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KINEPOLIS GROUP

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Kinepolis group : Le fol été boursier des exploitants de salles de cinéma

samedi 3 septembre 2022 à 12h00
L'été a été intense pour les exploitants de salles

(BFM Bourse) - Le numéro 2 mondial du secteur, Cineworld, a récemment prévenu qu’il pourrait se placer sous le régime des faillites aux Etats-Unis, jetant un froid sur le secteur. L’américain AMC et le belge Kinepolis ont de leur côté publié des résultats encourageants.

Plombés par le Covid qui a vidé leurs complexes et concurrencés de plus en plus par les plateformes en ligne qui leur piquent des exclusivités, les exploitants de salles de cinémas ont la vie dure.

Selon le cabinet américain MoffettNathanson, cité par Les Echos et Business Insider, les recettes du box-office aux Etats-Unis devraient atteindre 7,9 milliards de dollars cette année, puis 8,5 milliards en 2023. Mais même à cette dernière date, elles resteraient en retrait de 26% par rapport à leur niveau de 2019.

Dans ce contexte pour le moins délicat, le britannique Cineworld a jeté en deux temps un froid sur l’ensemble du secteur. D’abord en prévenant mi-août que la fréquentation de ses salles était inférieure à ses attentes et qu’il n’attendait pas d’amélioration avant mi-novembre. Puis, à la suite d’indiscrétions rapportées par le Wall Street Journal, le groupe a dû confirmer qu’il envisageait de se placer sous la protection du "chapter 11", le régime des faillites aux Etats-Unis, où il possède Regal Cinemas.

Dans tous les cas, le groupe lesté d’une dette de 4 milliards de livres sterling (soit un peu moins de 5 milliards d’euros) doit restructurer son bilan. Dans cette optique, la société a prévenu que ses actionnaires doivent s’attendre à une forte dilution. En conséquence, l’action a fondu: le titre s’échange autour de 6 livres contre plus de 24 livres début août (soit -75%).

Top Gun et Dr Strange à la rescousse

Le numéro un mondial, l’américain AMC, a lui tenté de rassurer les investisseurs, évidemment inquiets que les difficultés de Cineworld se propagent. L’entreprise a assuré être confiante dans son avenir et a rappelé disposer de plus de 1 milliard de dollars de liquidités.

L’américain a l’avantage d’avoir précédemment publié des résultats trimestriels encourageants, début août. Sa perte nette a été divisée par plus de trois sur un an au deuxième trimestre à 121,6 millions de dollars et ses revenus ont été multipliés par près de trois, à 1,17 milliard de dollars. AMC a en outre généré un flux de trésorerie positif, de 52 millions de dollars.

Surtout, l’américain a indiqué que le mois de juillet avait été le meilleur en terme de fréquentations de ses salles depuis décembre 2019. Le groupe a été aidé par de nombreux blockbusters tels que Dr Strange ou Top Gun Maverick. Des films qui sont évidemment sortis aussi en Europe et au Royaume-Uni. "Cela soulève la question plutôt embarrassante de savoir ce qu'AMC fait de bien que Cineworld ne fait manifestement pas", s’interroge Michael Hewson, de CMC Markets.

Des "singes" très actifs en Bourse

AMC n’est pas tiré d’affaires pour autant. Tous passifs confondus, la dette du groupe avoisine 10 milliards de dollars. Mais le groupe possède un atout crucial qui manque à Cineworld: c’est un "meme stock". Ce terme fait référence aux actions prisées des investisseurs individuels américains pendant la pandémie. Ces traders particuliers se sont coordonnés sur les forums et les réseaux sociaux pour acheter leurs titres, les faire monter, et prendre ainsi à revers les vendeurs à découvert. Ces investisseurs se surnomment sur les forums les singes ("apes" en anglais), une référence à la Planète des singes ("Planet of Apes"), le célèbre film.

AMC a utilisé à bon escient sa popularité en levant environ 2 milliards de dollars sur les marchés actions l’an passé. La semaine dernière, le groupe a effectué un clin d’oeil appuyé à ses actionnaires individuels. AMC a distribué un dividende en titre, en créant une nouvelle classe d’actions dites préférentielles, qui donnent les mêmes droits que des actions ordinaires. Sauf en cas de faillite de l’entreprise où leurs détenteurs bénéficient d’un ordre de priorité plus important que ceux ayant des actions ordinaires pour obtenir un remboursement.

Ces actions préférentielles ont commencé à coter à Wall Street sous la mnemo APE ("ape", singe donc), référence explicite aux amoureux des "meme stocks". AMC a surtout prévenu qu’il pourrait utiliser ce nouvel outil pour lever davantage d’actions sur le marché et donc procéder à de nouvelles augmentations de capital. Le groupe possède des autorisations pour émettre jusqu’à 1 milliard de ces titres et n’en a émis pour le moment que la moitié, environ, pour payer son dividende en titre.

Kinepolis, la bonne recette belge

Au-delà d'AMC et Cineworld, Kinepolis a également marqué les esprits, en publiant récemment des résultats encourageants au titre de son premier semestre. Le groupe belge coté à la Bourse de Bruxelles a renoué avec un bénéfice de 9,1 millions d’euros. Ses revenus ont été multipliés par plus de six et, cerise sur le gâteau, sa fréquentation de juin a dépassé celle du même mois de 2019.

Ce qui amène les analystes à être optimistes sur l’avenir de l’action de Kinepolis, groupe qui exploite 14 salles en France. "On voit clairement que le groupe retourne vers les marges qui étaient les siennes avant la pandémie, avec un revenu au premier semestre proche de celui de 2019, et ce malgré un nombre de visiteurs inférieur, signe de la capacité de fixation des prix du groupe", souligne Kris Kippers de Degroof Petercam, cité par la société de Bourse belge Goldwasser Exchange.

Selon cette entreprise, Degroof Petercam, ING et Kepler Chevreux ont des objectifs de cours respectifs de 65, 77 et 72 euros sur le titre, alors que l’action s’échange autour de 42 euros, après avoir perdu près de 10% sur le derniers mois, pénalisé par les annonces de Cineworld.

En France, le groupe Gaumont, détenu à 89% par la famille Seydoux et spécialisé dans la production et la distribution de films et d’oeuvre pour la télévision et le cinéma, publiera ses résultats semestriels le 15 septembre.

Julien Marion - ©2022 BFM Bourse
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