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Cnova : Mimant la frénésie GameStop, Cnova la filiale d'e-commerce de Casino flambe en Bourse

lundi 15 mars 2021 à 17h15
Cnova flambe en 2021 malgré des résultats décevants

(BFM Bourse) - En hausse de près de 130% depuis le début de l'année, le titre Cnova, filiale de Casino détenant Cdiscount notamment, s'envole sur fond de fièvre spéculative - alors que le groupe a déçu en 2020 dans un environnement pourtant très favorable.

Derrière la flambée du titre Cnova depuis le début de l'année (+123% ce lundi vers 14h20, le titre s'adjugeant 2,3% supplémentaires à ce stade) ne se cache rien d'autre qu'un pur phénomène spéculatif, selon Clément Genelot, analyste qui suit le dossier pour le compte de Bryan Garnier.

De fait, la spectaculaire poussée du titre est principalement intervenue "à l’époque du massif short-squeeze sur GameStop" constate-t-il. Démarrée début janvier, celle-ci s'est en effet accélérée à compter de la fin du même mois, l'action Cnova ayant bondi de 4 euros en clôture le 20 janvier à près de 11 euros, en séance, le 14 février. "Des investisseurs particuliers ont essayé de faire sur Cnova ce que d'autres ont fait sur GameStop, à savoir manipuler le cours" juge Clément Genelot.

Sauf qu'à la différence du rallye sur GameStop, le titre Cnova n'a pas subi de "short squeeze" (terme qui désigne une liquidation forcée des paris baissiers des vendeurs à découvert, contraints de racheter au prix fort les titres qu'ils avaient empruntés), n'étant pas éligible au service de règlement différé (SRD). Si elle répond au critère d'une capitalisation boursière "au moins équivalente à 1 milliard d’euros", la filiale de Casino spécialisée dans le e-commerce ne dispose pas d'un flottant (la part des actions effectivement négociables sur le marché) suffisant. Le groupe est en effet majoritairement détenu en direct par Casino (à 64,8%), le reste étant contrôlé par Companhia Brasileira de Distribuição, la filiale brésilienne du distributeur français (à 34% au 31 décembre 2019)", ce qui porte à... 98,8% la participation du distributeur au capital de sa filiale, auquel il faut ajouter les 0,2% détenus par sa filiale espagnole Exito. Le flottant s'établit ainsi à tout juste 1%, ce qui représente 23 millions d'euros de titres échangeables au cours actuel. "Les gérants institutionnels ne regardent pas cette action" ajoute Clément Genelot, qui estime donc que "toute la hausse s'est fait via le retail [la masse des actionnaires individuels]".

Résultats décevants, cession compliquée

Il est certain que cette envolée n'a pas été alimentée par les performances opérationnelles et financières du groupe propriétaire de Cdiscount, 1001pneus et C-Logistics. "J'ai du mal voir ce qui pourrait alimenter cette hausse" concède Clément Genelot, qui constate que "le groupe ne s'est pas amélioré en 2020". Sur le segment ultra-porteur du e-commerce, Cnova n'est en effet parvenu qu'à afficher une croissance organique de ses ventes de 2,2% (à 2,22 milliards d'euros). Pire, le groupe est resté dans le rouge, affichant une perte nette de 15,6 millions d'euros (contre -61 millions en 2019). "Ce n'est pas la joie" souffle ainsi Clément Genelot, qui juge ces résultats "décevants".

"Même si l'équipe dirigeante parle actuellement beaucoup à la presse, elle ne fait miroiter que des objectifs de croissance à un chiffre" ajoute l'analyste. "Pour un groupe qui opère un recentrage en vue de devenir essentiellement une "marketplace", ce n'est pas mirifique, loin de là".

Cette activité de place de marché, qui consiste à mettre en relation vendeurs tiers et acheteurs, pèse maintenant 44% (+5 points de pourcentage par rapport à 2019) du volume d’affaires (le GMV pour "Gross Merchandise Volume", indicateur de référence du groupe). Le directeur général de Cnova Emmanuel Grenier vise un objectif de 60% à moyen terme : "C’est ce modèle qui tracte le e-commerce, explique-t-il. Il a un intérêt pour les clients, qui vont trouver absolument tous les produits. Il a un intérêt pour Cdiscount, car on perçoit à chaque vente une commission d’environ 12% sur le montant du produit vendu, et ça c’est rentable" a-t-il ainsi affirmé le 19 février dernier (jour des résultats annuels), interrogé sur France Info.

"On pourrait se dire que les investisseurs misent sur une offre de reprise alors que Casino est engagé dans un vaste plan de cessions" imagine Clément Genelot. Sauf qu'une vente pure et simple de Cnova paraît très compliquée car "Cdiscount est très imbriqué dans les actifs de Casino, notamment via Floa (banque appartenant au distributeur et à Crédit Mutuel, ex-banque Casino renommée en 2020) qui finance les paiements fractionnés sur Cdiscount" souligne l'analyste. Autre option, "plus plausible" selon lui, la vente d'une participation minoritaire, soit au marché soit à un acteur tiers. "Mais qui serait intéressé, en l'état? J'ai du mal à voir" avance-t-il encore. D'autant que Cnova semble par ailleurs avoir "atteint le plafond de verre en France" selon Clément Genelot, qui considère que le développement du groupe doit désormais passer par un élargissement géographique au reste de l’Europe.

Quoi qu'il en soit, le titre Cnova enregistre une nouvelle progression de 4,8% à 6,85 euros peu après 17h ce lundi, portant ses gains accumulés depuis le début de l'année à 128%. La valorisation du propriétaire de Cdiscount atteint ainsi 2,35 milliards de dollars, soit à peine moins que celle de sa maison-mère (2,97 milliards d'euros).

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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