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Carrefour : Le conseil de casino rejette en bloc le projet brésilien

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le conseil d'administration de Casino a sans surprise rejeté en bloc le projet de rapprochement entre le distributeur Grupo Pao de Açucar (GPA) et la filiale brésilienne de Carrefour, estimant qu'il était contraire aux intérêts de Casino et à ceux des actionnaires de GPA.

Réuni mardi matin en assemblée extraordinaire, le conseil a estimé à l'unanimité de ses membres, sauf Abilio Diniz, le président de GPA qui n'a pas pris part au vote, que le projet était "très dilutif" pour les actionnaires de GPA.

Il a aussi confirmé son attachement à la politique de développement international de Casino dans les pays à forte croissance et son "engagement stratégique" en faveur de GPA et du Brésil, qui constitue un axe majeur du développement du groupe, écartant pour l'instant du moins le scénario d'une sortie négociée du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri.

Le conseil a également réaffirmé la position de Casino, jugeant la proposition "non sollicitée, hostile et illégale".

Rien du schéma proposé, qui vise à créer un poids lourd du secteur doté de plus de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui donnerait à GPA une participation de 11,7% au capital de Carrefour, ne trouve grâce aux yeux de Casino.

Le projet repose selon lui sur une "vision stratégique erronée", estimant notamment que l'expansion internationale de GPA devrait viser des pays à forte croissance et non les marchés européens matures", sur lesquels Carrefour reste majoritairement exposé.

RUPTURE CONSOMMÉE AVEC DINIZ

Casino juge aussi qu'il présente des risques d'exécution élevés avec des "cessions d'actifs inévitables", des synergies "fortement surévaluées" et une dilution "massive et injustifiable des actionnaires de GPA".

Le communiqué publié par Casino est "un exercice sur le scénario du pire", rétorque-t-on de source proche du dossier, pour qui Casino "ignore délibérément tous les aspects positifs du rapprochement, liés à la conjugaison de deux leaders sur un marché en expansion".

Quoi qu'il en soit, la rupture est consommée avec Abilio Diniz, le président du conseil de GPA et l'allié historique de Casino, premier actionnaire du distributeur brésilien.

Après le retrait du soutien des pouvoirs publics brésiliens, "il semble que l'issue soit maintenant plus favorable à Casino", estime un trader parisien.

Casino pourrait tenter de trouver un accord, non pas de sortie, mais de rachat des parts d'Abilio Diniz, avec l'appui de partenaires financiers, ajoute-t-il.

Pour Carrefour, un analyste estime qu'il s'agit d'un nouvel échec de la stratégie du management du distributeur. "C'est très mauvais pour eux, embarqués dans un dossier épineux alors qu'ils devraient se concentrer sur le marché français qui va mal", commente-t-il.

Sur les marchés, les investisseurs arbitraient mardi en faveur de Casino, dont la valeur était inchangée à 63,4 euros vers 16h30, contre Carrefour qui abandonnait 3,2%, dans un marché en repli de 0,9% et alors que l'indice sectoriel de la distribution reculait de 0,8%.

Le groupe stéphanois et Carrefour ont engagé le bras de fer pour le contrôle du premier distributeur brésilien après qu'Abilio Diniz, partenaire de Casino avec qui il co-contrôle le groupe GPA via sa holding Wilkes, eut présenté à Carrefour un projet de rapprochement avec GPA.

Avec Leila Abboud, Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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