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Carrefour : Les pdg de carrefour et de casino se disputent le brésil

Les pdg de carrefour et de casino se disputent le brésilLes pdg de carrefour et de casino se disputent le brésil

par Dominique Vidalon et Mark Potter

PARIS/LONDRES (Reuters) - L'avenir du secteur de la distribution au Brésil pourrait bien dépendre des qualités de négociation d'un Suédois expert en marketing et d'un magnat français de la finance.

Lars Olofsson, directeur général de Carrefour, et Jean-Charles Naouri, son homologue chez Casino, se disputent le numéro un brésilien de la distribution Grupo Pao de Açucar (GPA), soit une précieuse part de marché dans la septième économie mondiale.

Carrefour entend fusionner sa branche locale avec GPA pour créer un géant de la distribution pesant environ 27% du marché brésilien de la distribution alimentaire.

Une victoire assurerait au Suédois Lars Olofsson, 59 ans, un coup de pouce non négligeable à l'heure où il tente de sortir le groupe de l'ornière après avoir lancé trois avertissements sur ses bénéfices en moins d'un an.

Mais face à lui, Jean-Charles Naouri, 62 ans, entend bien défendre la position de Casino sur le marché brésilien, et a averti que sa participation de contrôle dans GPA rendait illégale toute incursion concurrente de Carrefour.

Casino est en effet actionnaire de Grupo Pao de Açucar (GPA) à hauteur de 43,1% du capital et en exerce le contrôle opérationnel à parité avec le milliardaire Abilio Diniz - président du conseil d'administration du distributeur brésilien - au sein de la holding Wilkes. En exerçant une option d'achat dans Wilkes, Casino a en outre la possibilité d'être seul maître à bord à compter de juin 2012.

La bataille pour le marché brésilien - qui représente quelque 230 milliards de dollars de chiffre d'affaires chaque année - risque fort de se régler dans les couloirs politiques et les tribunaux.

OLOFSSON, LE MARKETING ET LA COMMUNICATION

Lars Olofsson a passé 32 ans au sein du géant suisse de l'agroalimentaire Nestlé avant d'être propulsé en 2008 à la tête du numéro deux mondial de la distribution, soutenu par Bernard Arnault et le fonds immobilier américain Colony Capital, premiers actionnaires de Carrefour au sein de l'alliance Blue Capital.

A la tête des activités de Nestlé en France et en Europe, Lars Olofsson a fait progresser la rentabilité du groupe et s'est taillé une réputation d'expert en marketing et en communication.

"C'est un homme qui peut botter les fesses des gens, sans que cela les gêne vraiment", note James Amoroso, un consultant qui compte Carrefour comme client et connaît Lars Olofsson depuis plus de dix ans.

Six mois seulement après son arrivée à la tête de Carrefour, Lars Olofsson a annoncé un vaste plan de redressement sur trois ans passant par des économies drastiques de 4,5 milliards d'euros.

En septembre dernier, il a dévoilé Carrefour Planet, un nouveau concept d'hypermarchés grâce auquel - moyennant 1,5 milliard d'euros d'investissements - il espère que les hypermarchés en perte de vitesse retrouveront les faveurs des consommateurs en France et en Europe.

Mais les résultats ont jusqu'à présent été mitigés, et des doutes surgissent quant à la capacité de Lars Olofsson de tenir tête à Blue Capital.

Plus tôt cette année, Blue Capital l'a ainsi forcé à soutenir un plan de scission des actifs immobiliers du groupe, déclenchant une vive contestation au sein du groupe, comme en Bourse.

Lars Olofsson n'a eu d'autre choix que de reporter ce projet de scission, mais a montré qu'il pouvait se montrer impitoyable, obtenant le départ de James McCann, directeur exécutif de Carrefour France et principal critique du plan de scission.

"C'est quelqu'un qui sait travailler en équipe. Il sait écouter les avis et il sait partager le travail", souligne Maurice Levy, président du directoire de Publicis. "C'est quelqu'un de respectueux des gens. C'est un avantage, mais l'inconvénient, c'est que parfois il ne les bouscule pas assez."

Il faudra cependant que Lars Olofsson fasse preuve de fermeté s'il entend surmonter l'opposition de Casino, qui a non seulement jugé illégal le projet de fusion de Carrefour avec GPA, mais a déjà engagé une procédure d'arbitrage contre Abilio Diniz afin de faire respecter le pacte d'actionnaires qui le lie à Casino.

NAOURI, L'INFAILLIBLE INTELLECTUEL

Né d'un père médecin et d'une mère professeur d'anglais, Jean-Charles Naouri semblait promis à un avenir brillant dès sa sortie de l'Ecole normale supérieure et de l'Ecole nationale d'administration (ENA).

Il a démarré sa carrière au sein de ministères, dont celui des Finances, où il fut chef de cabinet du ministre socialiste Pierre Bérégovoy dans les années 1980, avant de se convertir au secteur privé et de rejoindre la banque Rotschild en 1987.

"Il est extrêmement brillant et vous pouvez être sûr qu'il a toujours trois coups d'avance", glisse l'un de ses collaborateurs, soulignant sa "détermination et ténacité".

Passionné d'opéra, féru de grec et de latin, Jean-Charles Naouri s'est retrouvé dans le secteur de la distribution à travers Rallye, la holding qui contrôle 38,5% du capital de Casino.

En 1992, il fait ses premières armes dans le milieu en contrant une OPA hostile du groupe Promodès, qui sera par la suite racheté par Carrefour.

Devenu PDG de Casino en 2005, Jean-Charles Naouri a réussi à redresser le groupe en le délestant de ses activités déficitaires et en l'ouvrant aux marchés émergents à forte croissance tels que le Brésil, le Vietnam, la Colombie et la Thaïlande.

Un analyste qui le connaît le qualifie d'homme "très brillant et très exigeant" et a dit ne pas être surpris par sa fermeté sur le dossier brésilien.

Casino a récemment obtenu que certains courriers saisis chez son rival Carrefour puissent être conservés par des huissiers afin d'être éventuellement utilisés en justice.

Par ailleurs, selon une source proche du dossier, Jean-Charles Naouri est parti au Brésil pour rencontrer des responsables de la Banque nationale brésilienne de développement, qui soutient la fusion Carrefour-GPA mais a assuré samedi qu'aucun financement ne serait engagé sans l'accord de Casino.

Malgré sa fermeté affichée jusqu'à présent, ceux qui le connaissent disent que Jean-Charles Naouri pourrait envisager un compromis. L'an dernier, il avait ainsi conclu un accord avec Lars Olofsson en rachetant les actifs de Carrefour en Thaïlande.

"Ce n'est pas un marrant et ce n'est pas non plus un enfant de choeur. Mais il ne va pas se bloquer. Il connait son intérêt et il pourrait négocier", estime un analyste.

Natalie Huet pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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