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KERING

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Kering : Moncler, une cible de choix pour Kering, mais pas forcément une proie facile

jeudi 5 décembre 2019 à 11h05
Pour mettre la main sur Moncler, Kering devrait convaincre son PDG Ruffini

(BFM Bourse) - Le groupe de luxe contrôlé par la famille Pinault mène des discussions préliminaires avec l'italien Moncler, révèle Bloomberg. Ce qui fait s'envoler le titre à la Bourse de Milan à plus de 10 milliards d'euros de capitalisation. Les tarifs et les marges du fabricant de doudounes le placent indubitablement dans le luxe aujourd'hui. Reste à convaincre l'artisan de sa montée en gamme, Remo Ruffini, principal actionnaire de Moncler.

Après l'accord conclu par LVMH en vue de racheter Tiffany, une nouvelle acquisition pourrait animer le secteur du luxe. Selon Bloomberg, citant des sources au fait du projet, Kering a proposé à Moncler de rejoindre le groupe, sans qu'il soit évidemment possible d'affirmer à ce stade que l'opération se fera.

Néanmoins, le titre Moncler grimpe de 10,04% jeudi vers 10h00 à 42,68 euros. Cela porte à +45% la hausse du titre, qui fait partie des 40 valeurs de l'indice phare italien FTSE MIB, depuis le début de l'année. La perspective d'une telle opération profite aussi à Kering, dont le titre s'adjuge 1,6% (surperformant aussi bien le CAC 40, +0,36%, que son grand concurrent LVMH, +0,8% au même moment).

Atténuer la dépendance de Kering à Gucci

Introduit en Bourse en 2013, Moncler (qui a récemment enrôlé l'acteur américain Will Smith pour sa nouvelle campagne de communication, Genius is Born Crazy) pèse désormais plus de 10 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros lors du dernier exercice, assorti d'une marge d'exploitation supérieure à 35%. Des dimensions qui en feraient directement la troisième plus grande marque de Kering, calcule Mediobanca.

Au cours des neuf premiers mois de 2019, la firme a enregistré une croissance à deux chiffres de ses revenus (+12% à taux de change constants), en dépit "d'évènements externes inattendus ayant affecté notre performance dans certains marchés importants" - en clair les troubles à Hong Kong.

Racheter Moncler permettrait à l'ex-PPR d'étoffer son portefeuille de marques, pour atténuer sa dépendance actuelle à Gucci, lequel génère actuellement la majeure partie de ses profits mais dont la croissance tend à se modérer après des années d'expansion échevelée. Et accessoirement de ne pas se laisser distancer par LVMH dans la course aux actifs de luxe que se livrent depuis des années les deux rivaux tricolores.

Difficile de se passer du patron Remo Ruffini

Sur le papier, le capital de Moncler est largement ouvert avec un flottant de près de 65%. Mais il paraît difficilement envisageable que l'opération se fasse sans l'assentiment du PDG Remo Ruffini. C'est en effet l'entrepreneur lombard qui a fait de la marque, fondée en France à Monestier-de-Clermont en 1952, une icône de la mode dont les produits se vendent aussi bien (voir davantage) à Dubai ou Miami que dans les stations alpines.

À partir de 1998, Remo Ruffini a assuré le rôle de directeur de la création de la marque qui sortait de redressement judiciaire, avant de racheter l'entreprise en 2003 avec le soutien de fonds d'investissement, bien décidé à la repositionner dans le haut-de-gamme via des collaborations avec des designers de renom notamment. Via sa holding Ruffini Partecipazioni S.r.l., il détient aujourd'hui un bloc de 22,5% du capital. Et il continue à jouer un rôle tel dans le développement de l'entreprise, qui compte plus de 300 magasins dans le monde, qu'il serait difficile à un nouveau propriétaire de se passer de son implication.

"Nous pensons qu'il importerait que Remo Ruffini conserver le leadership créatif et stratégique" de Moncler pour que l'opération soit un succès, estime le bureau d'études Equita. Le dirigeant italien pourrait envisager favorablement une proposition qui garantirait à la fois une autonomie de décision et un soutien matériel, dans la lignée de ce que Kering a jusqu'ici montré à l'égard des marques de son portefeuille, estime Equita, qui estime que le français pourrait offrir jusqu'à 50 euros par action.

De son côté, Moncler a publié à la mi-journée un communiqué indiquant que Remo Ruffini, en tant qu'actionnaire de l'entreprise, maintenait des contacts et des échanges avec des investisseurs et d'autres acteurs du secteur, dont le groupe Kering, "en vue d'explorer de potentielles opportunités stratégiques" pour poursuivre le développement de Moncler. Toutefois, "aucune hypothèse ferme n'est actuellement à l'étude", a nuancé le groupe italien.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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