(BFM Bourse) - La banque est passée d'"acheter" à "conserver" sur l'action du maroquinier-sellier ce lundi 14 juillet. Certes, le meilleur élève du luxe reste à part. Mais sa publication du deuxième trimestre ne constituera pas un catalyseur. Et la banque estime que les multiples de valorisation d'Hermès peuvent difficilement monter plus haut.
Voir Hermès accuser la plus forte baisse du CAC 40 n'est guère monnaie courante. Le maroquinier-sellier est bien davantage habitué à figurer au tableau d'honneur, grâce à sa capacité à surperformer le marché (et son secteur) en toutes circonstances.
Dans un article publié en début d'année, nous remarquions d'ailleurs que le groupe de luxe signait à la fois la deuxième meilleure performance du CAC 40 sur trois ans, et, surtout, la meilleure, sur cinq ans et dix ans.
Ce lundi 14 juillet, Hermès évolue toutefois en queue de peloton de l'indice, abandonnant 2,2% vers 10h30, après avoir reculé de plus de 3,2% au plus de la matinée.
Le titre est pénalisé par un abaissement de recommandation de la part de Jefferies qui est passée d'"acheter" à "conserver" sur l'action tout en maintenant son objectif de cours à 2.460 euros. Cette cible s'avère grosso modo alignée sur le cours de clôture de vendredi de l'action (2.436 euros).
Jefferies vient quelque peu bousculer le consensus, Hermès étant une valeur sur laquelle la grande majorité des analystes sont positionnés à l'achat. Selon investing.com, 14 des 21 bureaux d'études suivant le titre recommandent de l'acheter, 5 de le conserver et de 2 de le vendre.
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Hermès est "toujours spécial"
Dans sa note, Jefferies ne reproche pas grand-chose à Hermès. Le sellier-maroquinier est "toujours très spécial", reconnaît d'ailleurs la banque.
L'intermédiaire financier estime que, à l'occasion de la publication de son activité du deuxième trimestre, Hermès démontrera une nouvelle fois qu'il reste "un leader du secteur dans ce qui sera une fois de plus un trimestre difficile pour le luxe (compte tenu de la réduction des dépenses globales des consommateurs chinois et de la pression exercée sur les voyages)".
Cette résilience s'avère "impressionnante", admet l'intermédiaire financier. Mais pour autant la publication du groupe "ne devrait pas révéler une accélération significative de la croissance malgré des prix plus fermes aux États-Unis et la réduction des contraintes" du côté de l'offre, ajoute la banque.
Selon Jefferies, Hermès a passé une hausse de ses prix "mid-single-digit" (entre 4% et 6%) aux États-Unis, le 1er mai, et a desserré l'étau au niveau de sa production dans le pays. Ce qui conduit Jefferies à tabler sur une progression de ses revenus dans la zone "Amériques" de 12% en données comparables au deuxième trimestre.
Cette région sera particulièrement scrutée par les investisseurs lors de la publication d'Hermès, le 30 juillet prochain, étant donné que "les États-Unis se sont révélés être un moteur essentiel pour la marque au cours des derniers trimestres", écrit la banque.
...Mais trop cher
Jefferies s'attend, plus largement, à ce que la croissance d'Hermès atteigne 8% en données comparables au deuxième trimestre, marquant une accélération modeste par rapport au chiffre de 7,2% enregistré sur les trois premiers mois de 2025. L'intermédiaire financier table, par ailleurs, sur un résultat opérationnel de 3,28 milliards d'euros sur l'ensemble du premier semestre 2025, contre 3,26 milliards pour le consensus. Sur les six premiers mois de 2024, Hermès avait dégagé un résultat opérationnel de 3,1 milliards d'euros.
À la vue de ces prévisions, Jefferies a mis à jour ses estimations sur Hermès, intégrant des effets de changes plus défavorables, ce qui conduit la banque à abaisser sa prévision de bénéfice par action de 5% pour 2025 et de 10% pour 2026.
Pas de quoi changer l'objectif de cours de la banque sur l'action, certes. Mais maintenant que le titre Hermès a atteint voire dépasser la cible de Jefferies, le bureau d'études préfère rester sur la touche.
La valorisation d'Hermès est désormais trop élevée pour justifier un conseil à l'achat, selon la banque. Il faudrait, pour cela, que l'action du groupe de luxe puisse étendre ses multiples de valorisation jusqu'à 60 fois le bénéfice par titre attendu en 2026.
Or Jefferies "peine" à voir un tel scénario. L'établissement estime qu'un multiple de 50 fois le bénéfice par action attendu reflète davantage le potentiel de croissance du groupe et s'avère plus en ligne avec ses primes historiques par rapport à l'indice paneuropéen Stoxx Europe 600 (entre 67% et 468% depuis 2019, et 240% actuellement) et à Ferrari (entre -11% et 14% et autour de 6% à l'heure actuelle).
"Une ré-accélération plus significative de la croissance dans les divisions autres que la maroquinerie pourrait aider à construire la thèse d'un retour sur les multiples les plus élevés, en particulier si cela coïncide avec la possibilité de trianguler des perspectives de demande plus constructives pour le cluster (les dépenses domestiques et à l'étranger cumulées, NDLR) chinois", explique néanmoins Jefferies.
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