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Edf : Nucléaire et pays émergents, clés de la croissance future d'edf

lundi 28 juillet 2008 à 17h16
BFM Bourse

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - EDF devra profiter d'une relance du nucléaire dans le monde et répondre aux besoins des pays émergents afin de trouver de nouveaux relais de croissance indispensables au cours de la prochaine décennie, estiment des spécialistes du secteur de l'énergie.

Le rachat de l'opérateur de centrales nucléaires British Energy, que le groupe espère selon certaines sources finaliser cette semaine, serait une nette avancée dans sa stratégie mais appellerait d'autres développements.

Car EDF, fort d'une base solide et compétitive dans le nucléaire, devra non seulement renforcer ses positions européennes mais aussi faire preuve d'audace en privilégiant des zones à fort potentiel telles que l'Asie et l'Europe de l'est.

"Si EDF veut modifier son portefeuille de façon majeure d'ici à 10 ans et utiliser son 'cash' plutôt que le rendre aux actionnaires, il a intérêt à se développer dans les pays émergents", a déclaré à Reuters Christophe Moret, vice-président du cabinet de conseil en stratégie Estin & Co et spécialiste des questions énergétiques.

"En Chine, le groupe pourrait participer à l'électrification rurale, la mise à niveau des réseaux et l'amélioration de la qualité de la distribution. Il y a un énorme potentiel", ajoute-t-il en soulignant également le "besoin criant de nouveaux moyens de production d'ici à 10 ans (?) pour la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie ou la Roumanie".

Pour un ancien cadre du groupe, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, EDF "a intérêt à devenir un groupe gazier comme le sont le pétrolier italien Eni ou GDF Suez".

Le groupe devra également s'imposer face à l'allemand E.ON, numéro un mondial des services aux collectivités qui a lancé un plan d'investissements à l'international, notamment en Espagne, en Italie, en France et en Russie.

LE NUCLÉAIRE, UN "ATOUT CLÉ"

Le nouveau géant mondial de l'énergie GDF Suez doit pour sa part prendre début 2009 des décisions stratégiques dans le nucléaire en Europe occidentale, avec une éventuelle candidature pour un deuxième EPR en France qui serait l'occasion d'un premier bras de fer avec EDF.

Des spécialistes du secteur soulignent que l'entreprise publique, qui a fait ses débuts en Bourse fin 2005, dispose avec le nucléaire d'un avantage de taille face à ses concurrents dans un contexte de flambée du prix des énergies fossiles et de lutte contre le réchauffement climatique.

"La production nucléaire d'EDF constitue sa grande force : c'est une forme d'énergie compétitive, elle ne produit pas de CO2 et améliore l'indépendance de la France vis-à-vis du pétrole et du gaz importés. C'est un des atouts clés d'EDF", a déclaré à Reuters Colette Lewiner, responsable du secteur "Energie et utilities" chez Capgemini.

"Sa taille, sa puissance financière, sa rentabilité, ses compétences et le fait que son capital soit ouvert sont également des atouts majeurs", ajoute-t-elle.

L'enjeu pour EDF sera de promouvoir les avantages du nucléaire, alors que la France et la Grande-Bretagne sont les deux seuls grands pays européens qui ont clairement confirmé leur choix du recours à l'atome.

Dans l'attente d'une hypothétique relance du nucléaire en Allemagne, Italie ou Espagne, EDF s'est positionné dans ce domaine en 2007 aux Etats-Unis et en Chine - où il veut construire respectivement quatre et deux réacteurs de type EPR au cours de la prochaine décennie -, ainsi qu'en Afrique du Sud.

HAUSSE DE TARIFS POUR LES INDUSTRIELS ?

EDF, qui est aujourd'hui le premier exploitant nucléaire mondial avec 58 réacteurs opérationnels, veut investir d'ici à 2010 dans plus de dix centrales EPR qu'il exploitera.

Une expansion hors des frontières de l'Union est d'autant plus stratégique pour EDF que l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie en Europe n'a pas tenu ses promesses en matières de hausses de prix pour la société, ce qui a pesé sur son cours de Bourse (-33% depuis le début de l'année).

Depuis le 1er juillet 2007, les clients du groupe peuvent opter pour les prix de marché mais ces derniers ont flambé car ils sont fixés sur les capacités de pointe - c'est-à-dire les centrales thermiques fonctionnant au pétrole ou au gaz.

Afin de protéger les particuliers et les gros industriels, la France - 54% des ventes et 66% de l'excédent brut d'exploitation d'EDF en 2007 - a maintenu le principe des tarifs réglementés et vient même de les prolonger.

Pour EDF, qui est détenu à près de 85% par l'Etat, ces mesures entraînent un important manque à gagner car l'entreprise pourrait bénéficier de coûts de production bien inférieurs à ceux des concurrents et voir ses marges augmenter dans le cadre d'une hausse généralisée des prix de l'électricité.

"Deux procédures peuvent être engagées (par Bruxelles) : l'une sur les tarifs régulés pour les clients industriels et l'autre sur les contrats à long terme. Cela aura vraisemblablement lieu dans les mois qui viennent, avec peut-être une procédure contre les tarifs régulés (industriels) après la présidence française", selon une source proche de la Commission européenne.

Cette source relève également que "pour les clients domestiques (les particuliers NDLR), la Commission a laissé entendre qu'il n'y avait pas d'urgence et que l'on pouvait maintenir les tarifs régulés".

Édité par Jean-Michel Bélot

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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