Bourse > Eiffage > Eiffage : Sacyr dispensé d'opa sur eiffage, pourra vendre sa part
EIFFAGEEIFFAGE FGR - FR0000130452 FGR - FR0000130452   SRD PEA PEA-PME
92.250 € +0.47 % Temps réel Euronext Paris
92.030 €Ouverture : +0.24 %Perf Ouverture : 92.320 €+ Haut : 91.310 €+ Bas :
91.820 €Clôture veille : 249 820Volume : +0.25 %Capi échangé : 9 041 M€Capi. :

Eiffage : Sacyr dispensé d'opa sur eiffage, pourra vendre sa part

tradingsat

par Pascale Denis et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La cour d'appel de Paris a invalidé pour des questions de forme l'obligation faite à Sacyr Vallehermoso par l'AMF de déposer une offre sur Eiffage, tout en reconnaissant l'existence d'une action de concert entre Sacyr et plusieurs investisseurs espagnols dans le capital du groupe de BTP.

Cette décision devrait, de l'avis des analystes, déboucher sur une cession rapide de la participation de 33,2% du groupe espagnol dans le français, valorisée, aux cours actuels, à environ 1,9 milliards d'euros.

"Maintenant que le terrain judiciaire est clarifié, Sacyr pourrait décider de vendre sa part", a déclaré un analyste sous couvert d'anonymat.

Cette solution paraît la plus probable au vu des difficultés de Sacyr, dont le cours de Bourse a été divisé par près de deux depuis douze mois. Le groupe paye ainsi une exposition importante au secteur de l'immobilier espagnol en crise et se débat avec une dette de près de 20 milliards d'euros.

Eiffage s'est réjoui que la cour d'appel ait reconnu le "bien fondé" de la position de son conseil d'administration, qui avait dénoncé l'existence d'une action de concert entre Sacyr et d'autres investisseurs espagnols, ajoutant que sa décision marquait "une étape importante" dans la défense de ses actionnaires face à la "tentative de prise de contrôle" initiée par le groupe ibérique.

MANOEUVRES "À CARACTÈRE SUBREPTICE"

Sacyr, qui aurait eu à débourser huit milliards d'euros pour acquérir les deux tiers d'Eiffage qu'il ne détient pas, soit plus de deux fois leur valeur de marché actuelle, s'est dit pareillement satisfait du jugement.

Son président, Luis del Rivero, a déclaré que le conseil prendrait prochainement une décision sur sa participation.

L'action du groupe espagnol progressait de 4% peu avant 17h00 à la Bourse de Paris, tandis que celle d'Eiffage perdait 3,13% à Paris.

La cour d'appel a donné raison sur le fond à l'Autorité des marchés financiers pour sa décision de non conformité d'un projet d'OPE déposé dans un premier temps par Sacyr, en estimant que ce dernier s'était livré à des manoeuvres "au caractère subreptice" avec d'autres actionnaires espagnols pour tenter d'imposer ses vues au conseil d'administration d'Eiffage lors de l'assemblée générale du groupe d'avril dernier.

Mais elle reproche à l'AMF de ne pas avoir séparé son avis de conformité sur le projet d'OPE de Sacyr de l'obligation qui a été faite à ce dernier de lancer une OPA.

Elle a estimé qu'en ne respectant pas une procédure en deux temps, elle n'avait pas permis aux actionnaires "concertistes" de faire entendre leur position.

TRAITEMENT SÉPARÉ

"La cour d'appel reconnaît l'action de concert mais considère que l'AMF aurait dû traiter séparément l'analyse du projet d'OPE de Sacyr et celle des conséquences du concert", a précisé à Reuters Isabelle MacElhone, avocate associée du cabinet Hogan & Hartson.

Sa décision dégage en outre le terrain pour une autre procédure intentée auprès du tribunal de commerce de Nanterre, qui, saisi par Sacyr et ses alliés, doit se prononcer le 6 mai sur une demande d'annulation des décisions de l'assemblée générale d'Eiffage tenue le 18 avril dernier.

Le bureau de l'assemblée avait alors privé de droits 89 actionnaires espagnols représentant 17,6% des droits de vote d'Eiffage en les accusant d'agir secrètement de concert avec Sacyr - qui réclamait cinq postes au conseil et dont la demande a été rejetée - afin de prendre le contrôle de la société.

Cette action de concert, qui donnait à Sacyr plus du tiers du capital d'Eiffage, avait été reconnue par l'AMF, qui avait exigé de l'espagnol qu'il lance une offre assortie d'une option en numéraire sur Eiffage et sur sa filiale APRR.

L'AMF avait identifié six sociétés espagnoles, qui contestaient également sa décision en appel, comme ayant agi de concert avec Sacyr.

Si la cour d'appel avait confirmé cette décision, Sacyr aurait dû formuler une offre à un prix fort, de plus de 127 euros, représentant le prix maximum payé par un de ses alliés pour acquérir des titres Eiffage. Le cours de Bourse de celui-ci est revenu aujourd'hui à 60 euros.

Sacyr était entré début 2006 au capital d'Eiffage, peu après que celui-ci eut remporté la privatisation d'APRR, deuxième opérateur autoroutier français.

Pascale Denis et Yann Le Guernigou, avec Sonya Dowset à Madrid

Copyright (C) 2007-2008 Reuters


Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...