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Havas : Vincent Bolloré renforce son emprise sur Vivendi

Vincent Bolloré renforce son emprise sur VivendiVincent Bolloré renforce son emprise sur Vivendi

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Vincent Bolloré a remporté vendredi la bataille des droits de vote doubles chez Vivendi, ce qui lui permettra dès l'an prochain de renforcer son emprise sur le groupe de médias quatre ans après y être entré.

Réunis en assemblée générale dans la salle de l'Olympia, plus habituée aux stars de la musique qu'aux dirigeants du CAC 40, les actionnaires ont rejeté une résolution de la société de gestion française PhiTrust Active Investors qui voulait maintenir le principe d'"une action-une voix".

Le texte a reçu un peu plus de 50% de votes favorables, un score insuffisant puisqu'une majorité des deux-tiers était nécessaire pour bloquer la loi Florange, un dispositif adopté par le parlement français l'an dernier visant à favoriser l'actionnariat de long terme.

Le texte "favorise de fait les investisseurs voulant exercer le contrôle d'une société cotée sans payer de prime de contrôle", a plaidé une dernière fois Denis Branche, représentant de PhiTrust, avant le vote des actionnaires.

Mais, l'issue du scrutin faisait peu de doutes après la récente montée au capital de Vincent Bolloré qui a mis 2,8 milliards d'euros sur la table ces dernières semaines pour quasiment tripler sa participation à environ 14,5%.

A compter du printemps 2016, celui qui préside le conseil de surveillance de Vivendi depuis juin 2014 devrait contrôler autour de 17 à 19% des droits de vote sur la base des 5% du capital qu'il détenait il y a deux ans, s'assurant d'une latitude confortable pour piloter le groupe au moment où celui-ci s'invente un nouveau futur dans les médias et les contenus.

Cette emprise, qui se renforcera encore l'année suivante, est amplifiée par l'actionnariat éclaté de Vivendi dont le deuxième actionnaire, le fonds américain Blackrock, émarge à seulement 5% du capital.

"Je suggère que les actionnaires qui veulent peser restent deux ans", a lancé Vincent Bolloré, faisant valoir que de grands rivaux de Vivendi tels que les géants Facebook ou Google bénéficiaient de droits de vote multiples, donnant à leurs dirigeants une grande agilité dans leur prise de décision.

D'AUTRES ACQUISITIONS EN 2015

Pour cette première assemblée générale présidée par Vincent Bolloré, les attentes étaient fortes quant à une clarification de la stratégie du groupe, jusque-là resté succinct sur ses intentions.

Vincent Bolloré, qui a réaffirmé sa volonté de bâtir un champion européen capable de produire des contenus et de les distribuer, a demandé du temps soulignant que le secteur "glamour" des contenus "intéressait beaucoup de monde".,

"Vous n'avez pas de stratégie Monsieur", l'a interpellé un actionnaire dans la salle, regrettant la vente d'une grande partie des actifs du groupe et déplorant le niveau actuel du cours de Bourse.

Magnant le flegme et l'humour, Vincent Bolloré a rappelé son bilan boursier à la tête de ses autres actifs comme son groupe familial dont la valorisation est passée de 3 millions à 15 milliards d'euros. Depuis son entrée chez Vivendi en 2012, le titre est passé de 16 à 24 euros, a-t-il également souligné.

Vers 15h30, le titre reculait de 0,91% à 23,51 euros, légèrement moins que l'indice CAC 40 (-1,2%). Le titre a progressé de 13,6% depuis le début de l'année.

"Moi je ne gère pas un fonds, c'est mon argent. Pourquoi voulez-vous que je mette quatre milliards dans une maison à laquelle je ne crois pas", a-t-il lancé, en invitant à faire un bilan de son action dans deux ans.

Il s'est refusé à tout commentaire concernant les spéculations sur ses projets d'acquisition.

"On ne se contentera pas de l'acquisition de Dailymotion en 2015", a-t-il toutefois indiqué, en faisant référence aux négociations exclusives en cours pour racheter à Orange sa filiale de vidéos en ligne pour 217 millions.

Un comité stratégique se réunira le 12 mai pour discuter d'éventuels projets d'acquisition, a-t-il dit.

En dépit du niveau élevé d'incertitudes autour de Vivendi et de l'utilisation qu'il compte faire de la montagne de cash accumulée après une série de cessions, certains analystes jugent qu'il pourrait constituer un investissement attractif pour les investisseurs prêts à suivre Vincent Bolloré dans la durée.

"Nous pensons que les acquisitions seront ciblées, de taille modeste (entre un et quatre milliards d'euros maximum) et qu'elles feront l'objet de stricts critères financiers (à l'instar de ce que Vincent Bolloré a fait chez Havas)", estimaient les analystes d'Oddo dans une note publiée cette semaine.

(Avec Alexandre Bokenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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