(Zonebourse.com) - L'Oréal signe de loin la plus forte hausse de l'indice CAC 40 jeudi matin après avoir fait état hier soir d'une nette progression de ses ventes au 1er trimestre, portée par une croissance à deux chiffres dans les produits professionnels et la beauté dermatologique et par une solide dynamique en Europe.
Le numéro un mondial des cosmétiques a également redressé la barre dans le luxe, où le groupe a surperformé son marché grâce notamment à une croissance élevée en Chine.
Le chiffre d'affaires du groupe, propriétaire des marques Garnier, Lancôme, Helena Rubinstein ou encore Aesop, est ressorti à 12,15 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année, contre 11,73 milliards un an plus tôt, soit une croissance de 7,6% en données publiées.
Très suivie, sa croissance à données comparables ajustée, c'est-à-dire organique, s'est accélérée pour atteindre 6,7% après 6% au 4e trimestre dépassant nettement les attentes des analystes qui anticipaient en moyenne une hausse de seulement 3,7%.
De l'Europe à la Chine, des produits professionnels au luxe, une surperformance globale
La division de beauté professionnelle a particulièrement brillé. Ses ventes ont grimpé de 13,1% à données comparables, portée par une stratégie omnicanale et une tendance à la montée en gamme (premiumisation) des salons via des services personnalisés.
Dans la "beauté dermatologique" (La Roche Posay, Vichy), la croissance s'est établie à 10,2%.
Les produits de luxe (Prada, Yves Saint Laurent ou Valentino) ont quant à eux signé une progression de 5,6%, soutenus par une croissance élevée à un chiffre en Chine.
Sur le plan géographique, le groupe a battu les attentes dans l'ensemble de ses principales régions.
En Europe, la croissance à données comparables ajustée s'est installée à 5,5%, contre 4,5% attendu.
Elle a atteint 7,6% en Amérique du Nord, à comparer avec un consensus de 7,4%, tandis que l'Asie du Nord réalise un solide début d'année ( 4,8% contre un consensus qui visait 3,8%), tirée par la Chine où la croissance a été supérieure à 5%, soit une nette accélération par rapport à l'année dernière.
Le marché applaudit la résilience du modèle
Dans une note de réaction, les analystes de Bernstein saluent des chiffres "robustes" avec une croissance organique de 6,7% au plus haut depuis deux ans.
"Après deux années difficiles pour le secteur comme pour le titre, L'Oréal semble être à un tournant", souligne le bureau d'études, qui maintient son opinion "performance en ligne avec le marché" avec un objectif de cours de 405 euros.
"Dans un marché de la beauté en pleine recomposition, la performance du 1er trimestre valide pleinement la robustesse du modèle multipolaire de L'Oréal, la montée en régime des catégories premium, la normalisation tangible du luxe, ainsi que la capacité du groupe à surperformer durablement le marché mondial, et ce malgré un environnement macroéconomique et géopolitique particulièrement contraint", salue pour sa part Sarah Thirion, chez TP ICAP Midcap.
Chez UBS, on applaudit une dynamique solide témoignant du caractère "supérieurement défensif" du titre. La banque suisse en profite pour renouveler son conseil d'achat avec un objectif de 430 euros.
Des perspectives robustes malgré les vents contraires
Comme à son habitude, L'Oréal s'est dit confiant dans sa capacité à surperformer le marché mondial des cosmétiques et à réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d'affaires et des résultats.
"Malgré les incertitudes géopolitiques et macroéconomiques actuelles, nous sommes optimistes quant aux perspectives du marché mondial de la beauté", a assuré Nicolas Hieronimus, son directeur général.
Le consensus anticipe pour 2026 une croissance organique de l'ordre de 5% pour une amélioration de la marge opérationnelle de 0,1 point.
Suite à cette publication, le titre L'Oréal grimpait de 8,3% à 373,6 euros à la Bourse de Paris jeudi vers 11h00, effaçant toutes ses pertes depuis le début de la guerre et repassant positif de presque 2% depuis le début de l'année, pour une capitalisation boursière de 188 milliards d'euros.
Seule réserve exprimée dans ce concert de louanges, les analystes de Deutsche Bank - qui restent à conserver avec un objectif de cours de 360 euros - conseillent aux investisseurs de ne pas trop s'emballer après ces annonces encourageantes, sachant qu'il convient de prendre en compte l'impact de tous les projets actuels de transformation IT.
"On observe une accélération réelle, mais vu les nombreux ajustements à effectuer, le marché devrait réagir favorablement tout en se gardant de tirer des conclusions trop hâtives pour la suite", avertit l'établissement allemand.
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