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Berlin et Paris prêts à desserrer l'étau sur les voitures thermiques? La rumeur fait grimper Renault, Stellantis et Volkswagen en Bourse

Aujourd'hui à 12:44
Renault monte en Bourse

(BFM Bourse) - Selon le Handelsblatt, Paris et Berlin se seraient accordés sur une position commune pour alléger la régulation encadrant l'interdiction de ventes des véhicules à motorisations thermiques à l'horizon 2035, ce qui soutient les constructeurs.

Un peu comme chaque année, l'automobile européenne demeure le grand secteur à la peine en Bourse (même si le luxe n'est en réalité pas beaucoup plus fringant en 2026).

L'indice sectoriel Stoxx Europe 600 Automobile and Parts abandonne 21,7% depuis le début de l'année.

Le secteur a été frappé par de nombreux vents défavorables depuis le début de l'année. La faiblesse du marché chinois a pesé sur les groupes allemands, Volkswagen, BMW. L'association professionnelle des constructeurs chinois s'attend à ce que le marché plonge de 14,3% sur un an en 2026.

L'offensive des constructeurs chinois en Europe a également inquiété les investisseurs. Puisque leur marché domestique est saturé, ces groupes ont mis de grands moyens à l'export pour assurer leur croissance. Selon Barclays, leur part de marché a atteint 14% dans les cinq plus grands pays européens en septembre.

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Des valorisations à la casse

"Dans une industrie automobile avec une croissance à long terme minimale, un excès d'offre mondial chronique, une concurrence chinoise à bas coût et une réglementation européenne très stricte, il n'est pas surprenant que le retour sur investissement soit faible", pointe Citi.

Les avertissements sur résultats se sont encore multipliés, Volkswagen en a passé deux, BMW un.

Les valorisations du secteur évoluent tellement à la casse que la moindre rumeur peut les relancer un tantinet.

Ce mercredi 7 octobre, l'ensemble du compartiment automobile progresse. Renault signe vers 12h la plus forte hausse du CAC 40 avec un gain de 1,9% tandis que Stellantis prend 1%. Volkswagen à Francfort prend 1,74%. Les équipementiers autos avancent également. Forvia prend 9,5%, également soutenu par Bank of America qui a rehaussé de deux crans son opinion à l'achat, OPMobility gagne 5,5% tandis que Valeo s'adjuge 3%.

Selon un analyste, la hausse du secteur s'explique par les informations du quotidien économique allemand Handelsblatt.

Le journal économique rapporte, citant trois sources proches du dossier, que Berlin et Paris se seraient mis d'accord pour plaider pour davantage de flexibilité sur la future quasi-interdiction de la vente de véhicules à motorisation thermiques neufs à l'horizon 2035.

Les Européens avaient déjà apporté un coup de canif à cette interdiction en décembre dernier en décidant de passer d'une baisse de 100% des émissions de dioxyde de carbone sur les nouvelles flottes (ce qui revient à passer au tout électrique) à 90%.

Les 10% restants pourraient être compensés par l'utilisation d'acier bas carbone produit dans l'Union européenne, mais aussi d'e-carburants ou de biocarburants. Bruxelles assume que ce système permettrait aux hybrides rechargeables, aux hybrides légers, aux véhicules dotés d'un prolongateur d'autonomie et même à certains véhicules thermiques de continuer à être commercialisés après 2035.

L'initiative franco-allemande révélée par le Handelsblatt irait plus loin. Dix points supplémentaires seraient retirés de l'effort demandé aux constructeurs, sans avoir à être compensés. Le Handelsblatt assure que les grandes lignes de l'accord entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz sont arrêtées, même si certains paramètres restent encore en discussion entre Paris et Berlin.

Une telle décision donnerait davantage de leviers aux constructeurs automobiles et soulageraient quelque peu leurs comptes de résultats.

Un catalyseur à venir

"Affaiblir les règles de régulation sur le thermique est une bonne chose du point de vue du marché car le thermique est bien plus rentable que l'électrique. Par ailleurs, cela peut donner l'impression aux investisseurs que les Européens se rendent compte du sentiment d'urgence sur le secteur européen, pris en étau entre la Chine et les États-Unis où la régulation est beaucoup plus favorable", estime l'analyste précédemment cité.

Les éventuelles évolutions réglementaires demeurent l'une des rares planches de salut potentielle pour le secteur en Bourse.

Dans une note publiée ce mercredi, Barclays réitère son opinion négative sur le secteur automobile européen, mais souligne toutefois que les constructeurs automobiles "mass market" (Renault, Volkswagen, Stellantis) pourrait bénéficier de l'issue de la visite du commissaire européenne au commerce, Maros Sefcovic, en Chine les 8 et 9 octobre (jeudi et vendredi).

Cette visite est censée permettre de résoudre à l'amiable les déséquilibres commerciaux entre l'Europe et la Chine.

Barclays pense que ces discussions pourraient déboucher sur un prix minimum d'import sur les automobiles ou de quotas.

"L'Europe se trouve dans une situation délicate. Elle doit faire face à la forte progression des parts de marché chinoises en Europe, mais souhaite éviter une guerre commerciale", expose la banque britannique.

Par Julien Marion avec Frédéric Bianchi

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