégrant la levée de fonds de Corebridge, le volume global des introductions en Bourse aux États-Unis s'est effondré de 94% par rapport à l'année précédente, avec seulement 7 milliards de dollars levés jusqu'à présent en 2022, contre 110 milliards de dollars à la même période l'année dernière, rapporte le Financial Times, citant les données de Dealogic.

Une réduction de la voilure pour préserver la rentabilité

Le Financial Times rappelle que les entreprises technologiques du S&P 500 ont tout juste atteint les estimations de bénéfices au deuxième trimestre et que les attentes pour le troisième trimestre ont été revues à la baisse à plusieurs reprises, les bénéfices étant désormais attendus en repli de 4% en glissement annuel.

"L'année dernière, il était peu question de rentabilité [parmi les candidats à l'introduction en Bourse, NDLR]. Maintenant il y en a plus, mais le problème quand on passe d'une histoire de croissance à une histoire de profit, c'est qu'il faut du temps pour que les sociétés puissent attester de leurs progrès en la matière, analyse Nicole Brookshire, associée du cabinet d'avocats Davis Polk pour le FT.

Aux yeux de Matt Walsh, les entreprises technologiques ont levé tellement de fonds avant la baisse des marchés qu'elles ne sont pas animées par "le même sentiment d'urgence". Selon lui, un "petit groupe" d'entreprises va toutefois tenter sa chance cette année. Mais pour la plupart de ces sociétés, elles ont d'ores et déjà annoncé avoir repoussé leur projet de cotation à 2023, le temps d'y voir un peu plus clair...

Sabrina Sadgui - ©2022 BFM Bourse
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