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IMERYS

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Imerys : Le spécialiste des minéraux industriels Imerys subit sa plus forte chute depuis 1997

mardi 7 mai 2019 à 16h10
Imerys dégringole en Bourse

(BFM Bourse) - Ahurissant, invraisemblable, hallucinant, incompréhensible, les qualificatifs ne manquent pas du côté des analystes et des investisseurs pour qualifier ce que tous considèrent comme une énorme erreur de communication. Le groupe a en effet omis de préciser que le problème dans son usine de Willsboro était lié à l'amiante. En sus, Imerys a également fait part de résultats trimestriels décevants...

Vers 16h, l'action Imerys dévisse de 12,3% -plus forte chute du SRD- à 41,4 euros et semble en bonne voie pour réaliser sa pire séance en Bourse depuis... le 23 septembre 1997, dans un volume d'échanges correspondant nourri correspondant à 1% du tour de table. Le plongeon du jour intervient au lendemain d'un recul de 1,9% et ramène le titre en territoire négatif depuis le début de l'année (-1,3%).

Invraisemblable erreur de communication

Si Imerys décroche très nettement, mardi, à la Bourse de Paris, c'est que les investisseurs s'inquiètent de l'annonce de la prolongation de l'arrêt d'une usine du groupe à Willsboro, aux États-Unis, jusqu'au troisième trimestre 2019. Située dans l'État de New York, cette usine de wollastonite (un minerai utilisé dans les céramiques, les peintures, les plastiques et les parties de carrosserie) a été fermée en raison d'une contamination à l'amiante. Sauf que, c'est là le hic, l'entreprise a d'abord indiqué, lundi soir, avoir fermé de façon temporaire son usine américaine, sans fournir plus d'explications.

Imerys a ensuite déclaré que l'arrêt était lié à des problèmes de qualité, avant de finalement dévoiler le rapport à l'amiante lors de sa conférence téléphonique avec les analystes, quand l'un d'entre eux (Sven Edelfelt d'Oddo BHF) a mis le directeur général du groupe Conrad Keijzer devant le fait accompli, l'information étant sortie le matin même dans une revue spécialisée...

À noter que le CEO nommé en mai dernier n'avait, dans un premier temps, pas jugé utile de mentionner l'amiante quand l'analyste de Kepler Cheuvreux, Josep Pujal, lui avait demandé plus d'explications sur la fermeture de l'usine auparavant.

Le dirigeant a donc fini par reconnaître cet élément, précisant néanmoins que les traces d'amiante retrouvées dans l'usine étaient inférieures aux normes, selon la retranscription écrite de la conférence. "Les tests ont révélé des traces d’amiante seulement dans certains produits, et aucune contamination de l’air de l’usine. La mine aurait été fermée par précaution. Selon les articles de presse disponibles, Imerys a été informé du problème cet été par un client" indique Sven Edelfelt dans sa note matinale.

Conrad Keijzer a en outre affirmé que le groupe allait lancer une nouvelle campagne minière pour s'assurer que les traces d'amiante ont bien disparu.

L'annonce du dirigeant a semble-t-il pris de court les analystes et plus encore les investisseurs, qui se sentent trahis selon un spécialiste du dossier. Pour celui-ci, une telle erreur de communication est "juste invraisemblable" et "catastrophique en terme d'image". "Au mieux, c'est un oubli et ils sont incompétents, au pire ils sont malhonnêtes" fulmine-t-il.

Imerys estime que l'arrêt de la mine a eu un impact de 3,4 millions d'euros sur son résultat opérationnel courant du premier trimestre, et qu'il devrait amputer de 25 millions d'euros environ le résultat net annuel du groupe, une somme provisionnée par le groupe.

Un premier trimestre en-deçà des attentes

Le groupe qui opère dans l'extraction et la transformation de minéraux a également fait part d'un bénéfice net en recul de 8,7% à 67,2 millions d'euros sur les trois premiers mois de l'année, plombé par la baisse des volumes de ventes, notamment dans les marchés de l'automobile en Europe et de l'industrie.Le résultat opérationnel du groupe ressort à 109,6 millions d'euros (-13,1%) quand les analystes d'Oddo BHF tablaient sur 126 millions d'euros.

Le recul de ce dernier est donc "largement supérieur à celui observé au T4 et au T3 (environ -3%)" notent les analystes du broker franco-allemand. Quant à la marge opérationnelle, elle s'est établie à 9.8% au premier trimestre, en baisse de 1,7% au premier trimestre après avoir déjà reculé de 0,4% au T4 2018 et de 1% au T3" observe le bureau d'études. Pour ce dernier, le groupe "a souffert des problèmes dans sa mine américaine de wollastonite (-3 M€), de la déconsolidation du Talc US décidées mi-février (-4 M€) et des problèmes de stocks/autres (+7 M€) mais Imerys a néanmoins bénéficié du soutien du Forex (+6 M€), des effet prix/coûts (+1 M€) et de programmes de réduction des coûts (+6 M€).

Utilisé notamment pour protéger la peau des bébés, le talc est au cœur d'une controverse aux Etats-Unis où des femmes accusent le produit -vendu notramment par le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson- d'avoir provoqué des cancers. Imerys a déclaré lundi que le processus judiciaire se déroulait conformément aux prévisions concernant ses filiales nord-américaines de talc, trois d'entre elles s'étant placées sous la protection du "chapitre 11" pour régler leurs litiges historiques.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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