(BFM Bourse) - Le laboratoire pharmaceutique a présenté les résultats d'une étude de phase II évaluant sa molécule corabotase sur les rides glabellaires, ou "rides du lion". Le marché boude les annonces d'Ipsen.
Ipsen a fait le point sur ses essais cliniques évaluant sa molécule corabotase en tant que traitement expérimental dans des indications esthétiques.
Les dernières données cliniques concernent l'effet de son traitement expérimental contre les rides glabellaires modérées à sévères, ou plus communément appelées "rides du lion". La glabelle est en effet la zone du visage située entre les deux sourcils.
Une évolution "potentiellement différenciante"
La laboratoire pharmaceutique a dévoilé des résultats de phase II (stade intermédiaire qui vise à démontrer l'efficacité d'un traitement, NDLR) qui montrent que les patients traités avec la corabotase ont présenté un délai d'action rapide de 0,84 jour et un pic d'effet statistiquement supérieur à celui du placebo.
"A la semaine 24, 60,8% des patients traités avec la corabotase ont présenté une durée d'effet cliniquement significative et soutenue par rapport au placebo et au Dysport (toxine botulique commercialisée par Ipsen), définie par un score de 'aucune' ou 'légère' pour la sévérité des rides", détaille Ipsen, qui ajoute que les " scores de satisfaction des patients à la semaine 24 s'élevaient à 82.8%".
Ipsen ajoute qu'à l'issue de l'analyse de ces données, la dose de 50 nanogrammes (ng) a été retenue pour faire l'objet d'une évaluation plus approfondie dans le cadre de son programme de phase III LAURITE.
Ces nouvelles données ont été présentées samedi 16 mai lors du symposium Scale 2026 à Nashville, dans le Tennessee.
La veille de la publication de ces résultats cliniques, les analystes d'Allinvest Securities rappelaient que la corabotase est présentée comme le premier neuro-inhibiteur recombinant d’une nouvelle classe, reconnue par l’OMS et l’USAN (United States Adopted Name, un système de noms génériques pour les médicaments utilisés aux US), et constitue une évolution potentiellement différenciante par rapport aux toxines botuliques classiques.
"Avec ce nouvel actif, Ipsen cherche à consolider son leadership historique dans les neurosciences et l’esthétique médicale, au-delà de Dysport. La corabotase a été conçue par ingénierie protéique pour combiner un domaine catalytique actif et un domaine de liaison à affinité renforcée, avec l’objectif d’améliorer l’absorption, la résistance à la dégradation et la durée d’inhibition de la libération des neurotransmetteurs", détaillait le bureau d'études.
Chute de l'action
Ipsen est pourtant en mauvaise posture après la publication de ces résultats, lundi 18 mai. Son action chute de 8% vers 16 heures à la Bourse de Paris, accusant la plus forte baisse du SBF 120 après que le groupe a livré ces résultats d'essais cliniques qui s'avèrent des "données encourageantes", "nécessaires", "même si pas complètement suffisantes".
Le bureau d'études souligne que l’annonce bien que "positive et encourageante", nécessite cependant "des validations ultérieures, avec les résultats en rides du front et des commissures oculaires attendus au second semestre 2026".
Un programme clinique plus large de Phase II/III est en cours dans plusieurs indications esthétiques et thérapeutiques, rappelaient vendredi 15 mai, les analystes d'Allivest Securities.
"La corabotase pourrait permettre au groupe de défendre et prolonger sa franchise neurotoxines face à une concurrence intense, en apportant un profil potentiellement différencié sur la rapidité d’action, la durée d’effet et la reproductibilité industrielle", ajoutait l'intermédiaire financier.
Oddo BHF insiste sur la taille du marché, évaluée entre 5 milliards et 6 milliards de dollars et sur l'avantage que présenterait une toxine d'action longue, notamment face au Botox qui a une durée d'action établie à 3-6 mois (ou en élargissant le marché, car une action longue pourrait convaincre certains patients/clients nouveaux).
Le bureau d'études reste neutre sur le dossier, avec un objectif de cours de 170 euros, avançant un scénario "crédible" d'un pic des ventes proche de 800 millions d'euros à 1 milliard d'euros, comprenant une cannibalisation partielle de Dysport, le concurrent du botox.
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