(BFM Bourse) - Le groupe français gagne 6% ce mercredi après s'être déjà adjugé 8,7% la veille. La société a rassuré le marché sur ses perspectives en amont de ses ventes trimestrielles tandis que Bank of America est passée à l'achat, jugeant que le titre s'avère trop bon marché pour être ignorée.
Encore plus que les constructeurs automobiles, les équipementiers ont mordu la poussière en Bourse ces récentes années.
Forvia a totalement été pris dans la tempête. L'action de la société née en 2022 du rachat de l'allemand Hella par le français Faurecia s'effondre de 24,6% cette année et de 72,6% sur cinq ans.
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La société française et ex-filiale de Peugeot SA a subi le cocktail explosif qui a malmené l'ensemble des acteurs du secteur (crises des semi-conducteurs, concurrence des équipementiers chinois, pandémie, droits de douanes, envolée des coûts des matières premières, baisse de la production automobile, incertitudes sur l'électrification).
Forvia a d'autant plus joué de malchance que le rachat d'Hella pour 5,3 milliards d'euros (pour un peu moins de 80% du capital) a certes ajouté plusieurs cordes stratégiques à son arc.
Mais cette opération structurante, survenue au "mauvais moment" (juste avant l'envolée de l'inflation) a considérablement alourdi l'endettement de l'entreprise, provoquant un stress de marché accru sur son bilan. L'entreprise a dû, ces dernières années, procédé à des cessions et rassurer en permanence les investisseurs sur la qualité de sa génération de trésorerie et sur sa trajectoire de désendettement.
Des indications rassurantes
"Le niveau d'endettement élevé consécutif à l'acquisition de Hella accroît le risque financier et limite la flexibilité, une situation encore aggravée par la lenteur de la mise en œuvre du programme de cessions, qui pèse sur les efforts de désendettement en cours", expliquait au début de l'année le bureau d'études indépendant Alphavalue dans sa présentation générale de l'entreprise.
L'équipementier automobile impliqué dans de nombreux métiers (éclairages, sièges, équipements de bord, propulsion, électronique) reprend toutefois du poil de la bête depuis deux séances.
Forvia s'adjuge 6% ce mercredi 7 octobre vers 15h après avoir déjà gagné 8,7% la veille, portant la hausse sur deux séances à 15,2%.
Mardi, le groupe avait organisé une conférence "pre-close" avec les analystes. Ces conférences servent à donner de dernières indications au marché avant la période de réserve ("quiet period") durant laquelle l'entreprise s'abstient de communiquer aux investisseurs et qui précède une publication (en l'occurence les ventes du troisième trimestre).
Lors de cette réunion, la société a confirmé qu'elle était en bonne voie pour finaliser la cession de sa division d'équipements intérieurs, une vente qui avait été annoncée au début de l'année et qui doit réduire sa dette nette à hauteur d'un milliard d'euros.
"Dans l'ensemble, le message reste positif, confirmant une solide surperformance organique sur les principaux marchés de l'Union européenne et d'Amérique du Nord, ainsi qu'une amélioration en Chine. À taux de change constants, Forvia continue de se diriger vers la moitié supérieure de sa fourchette prévisionnelle de chiffre d'affaires", rapportait Barclays. Citi pour sa part évoque un "ton confiant", grâce notamment aux ventes de sièges en Chine pour BYD.
Ce mercredi, le titre bénéficie d'un relèvement de deux crans de la part de Bank of America qui est passé de "sous-performance", équivalent de vendre, à "acheter", avec un objectif de cours relevé à 14 euros contre 10,5 euros, cible qui accorde un potentiel d'environ 40% à la valeur.
La banque américaine estime que le "rerating", c'est-à-dire la réappréciation des multiples boursiers de Forvia, ne fait que commencer.
"Nous estimons que le marché sous-estime la dynamique générée par la nouvelle direction, dont les effets – meilleures marges, désendettement rapide et flux de trésorerie disponible plus solide – devraient se concrétiser à partir de 2027", apprécie Bank of America.
Les principaux facteurs d'amélioration des résultats "sont sous le contrôle de Forvia : 110 millions d’euros d’économies en 2026, 120 millions d’euros supplémentaires de réductions de coûts en 2027 et le redressement progressif de l’activité éclairage", avance l'établissement.
"La hausse des marges et l’amélioration de la génération de trésorerie devraient soutenir le désendettement, sans recourir à de nouvelles cessions. Nous prévoyons que le ratio d'endettement recule à 1,2 en 2028 (contre 1,6 en 2026), tandis que les charges financières baisseront d'environ 85 millions d'euros pour s'établir à 400 millions d'euros. Cela devrait lever une contrainte historique majeure pesant sur les résultats et la conversion en trésorerie, conférant à Forvia un profil plus résilient d'ici 2028", poursuit Bank of America.
L'établissement souligne également que la vente de la division intérieurs du groupe expose sa sous valorisation car le reste des activités de Forvia implique une valeur d'entreprise représentant 6,4 fois le résultat opérationnel de 2027 contre 7,2 fois en moyenne pour les équipementiers automobiles.
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