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Deezer : Malgré des revenus qui calent, Deezer est rentable pour la première fois de son histoire, l'action décolle de 13% en Bourse

Aujourd'hui à 11:56
Deezer remonte en Bourse

(BFM Bourse) - Le spécialiste français du streaming musical a généré en 2025 un résultat net et un résultat brut d'exploitation ajusté pour la première fois positifs depuis sa création, en 2007. La société a toutefois perdu des revenus.

À bien des égards, le parcours boursier de Deezer a des allures de chemin de croix. Introduit en Bourse à l'été 2022 au prix de 8,5 euros, le spécialiste français des services de streaming a vu son cours être divisé par sept depuis ses premiers pas sur la cote parisienne, pour tomber à 1,2 euro à l'heure actuelle.

Le gros de cette déflagration est survenu lors de la première année de cotation du groupe. Deezer avait déboulé à la Bourse de Paris en juillet 2022, dans un contexte d'inflation et de remontée des taux d'intérêts qui n'incitait guère les investisseurs à se ruer sur une valeur technologique qui n'avait pas encore fait ses preuves.

"Ce type d’entreprises qui n’ont pas encore atteint la rentabilité demandent aux investisseurs de se projeter sur leur croissance à long terme. Ce type de profil n’est pas évident dans le contexte de marché actuel", expliquait alors un analyste à l'agence Agefi-Dow Jones.

À l'époque, la société affichait des comptes largement dans le rouge, avec une perte brute d'exploitation (Ebitda) ajusté de 55,7 millions d'euros en 2022, une perte nette de 168,5 millions d'euros et une consommation de trésorerie de 43,6 millions d'euros.

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Une partie des promesses tenues

Les opérateurs de marché pouvaient d'autant plus rechigner que Deezer reste évidemment un nain comparé au géant suédois Spotify, dont le chiffre d'affaires et la base d'abonnés représente plus de 30 fois ceux de la société française.

Pour se différencier, Deezer a notamment mis l'accent sur les partenariats. Invité de BFM Business ce jeudi 19 mars, Alexis Lanternier, le directeur général de Deezer, a rappelé que le groupe générait environ "un tiers de nos revenus via nos partenariats avec des opérateurs mobiles".

"Il y a une véritable demande d'outils technologiques liés à la musique, beaucoup d'acteurs en ont besoin et peu d'acteurs peuvent leur en proposer", a-t-il ajouté.

Force est toutefois de reconnaître que Deezer tient certaines de ses promesses. Lors de son introduction en Bourse, la société anticipait une croissance annuelle moyenne par an de 25%, un taux dont le groupe a été très loin (8% de croissance moyenne sur la période).

La société visait par ailleurs l'équilibre dès 2024 en termes de consommation de trésorerie et un Ebitda ajusté dans le vert l'année suivante.

Ces deux derniers objectifs ont été atteints. Mercredi 18 mars après la clôture du marché, Deezer a annoncé avoir dégagé un Ebitda courant et un résultat net positif tandis que le groupe a généré un flux de trésorerie positif pour la deuxième année consécutive.

À la Bourse de Paris, l'action Deezer décolle, prenant 13,6% vers 12h10.

Les revenus reculent

Sur l'ensemble de 2025, le groupe de streaming a vu son Ebitda ajusté s'inscrire à 9,7 millions d'euros, à comparer avec une perte de 4 millions d'euros en 2024.

Deutsche Bank remarque que la société a nettement dépassé le consensus (la prévision moyenne des analystes) logé à 3,9 millions d'euros. L'entreprise explique avoir tiré parti de l'impact de la distribution de solutions pour ses partenaires. Deezer assure également avoir géré avec "rigueur" les frais généraux et les dépenses marketing.

Le résultat net ressort positif à hauteur de 8,5 millions d'euros à comparer avec une perte nette de 26 millions d'euros en 2024.

Le flux de trésorerie disponible s'est lui établi à 10,1 millions d'euros après 6,6 millions d'euros en 2024.

Deutsche Bank écrit que la société "a posé deux jalons importants" avec un Ebitda ajusté et un résultat net positifs pour la première fois de l'histoire de l'entreprise.

Toutefois, la banque allemande remarque que la dynamique du chiffre d'affaires est restée "terne".

L'an passé, les revenus de Deezer ont reculé de 1,4% à 534 millions d'euros, un repli qui s'établi à 0,3% hors effets de changes. Selon Deutsche Bank, la société a manqué les attentes sur ses revenus à hauteur de 4,5%.

Chasse à l'IA frauduleuse

Deezer a maintenu une croissance importante de sa base d'abonnés (9,1 millions au total) avec une hausse de 8,6% en France à 3,8 millions. "On voit une accélération de la croissance en France, on a peut-être même des gains de part de marché", a déclaré Alexis Lanternier sur BFM Business.

Le revenu moyen par utilisateur a toutefois reculé de 2% sur les abonnés directs du groupe. Ce qui a freiné la progression des revenus à 2,8% hors changes. Le chiffre d'affaires tiré des partenariats a baissé de 10,3% hors impact des devises, en raison de l'impact d'un changement de partenariat avec Meli, une plateforme d'e-commerce présente en Amérique latine.

Dans une note rédigée en octobre, Deutsche Bank prévenait qu'un retour à la croissance était "clef" pour la thèse d'investissement dans l'action.

Il faudra vraisemblablement attendre. Pour 2026, Deezer a indiqué tabler sur un maintien de son chiffre d'affaires de 2025 ainsi que sur un résultat brut d'exploitation ajusté et un flux de trésorerie libre à nouveau positifs.

La société a par ailleurs annoncé fin janvier qu'elle commercialiserait sa solution – lancée il y a un an – de détection de musique générée par intelligence artificielle (IA).

Le groupe estime que 60.000 titres générés par IA ont été diffusés chaque jour en janvier, dont un maximum de 85% d'entre eux sont "frauduleux", c'est-à-dire des chansons générées à 100% par intelligence artificielle sans apport artistique humain. Ces musiques sont développées à grande échelle par des comptes qui tentent de dégager des revenus via quelques euros dégagés sur des centaines de titres.

Alexis Lanternier explique que la société a décidé d'exclure ces titres "frauduleux" de l'algorithme de recommandations qui "pousse" les contenus vers l'utilisateur. Le dirigeant a invoqué la nécessité de "protéger un peu" les utilisateurs de ce "tsunami" car "la vaste majorité de ces chansons sont de piètre qualité".

Le directeur général a indiqué que cet outil de détection de musique générée par IA était commercialisé auprès de concurrents, mais aussi de distributeurs de musique, de labels, ou de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), qui gère les droits d'auteurs.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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